Leguideinfo.net – Dans la perspective de l’élection présidentielle de décembre prochain en Guinée, l’Union pour le Développement de Bowé (UDB), qui fédère sept sous-préfectures (Sangarédi, Missira, Wedou Borou, Dara Magnakhi, Konstami, et Coba”, réparties sur trois préfectures, a pris une initiative citoyenne majeure. Ce samedi 22 novembre 2025, l’organisation a tenu une importante séance de formation technique destinée à ses membres, axée sur les responsabilités des électeurs et des membres des bureaux de vote (BV).

L’initiative est portée par le coordinateur général de l’union, El hadj Bah Oury (HCR) de Boulléré. La rencontre a eu lieu à Kipé dans la commune de Ratoma. Pour encadrer cette session, l’UDB a fait appel à M. Bah Sara, un haut cadre et informaticien de formation, en présence de l’enseignant-chercheur Ibrahima Kalil Kourouma de l’Institut des Mines et Géologies de Boké.
La campagne responsable : former plutôt que parader
Au cœur de la formation, l’accent a été mis sur l’efficacité des méthodes d’éducation civique par rapport aux campagnes électorales traditionnelles. Selon le formateur, M. Bah Sara, la véritable campagne électorale ne se résume pas aux « parades inutiles », mais doit se concentrer sur l’instruction technique : « La vraie campagne électorale reviendrait ici à montrer aux gens comment voter pour son candidat. C’est cela qui fera une campagne responsable, qui va coûter peut-être moins de ressources, mais qui sera efficace le jour du vote. C’est l’image même de la Guinée que l’on veut améliorer quand on aura moins de bulletins nuls », explique-t-il.

Le formateur a insisté sur la nécessité d’anticiper pour prévenir les dysfonctionnements passés. Il a rappelé que le jour du vote est « crucial » et mobilise d’importantes ressources humaines et financières que l’État engage. Cette formation est donc un investissement pour « ne pas engloutir ces efforts. »
Des subtilités du scrutin au rôle du membre de BV
La session a balayé l’ensemble des subtilités du processus électoral : de l’enrôlement de l’électeur aux procédures complexes de vote par dérogation ou par procuration. Les participants, qui ont abordé leurs préoccupations (liste électorale, comportement des électeurs et des membres de bureau de vote), se disent désormais mieux préparés.
Le doyen Elhadj Mamadou Oury Diodia Bah, a confirmé la pertinence de l’initiative : « Cette formation était nécessaire, parce que beaucoup de membres de bureau de vote ne connaissent pas leur rôle. Je suis vraiment outillé et je suis vraiment réconforté, car j’ai appris beaucoup de choses. » De son côté, Oumou Sidibé, infirmière d’État, a notamment mis en avant la meilleure compréhension qu’elle a désormais « du rôle des cinq membres du bureau de vote. »

Le facilitateur, M. Bah Sara, a conclu la session en insistant sur la neutralité absolue des acteurs le jour du scrutin : « Il est interdit, même pour les délégués, d’afficher les tendances électorales. Il est interdit de venir dans un bureau de vote avec des effigies des leaders qui font partie de la course. Si le président du bureau de vote est bien formé, il peut vous vider de la salle. »
Un modèle à dupliquer à l’échelle nationale

Invité de circonstance, l’enseignant-chercheur Ibrahima Kalil Kourouma a salué l’initiative de l’UDB, la qualifiant d’« aubaine » et de modèle à suivre.
Pour M. Kourouma, les actions de formation technique comme celle-ci sont préférables aux « campagnes entre guillemets folkloriques », car elles servent l’intérêt supérieur du pays. «Je crois que ça va dans l’intérêt du pays. Et savoir aussi que c’est une zone qui commence à faire cela, ça doit être un modèle pour les autres régions et pourquoi pas pour la Guinée tout entière », a-t-il promis, annonçant son intention d’informer d’autres circonscriptions afin de dupliquer cette démarche et garantir une élection véritablement « consommable ».
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
Tel : +224 620 48 07 07


















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