Leguideinfo.net : Le torchon brûle entre le Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité) et le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye. Le 24 octobre, la commission des lois de l’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026, rapporte notre confrère Guistat. Le parti d’Ousmane Sonko, qui détient une large majorité à l’Assemblée, justifie sa décision par le fait que plusieurs conditions posées au gouvernement n’ont pas été prises en compte.

Cinq conditions, un même reproche
Le Pastef a rappelé les cinq conditions qu’il avait fixées à l’exécutif. Parmi elles figurent :
- la transmission des accords conclus avec la Banque mondiale, après près de deux ans de blocage lié à la dette dite « cachée » ;
- l’encadrement des fonds spéciaux ;
- la réduction du train de vie de l’État.
Le 19 octobre, lors d’un point de presse à Dakar, Ousmane Sonko, président du Pastef, avait déjà averti que son parti ne voterait pas le projet en l’état (Senego).
Le parti majoritaire dénonce aussi les coupes budgétaires dans des secteurs qu’il juge prioritaires : la santé, l’éducation et la formation professionnelle.
L’opposition parle d’une « guerre » entre anciens alliés
La position du Pastef est vivement critiquée par l’opposition parlementaire. Dans un communiqué, la coalition Takku Wallu dénonce une guerre entre deux anciens alliés, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye, « au détriment de l’intérêt de la nation ».

Et si les députés votent « non » ?
Le texte doit être examiné en plénière le 27 octobre et risque d’être rejeté de nouveau. Dans ce cas, selon des spécialistes, le gouvernement pourrait invoquer le sixième alinéa de l’article 86 de la Constitution : « Le Premier ministre peut engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale, pour adopter sans vote le budget. »
L’option est légale, mais elle peut se retourner contre l’exécutif. Le Pastef, majoritaire, pourrait alors faire tomber le gouvernement par une motion de censure, également prévue par la Constitution.
Avec Guistat















