Leguideinfo.net : Après 72 heures de travaux intensifs, l’atelier national d’évaluation des derniers scrutins (référendaire et présidentiel) a livré ses conclusions ce week-end. Acteurs politiques, société civile et institutions se sont livrés à un véritable devoir de vérité pour guérir les maux du système électoral guinéen.

Une thérapie de choc pour l’excellence électorale
Pour les participants réunis à Kindia, l’heure n’est plus aux faux-semblants. Les thématiques clés du processus ont été passées au crible. Fodé Tass Sylla, conseiller politique du président du Conseil National de la Transition (CNT), a utilisé une métaphore forte pour décrire l’issue de cette rencontre : « Si la Guinée a pris la corde de l’excellence électorale en Afrique, c’est parce que nous mettons toutes les erreurs remarquées sur la table. Nous discutons pour qu’elles servent de bréviaire. Nous venons de faire ici à Kindia l’ordonnance médicale pour soigner les prochaines étapes électorales. »
Un optimisme partagé par le Gouverneur de la région administrative de Kindia, Mamadou Camara, qui assure que les remèdes sont déjà prêts : « Les failles ont été identifiées et corrigées. C’est sûr et certain que les prochaines étapes auront beaucoup plus de succès. »
Le défi du fichier électoral : 5 millions de citoyens à la traîne

L’un des points noirs soulevés durant l’atelier concerne le recensement. La Directrice Générale de la DGE, Djénabou Touré, n’a pas caché ses regrets face aux lacunes du fichier :
« On aurait dû avoir plus de dix millions de personnes. La justice a travaillé sur les jugements supplétifs, mais cela reste un point faible. Il faut que les citoyens soient déclarés dès la naissance pour alimenter efficacement le registre national. »
Une inclusion renforcée : du Braille à la transparence médiatique
Au sein des dix thématiques de discussion, la question de la vulnérabilité a occupé une place centrale. Ousmane Diané, président de la Fédération guinéenne pour la promotion des personnes handicapées, a plaidé pour la dignité des électeurs.
Pour garantir un vote secret, il demande l’introduction de bulletins de vote en braille pour garantir la discrétion et l’autonomie des malvoyants. Pour ceux qui souffrent d’une défaillance auditive, il propose des machines de vote adaptées. «Une société qui se respecte est celle qui respecte ses enfants les plus vulnérables », a-t-il rappelé avec force.
De leur côté, les médias, par la voix de Bachir Sylla, ont salué l’ouverture de la DGE. Selon lui, cette volonté de transparence et d’inclusivité a permis à la presse, publique comme privée, de jouer pleinement son rôle d’information et de sensibilisation.

« Nous exprimons notre reconnaissance à l’endroit de la DGE qui a noué des partenariats avec nos associations. Ce qui a permis à nos médias publics et privés de jouer pleinement notre partition dans l’information et la sensibilisation des populations avant, pendant et après les élections présidentielles notamment. En associant les médias dans les défférentes étapes du processus, la DGE a fait montre d’une volonté manifeste de transparence et d’inclusivité. Nous espérons que cette dynamique va se poursuivre et ses renforcer dans les prochaines échéances électorales. »
L’appel à la rigueur institutionnelle
La société civile, représentée par Ange Gabriel Haba (CNOSCG), a invité le pouvoir central à accepter la critique constructive. Toutefois, il prévient : « Accepter l’évaluation est une chose, mettre les recommandations en œuvre en est une autre. C’est l’application de ces principes qui pérennisera la confiance. »

Le pouvoir judiciaire a également apporté sa mise en garde. Abdoulaye Conté, de la Cour Suprême, a rappelé, en citant Barack Obama, que l’Afrique a besoin d’institutions fortes : « Chacun doit se rendre fort dans son institution pour faire évoluer les choses. »
Un hommage et des larmes de joie !
La cérémonie s’est clôturée sur une note d’émotion. La société civile guinéenne a décerné le Prix de l’Ambassadrice de l’Inclusion électorale et citoyenne à Djénabou Touré, la Directrice Générale de la Direction Générale des Élections (DGE). Très touchée, l’ancienne commissaire de la CENI a laissé échapper quelques larmes de joie, sous le regard protecteur de son époux, présent pour l’occasion.
La « clinique électorale » de Kindia ferme ses portes, laissant derrière elle une feuille de route technique claire. Reste désormais à transformer cette ordonnance médicale en une réalité concrète sur le terrain.
De retour de Kindia, Mamoudou Boulléré Diallo pour leguideinfo.net
Tél : +224 620 48 07 07
















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