Leguideinfo.net : À quelques heures du basculement vers le nouvel exercice budgétaire, le Conseil National de la Transition (CNT) s’apprête à examiner des mesures exceptionnelles. Faute de Loi de Finances Initiale (LFI) 2025 adoptée dans les délais, l’organe législatif prévoit de valider un mécanisme de « continuité » pour éviter une paralysie financière de l’État.

C’est l’enjeu majeur de la plénière de ce vendredi 26 décembre 2025. Selon les informations recueillies par notre reporter au Palais du Peuple, en plus deux textes annoncés dans le communiqué que nous avons publié hier, trois nouveaux textes ont été introduits en urgence à l’ordre du jour. L’un des points le plus critique concerne « le projet d’autorisation exceptionnelle de perception de recettes publiques et de reconduction des crédits budgétaires. »
Un vote pour éviter l’impasse financière
Le constat est acté dans les documents que nous avons consultés : des « circonstances exceptionnelles » ont empêché le dépôt à temps du projet de LFI 2025. Pour ne pas laisser le pays sans ressources au 1er janvier, le CNT s’apprête à activer les leviers juridiques de secours prévus par la Constitution.
Ce que le CNT s’apprête à autoriser :
- La perception des impôts : En s’appuyant sur l’article 124 de la Constitution, le CNT devrait autoriser l’État à continuer de percevoir les taxes existantes. Attention toutefois : aucune nouvelle taxe ne pourra être créée avant le vote de la LFI 2026.
- La reconduction des dépenses : Le gouvernement pourra, par décret, reconduire le budget de fonctionnement de l’année précédente afin d’assurer la paie des fonctionnaires et les dépenses courantes.
Un calendrier sous haute tension
Si le texte est adopté ce soir, le calendrier budgétaire sera immédiatement réajusté. Le pays entrera de plein droit dans une session extraordinaire dès le mois de janvier. Le gouvernement aura alors jusqu’au 31 janvier 2026 au plus tard pour déposer un projet de loi de finances en bonne et due forme.
Le verrou des 70% pour les collectivités
Le CNT s’apprête également à rappeler une obligation constitutionnelle forte au gouvernement (Article 125). Avant de pouvoir voter le budget 2026, l’exécutif devra prouver qu’il a bien rétrocédé au moins 70% des ressources collectées aux collectivités locales au titre de l’exercice 2025.
Ce vote imminent constitue une bouffée d’oxygène pour l’administration publique, permettant de sécuriser les comptes de l’État dans une période de transition électorale décisive.
De notre envoyé spécial au Palais du Peuple, Mamoudou Boulléré Diallo pour leguideinfo.net
Tel : +224 620 48 07 047

















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