Leguideinfo.net : Conakry, 22 août 2026 — La série de décrets présidentiels rendus publics vendredi soir à la télévision nationale continue de redessiner les contours de l’appareil d’État guinéen. Après le départ de plusieurs membres du gouvernement, une autre décision retient l’attention : le président de la République, Mamadi Doumbouya, a mis fin aux fonctions de Mahamadou Abdoulaye Diallo, jusque-là conseiller à la Présidence chargé de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat.

La décision intervient quelques mois seulement après son arrivée au Palais présidentiel. Nommé conseiller le 4 février 2026, Mahamadou Abdoulaye Diallo avait alors été repositionné au sein de la Présidence après avoir occupé successivement plusieurs responsabilités ministérielles.
De ministre des Infrastructures au Tourisme, puis conseiller présidentiel
Le parcours gouvernemental récent de Mahamadou Abdoulaye Diallo illustre une trajectoire marquée par plusieurs changements de portefeuille.
En mars 2024, il avait été nommé ministre des Infrastructures et des Travaux publics, fonction qu’il a exercée jusqu’au remaniement de juillet 2025. Il avait ensuite pris la tête du ministère du Tourisme et de l’Hôtellerie, avant de quitter le gouvernement au début de l’année 2026.
Son départ du gouvernement n’avait toutefois pas signifié sa sortie du premier cercle du pouvoir. Quelques semaines plus tard, il était nommé conseiller à la Présidence, avec un portefeuille couvrant la Culture, le Tourisme et l’Artisanat — une nomination qui pouvait alors être interprétée comme le maintien d’une place stratégique auprès du chef de l’État.
Six mois plus tard, cette nouvelle étape s’achève brutalement.
Une décision présidentielle sans motif officiellement communiqué
Le décret annonçant la fin de ses fonctions a été lu vendredi soir à la télévision nationale. Les informations disponibles sur le contenu de cette décision ne font état d’aucun motif officiel expliquant le limogeage, et aucun successeur n’a, à ce stade, été annoncé.
Cette absence d’explication invite à la prudence. Rien ne permet, en l’état, d’attribuer cette décision à une faute, à une divergence politique ou à une quelconque affaire administrative. Toute interprétation allant au-delà du contenu du décret relèverait de la spéculation.
Une trajectoire politique qui interroge
Le cas de Mahamadou Abdoulaye Diallo n’en demeure pas moins révélateur d’une réalité bien connue de la vie politique : une nomination peut rapidement succéder à une autre, tout comme une promotion peut être suivie, quelques mois plus tard, d’une éviction.
De ministre des Infrastructures à ministre du Tourisme et de l’Hôtellerie, puis conseiller à la Présidence, son parcours aura connu plusieurs repositionnements en l’espace de deux années. La dernière décision présidentielle referme, pour l’heure, ce chapitre.
Note de lecture : le terme « repêché » renvoie ici à son repositionnement à la Présidence après son départ du gouvernement ; « promu conseiller » à sa nomination en février ; tandis que « l’ascenseur brisé » constitue une lecture éditoriale de la rapidité avec laquelle cette trajectoire s’est interrompue — et non l’affirmation d’une quelconque cause cachée.
Le Palais présidentiel poursuit sa recomposition
Le limogeage de Mahamadou Abdoulaye Diallo intervient dans un contexte plus large de réajustements au sommet de l’administration guinéenne. Le même soir, plusieurs autres décrets ont annoncé le départ de responsables gouvernementaux.
Pour la Présidence, ces décisions s’inscrivent dans l’exercice normal du pouvoir de nomination et de révocation du chef de l’État. Pour l’opinion publique, elles soulèvent naturellement des interrogations sur les critères qui président à ces changements successifs au sein de l’appareil d’État.
Une chose demeure certaine : Mahamadou Abdoulaye Diallo quitte la Présidence quelques mois seulement après y avoir été nommé. Son parcours, particulièrement mobile depuis 2024, illustre une fois de plus combien les équilibres au sommet de l’État peuvent évoluer rapidement.
À ce stade, le décret parle. Le motif, lui, reste silencieux.
Alpha Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
















