Leguideinfo.net : Nahum Vèdôssè Boko, auteur, cinéaste et consultant en gestion de projet, communication et marketing stratégique, s’impose comme l’une des voix montantes du 7ème art africain. Originaire du Bénin, il se forme à Télémondo (Congo) entre 2007 et 2009, où il obtient un diplôme en écriture de scénario et en réalisation de films de fiction. Déterminé à contribuer à la structuration du cinéma africain, il multiplie ensuite les formations spécialisées et résidences théâtrales. En 2019, il décroche un diplôme en gestion de projet, communication et marketing stratégique, une manière pour lui d’«articuler la création artistique avec une démarche professionnelle rigoureuse ».

La passion de Nahum pour le cinéma ne s’est jamais démentie. En 2024, il est nommé responsable du Bureau des Études et de la Planification à l’Office National du Cinéma, de la Vidéo et de la Photographie (ONACIG). Il y arrive après une expérience notable chez World Contact entre 2019 et 2023, qu’il mène parallèlement à ses activités de consultant. Il situe son parcours « à la croisée de l’art, de la pédagogie et de la gestion culturelle », avec pour ambition de faire du cinéma un outil de transformation sociale pour le continent africain.
PUBLICATIONS ET ENGAGEMENT ARTISTIQUE
Auteur prolifique, Nahum a signé plusieurs ouvrages dont Un bon jeu d’acteur pour un film de bonne facture, présenté comme « un manuel de référence destiné aux écoles de cinéma africaines et aux professionnels du secteur ». Il est également l’auteur de L’autre moi… et Aimer en Vérité.Pour lui, l’écriture et le cinéma se rejoignent dans une même mission : éduquer, sensibiliser et participer au développement social.« Le cinéma est, à mon sens, l’outil d’éducation le plus puissant. Il reflète nos sociétés, interroge nos comportements et donne la parole à ceux qu’on entend rarement », confia-t-il.
Son objectif : « éveiller les consciences, inspirer la jeunesse et redonner espoir à un continent qui a tant à dire ».
UNE APPROCHE SINGULIÈRE DU JEU D’ACTEUR

Passionné par la direction d’acteurs, Nahum estime que « le jeu d’acteur est l’art de la vérité ». Il privilégie un travail fondé sur l’observation, l’expérience et la pratique de terrain. Pour lui, une interprétation réussie va bien au-delà de la performance : « Il faut vivre le rôle, s’imprégner des émotions, incarner le personnage avec authenticité ».Son manuel répond, selon lui, à un manque réel dans la formation des acteurs en Afrique :
« Nous avons des écoles de réalisation, de production ou de montage, mais très peu d’instituts spécialisés dans le jeu d’acteur. Mon ambition est d’offrir un outil pratique, adapté aux réalités africaines ». Il rappelle que le jeu d’acteur représente « l’âme d’un film, le détail capable de tout changer à l’écran ».
UN PARCOURS MARQUÉ PAR DE MULTIPLES COLLABORATIONS
Nahum a participé à de nombreux projets en tant qu’acteur, réalisateur, directeur de casting, directeur d’acteurs, premier assistant-réalisateur ou scénariste. Il a collaboré avec des équipes du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Nigeria, de la France, de la Belgique et de la Guinée. Ces expériences font aujourd’hui de lui une figure incontournable du développement du 7ᵉ art africain.
PROJETS RÉALISÉS

Parmi ses réalisations notables, on retrouve Mohamed Camara (2024), où il cumule les rôles d’acteur et de premier assistant-réalisateur. Il enchaîne ensuite avec Justice à Maï, primé au Festival Film pour un Avenir Meilleur organisé par l’Ambassade des États-Unis en Guinée. En 2023, il signe Gardien de la Propreté, classé deuxième au concours LVIA–CARP soutenu par l’Union européenne.
ACTIVITÉS ET AMBITIONS ACTUELLES
Aujourd’hui, Nahum concentre ses efforts sur la promotion de son manuel Un bon jeu d’acteur pour un film de bonne facture à travers des ateliers en Afrique de l’Ouest. Il prépare également de nouveaux films centrés sur les valeurs humaines et les enjeux sociaux. Cofondateur de l’Académie du Jeu d’Acteur au Cinéma – Afrique (AJAC-A), il œuvre pour renforcer les compétences des jeunes talents et contribuer à la valorisation du cinéma guinéen, béninois et africain.


Il rappelle que le cinéma reste, selon lui, « le moyen le plus sûr de transformer les mentalités et de redonner à l’Africain sa dignité et ses valeurs ». Nahum rêve désormais de voir émerger « une nouvelle génération de cinéastes africains capables de créer des œuvres porteuses de sens, d’identité et d’avenir », ainsi que des productions authentiques « qui reflètent fidèlement les réalités africaines ».Avec son expérience de terrain, ses compétences pédagogiques et sa vision, Vèdôssè Boko s’impose comme une véritable bibliothèque vivante du cinéma africain. Un savoir-faire précieux, promis à éclairer durablement la voie du jeu d’acteur sur le continent.
Par Aboubacarkhoraa pour leguideinfo.net

















