Leguideinfo.net : Boké, 28 mai 2026 — Une capture d’écran circulant sur les réseaux sociaux suscite une vive indignation dans les milieux éducatifs et civiques de la région de Boké. On y voit un message envoyé dans le groupe WhatsApp officiel de la Cellule de Communication de la DPE-Boké (Direction Préfectorale de l’Éducation), attribué à un certain S A F Traoré, vraisemblablement le Secrétaire Administratif et Financier de ladite direction.

Une consigne troublante à la veille du scrutin
Dans ce message, après avoir remercié ses collègues pour leur soutien lors du décès de son épouse, l’auteur bascule vers un tout autre registre. S’adressant aux Dsee, CE, C/P et DE soit l’ensemble de la chaîne hiérarchique de l’éducation préfectorale il leur demande de « s’organiser pour le jour de vote ».
La suite du message ne laisse guère place à l’interprétation :
« Dans le langage clair, les enseignants qui seront dans les bureaux de vote doivent savoir jouer un rôle en faveur de notre candidat. Nous sommes maîtres du bureau pendant le vote. Les derniers mots nous appartiennent. Tout se passe dans la discrétion. »
Et d’asséner ce qui constitue le cœur scandaleux du message : « Ce n’est pas le vote qui compte, c’est celui qui compte le vote qui COMPTE. »
Un adage tristement célèbre dans l’histoire des fraudes électorales mondiales, ici ouvertement revendiqué par un cadre de l’administration publique, à quelques jours seulement des élections législatives et communales du 31 mai 2026.
Une instrumentalisation de la fonction publique
Ce qui choque au-delà des mots, c’est le canal utilisé : un groupe WhatsApp officiel de la DPE, normalement réservé aux communications institutionnelles liées à l’éducation. En s’y adressant à des supérieurs hiérarchiques du secteur éducatif pour leur donner des consignes de manipulation électorale, l’auteur du message confond délibérément autorité administrative et machine électorale partisane.
Les enseignants guinéens, désignés comme membres de bureaux de vote en vertu de leurs fonctions, sont ainsi appelés non pas à garantir la régularité du scrutin leur mission légale mais à en fausser le résultat au profit d’un candidat non nommé.
Des réactions attendues
Cette déclaration, si elle est confirmée authentique, pourrait constituer une violation grave du Code électoral guinéen, qui interdit toute pression sur les agents électoraux et toute tentative de manipulation du dépouillement. Elle engage également la responsabilité de l’institution au sein de laquelle elle a été proférée.
À l’heure où la Guinée s’apprête à vivre un scrutin présenté comme une étape clé de sa transition démocratique, ce type de message jette une ombre sérieuse sur la sincérité du processus électoral dans la préfecture de Boké.
Ce que dit la loi.
En Guinée, tout agent public qui use de sa position pour influencer un scrutin s’expose à des poursuites pénales pour abus de fonction et atteinte à la liberté du suffrage. La manipulation du dépouillement est quant à elle assimilée à une fraude électorale, passible de lourdes sanctions.
La rédaction a joint la DPE de Boké pour obtenir une réaction officielle. Aucune réponse n’a été reçue au moment de la publication de cet article.
La rédaction
















