Leguideinfo.net : Pendant cinq jours, le ministère des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens de l’étranger s’est transformée en un véritable laboratoire de stratégie. Une vingtaine de cadres diplomatiques y ont suivi une formation intensive consacrée aux techniques de négociation, organisée par le Centre de formation et de perfectionnement diplomatique (CEFOPED). Une session dense, exigeante, et saluée par tous les acteurs présents comme une étape décisive dans la professionnalisation de la diplomatie guinéenne.

Une pédagogie de terrain, pensée pour la pratique
Loin d’un simple exposé théorique, la formation a fait le pari de l’action. Simulations de crise en temps réel, ateliers de posture stratégique, études de cas complexes : les participants ont été plongés dans des mises en situation reproduisant les réalités des tables de négociation internationales.
« Notre ambition pédagogique était de dépasser le simple transfert de concepts théoriques, car la négociation diplomatique ne s’apprend pas uniquement dans les manuels. Elle s’éprouve, s’exerce et s’affine par la pratique », a expliqué le formateur, M. Amadou Tidiane Diallo, lors de la cérémonie de clôture. « C’est pourquoi nous avons fait le choix d’une approche active, fondée sur l’andragogie et la résolution de cas complexes. »

Durant cinq jours, il dit avoir vu « cette salle se transformer en un véritable laboratoire d’analyse et d’expérimentation », les participants explorant tour à tour les techniques de préparation, le décryptage des positions adverses, la recherche du compromis et la gestion des situations de blocage.
« La véritable mesure de ce succès réside dans la qualité remarquable des prestations observées lors des exercices de synthèse. Vous avez su combiner la rigueur de l’analyse stratégique à la souplesse de la tactique relationnelle », a-t-il félicité les participants, avant de les inviter à mettre à profit ces outils dès leur retour sur le terrain : « À l’heure où les enjeux internationaux et régionaux exigent une expertise toujours plus fine, votre rôle au service de la nation est plus capital que jamais. »
Du côté des bénéficiaires, le bilan est tout aussi enthousiaste. Représentant ses collègues de service, Mme Marie Madeleine Solano a livré un témoignage marquant sur ce que cette semaine a changé dans leur pratique professionnelle.
« Nous avons davantage compris que la négociation diplomatique ne se limite pas à la recherche d’un accord. Elle exige une bonne préparation, une capacité d’analyse et d’écoute, la maîtrise de la communication, la compréhension des intérêts des différentes parties, et surtout la recherche de solutions équilibrées et mutuellement acceptables, dans un contexte international marqué par la divergence d’intérêts et les rapports de force », a-t-elle souligné.
Au-delà des compétences techniques acquises, elle y voit une véritable remise en question collective des pratiques professionnelles : « Le diplomate doit savoir défendre les intérêts de son État avec loyauté, tout en faisant preuve de souplesse, de discernement et de respect à l’égard de ses interlocuteurs. »
Les participants ont pris l’engagement de restituer les enseignements reçus dans l’exercice de leurs fonctions, et ont formulé le vœu que ce type d’initiative « soit régulièrement renouvelée et élargie à d’autres domaines de la pratique diplomatique ». Un mot d’ordre a clôturé son intervention, résumant l’esprit de la promotion : « Que cette formation constitue non pas une fin, mais le point de départ d’une mise en pratique effective des connaissances et compétences que nous avons eu l’honneur d’acquérir. »
Le CEFOPED annonce déjà la suite
Signe que cette dynamique de formation continue est appelée à s’intensifier, le Directeur Général du CEFOPED, M. Mohamed Lamine Traoré, a profité de la tribune pour annoncer la couleur des prochaines semaines.

« C’est une opportunité que vous avez eue, alors que beaucoup d’autres n’en ont pas eu la chance. Je vous demande donc de partager vos connaissances avec ceux qui n’ont pas pu y participer », a-t-il exhorté les diplomates fraîchement formés, avant d’annoncer : « Nous sommes engagés dans des négociations très serrées. Il faudra, dans les deux à trois semaines — voire un mois — qui suivent, que nous nous retrouvions à nouveau dans cette salle pour une autre formation. »

Un engagement clair, assumé sans détour : « Rassurez-vous, nous prenons à bras-le-corps la question de la formation ici, au ministère des Affaires étrangères. Avec mon adjoint et l’ensemble des cadres du CEFOPED, nous ferons de notre mieux pour que la mission qui nous a été confiée soit réalisée, et bien réalisée. »
Une ambition portée au plus haut niveau de l’État
C’est la cheffe de cabinet du ministère, Mme Mariama Bailo Barry, qui a prononcé le discours de clôture, au nom du ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens de l’étranger, le Dr Morissandan Kouyaté. Un discours à forte portée stratégique, qui a replacé cette formation dans une vision d’ensemble de la diplomatie guinéenne.
« Qu’est-ce que négocier, si ce n’est défendre ? Négocier, ce n’est pas céder, c’est porter la voix d’une nation avec méthode, sang-froid et vision. La négociation diplomatique n’est pas un simple exercice de compétence professionnelle parmi tant d’autres : elle est un instrument stratégique au service des intérêts supérieurs de l’État », a-t-elle déclaré.
Face à un monde en recomposition géopolitique rapide, où la compétition économique s’intensifie et où les rapports de force redessinent les équilibres, Mme Barry a insisté sur l’urgence de disposer de cadres capables d’anticiper et de négocier avec efficacité. « C’est tout le sens de cette ambition : bâtir une diplomatie professionnelle, active et résolument orientée vers les résultats », a-t-elle affirmé.
Elle a par ailleurs tenu à inscrire cette dynamique dans la vision portée au sommet de l’État. « Cette ambition n’est pas isolée. Elle s’inscrit pleinement dans la volonté portée par Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya, Président de la République, qui a fait du rayonnement international de la Guinée et de la défense de ses intérêts nationaux une priorité de premier ordre », a-t-elle rappelé, saluant également l’engagement personnel du Dr Morissandan Kouyaté « en faveur du renforcement des capacités de l’État et de la professionnalisation de notre appareil diplomatique ».
À l’attention des participants, elle a tenu à rappeler le poids de leur mission future : « La formation qui s’achève aujourd’hui ne doit pas s’arrêter dans cette salle. Elle doit désormais se traduire dans l’action, car demain, à chaque étape de négociation, ce n’est pas seulement vous qui parlerez : c’est la République de Guinée qui s’exprimera à travers vous. »
Elle a conclu sur une formule qui résume l’esprit de cette session : « Apprendre pour mieux analyser, analyser pour mieux anticiper, anticiper pour mieux négocier, et négocier pour mieux défendre les intérêts de la République de Guinée. »
La formation continue, un chantier permanent
Au terme de cette cérémonie, un même message est ressorti de toutes les interventions : cette session ne constitue qu’une première étape. Direction du CEFOPED, formateur et participants s’accordent sur la nécessité de pérenniser cette dynamique et de l’élargir à d’autres champs de la pratique diplomatique.
« Disons-le clairement : la formation doit rester un processus continu. C’est à ce prix que notre administration disposera durablement des compétences adaptées aux exigences d’un écosystème international en perpétuelle évolution », a martelé Mme Mariama Bailo Barry, avant de déclarer officiellement clos les travaux de cette session consacrée aux techniques de négociation diplomatique.
Une chose est sûre : entre l’annonce d’une prochaine session dans les toutes prochaines semaines et la volonté affichée d’élargir le dispositif à d’autres thématiques, la diplomatie guinéenne a clairement fait de la formation continue de ses cadres un axe stratégique durable — une dynamique que la rédaction de leguideinfo.net suivra avec la plus grande attention.
📹 Voir le reportage vidéo de cette cérémonie de clôture ci-dessous.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
+224 620 48 07 07















