Leguideinfo.net : KINSHASA-Dans une lettre ouverte poignante adressée au Président de la République Démocratique du Congo ce 30 janvier 2026, Moïse Moni Della interpelle Félix Antoine Tshisekedi. Compagnon de lutte historique, il appelle le Chef de l’État à une rétrospection profonde sur leur combat commun pour la liberté, la paix et la prospérité.

L’heure est à la décrispation. C’est le message central porté par Moïse Moni Della dans son dernier plaidoyer. Co-fondateur de l’UDPS, il rappelle au Président Tshisekedi les sacrifices consentis dans l’opposition sous le leadership d’Étienne Tshisekedi, son mentor politique. Pour lui, la gestion actuelle du pouvoir ne doit pas devenir une « négation » de cette lutte héroïque.
Un appel urgent à la libération des détenus
Face à ce qu’il qualifie de « mesures de répression et de restrictions des libertés fondamentales », Moïse Moni Della demande solennellement au garant de la nation de prendre cinq mesures courageuses :
Libérer sans délai tous les prisonniers politiques, les journalistes et les militants des droits de l’homme.
Permettre le retour des exilés politiques dont la sécurité est menacée.
Restituer les biens confisqués en respectant l’esprit de la Constitution.
Garantir les libertés d’expression, de réunion et de manifestation.
Cesser les poursuites judiciaires basées sur des accusations sans fondement.
Le spectre de la « Yougoslavisation »
Analysant la crise « multiforme » qui frappe la RDC, notamment avec l’occupation d’une partie du Nord et du Sud-Kivu par la coalition AFC-M23, l’auteur de la lettre tire la sonnette d’alarme. Sans une action sérieuse pour restaurer la cohésion nationale, il craint que le pays ne sombre dans une fragmentation irréversible, citant le tragique exemple de la Yougoslavie.
Le dialogue : un impératif politique
Fort de son expérience personnelle — il rappelle être sorti de la prison de Makala grâce au climat de décrispation du dialogue de la CENCO en 2016 — Moïse Moni Della insiste : le dialogue national inclusif est l’unique issue consensuelle.
Il plaide pour un format participatif associant toutes les forces vives, y compris les confessions religieuses (Musulmans, Kimbanguistes et Églises de Réveil), afin de bâtir ce « nouveau Congo, terre d’avenir » tant espéré par Patrice Lumumba.
Sadi Saidi Erick / Kinshasa, RDC pour leguideinfo.
















