Leguideinfo.net : Il est journaliste, homme de droit, Ghanéen et Peul. Et il s’inquiète. Rencontré en marge de la formation des journalistes enquêteurs, par le GIABA tenue fin septembre 2026, Umara Amadu Sanda s’est confié à notre rédaction. Selon lui, les Peuls du Ghana sont non seulement peu nombreux, mais ils investissent peu dans l’instruction de leurs enfants. Résultat : on les retrouve rarement dans les professions intellectuelles.

« Je connais à peine dix journalistes peuls pour tout le pays »
« On nous apprend que les Peuls viennent du Fouta Djallon, en République de Guinée. […] Ils sont établis partout en Afrique. Ici, au Ghana, nous ne sommes pas nombreux par rapport à plusieurs pays ouest-africains, comme la Guinée par exemple. Les Peuls exercent principalement l’agriculture et l’élevage. Ils n’instruisent pas leurs enfants. Nous avons peu d’intellectuels ici. C’est notre principal problème. Moi, par exemple, je suis issu d’une fratrie de 14 enfants, dont je suis le benjamin. Figurez-vous que je suis le seul à être allé à l’école. Si on regarde le métier de journaliste, je connais à peine dix journalistes peuls pour tout le pays. C’est vraiment inquiétant », regrette notre confrère.

Ceux qui étudient réussissent
Pourtant, assure-t-il, ceux qui font des études vont loin. Il cite Samira Bawumia, ancienne deuxième dame du Ghana de 2017 à 2025, épouse de l’ancien vice-président Mahamudu Bawumia. Elle a reçu le Ghanaian Women Association of Georgia Global Humanitarian Award, a été honorée par le conseil municipal d’Atlanta et est reconnue par le comté de Macon-Bibb.
Selon lui, le débat public sur les Peuls se résume aux conflits entre éleveurs et agriculteurs, et la communauté s’intéresse peu au pouvoir comme à l’instruction. Son conseil tient en une idée.

« L’éducation est le socle de tout développement »
« Ce que je vais dire, et que j’ai toujours dit, c’est que l’éducation est le socle de tout développement. Ceux qui ont réussi l’ont fait à travers l’éducation. »
Il s’appuie aussi sur sa foi : le prophète Mohamed (paix et salut sur lui) a appelé à étudier, et le premier mot révélé du Coran est « Iqra », « Lis ».
« Nous ne devons pas nous contenter du métier de berger. Il faut accepter d’apprendre d’autres compétences, sinon même la langue est menacée de disparition ici. Si nos enfants sont instruits, nous irons loin. À défaut, nous serons à la queue, et c’est déplorable », plaide Umara Amadu Sanda, journaliste à City FM et Channel 1, et homme de droit.
Ancien correspondant de RFI Fulfulde au Ghana, il lance cette alerte pour toucher sa communauté et provoquer une prise de conscience.
Entretien réalisé depuis Accra, au Ghana, par Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
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