Leguideinfo.net : Alors que le gouvernement annonce un moratoire de six mois sur l’interdiction des sachets à usage unique pour assainir Conakry, une autre piste fait son chemin : et si, au lieu d’interdire, l’État créait une usine pour les transformer ?

Des montagnes de sachets noirs dans les caniveaux de Madina, de Cosa, de Matoto. À chaque pluie, Conakry se retrouve les pieds dans l’eau, et ces sachets en sont l’une des causes. Face à ce fléau, l’État a choisi la manière forte : l’interdiction pure et simple des sachets à usage unique.
Sur le papier, la décision est justifiée. Sur le terrain, la réalité est plus compliquée. Des milliers de femmes qui vendent de l’eau fraîche, du pain, des beignets ou du piment vivent grâce à ce petit sachet à 100 GNF. Les en priver brutalement, sans alternative, menace leur survie. D’autres pays ont d’ailleurs vu l’interdiction nourrir la contrebande depuis les pays voisins.
Alors pourquoi ne pas changer de stratégie ? Pourquoi punir plutôt que valoriser ?
Une société nationale de valorisation des déchets plastiques
L’idée qui gagne du terrain est simple : créer une Société nationale de valorisation des déchets plastiques. Au lieu de courir derrière les vendeurs, l’État rachèterait les sachets usagés. Imaginez : 1 kg de sachets ramassés payé 2 000 ou 3 000 GNF. Du jour au lendemain, des jeunes sans emploi deviendraient collecteurs, et la ville se nettoierait presque d’elle-même, parce que le sachet aurait enfin une valeur.
Une fois collectés, les sachets ne seraient pas brûlés mais transformés. Ailleurs, des initiatives de ce type existent déjà : on en fait des pavés écologiques très résistants pour les routes et les cours d’école, mais aussi des chaises pour les écoles, des poubelles publiques, des sacs réutilisables et même du carburant.
Trois avantages majeurs
D’abord, cette solution créerait de l’emploi en masse pour la jeunesse. Ensuite, elle rendrait Conakry propre durablement. Enfin, elle rapporterait de l’argent à l’État au lieu de lui coûter des moyens pour réprimer.
L’interdiction est une solution de facilité. La transformation est une solution d’avenir. La Guinée n’a pas besoin d’enterrer le problème : elle a besoin de le recycler.
Pour cela, il faudrait un partenariat public-privé solide, une première usine pilote à Conakry et une grande campagne de sensibilisation.
Le sachet plastique n’est pas qu’un déchet. C’est une matière première qui dort dans nos poubelles.
















