Leguideinfo.net : Chuck Norris, le grand maître d’arts martiaux et vedette du cinéma d’action, dont les rôles dans Walker, Texas Ranger et d’autres séries télévisées et films ont fait de lui une image de dur à cuire-suscitant des parodies sur l’internet et l’admiration de présidents s’est éteint à l’âge de 86 ans.
Chuck NorrisNorris est mort jeudi, dans ce que sa famille a décrit comme un « décès soudain ».
« Bien que nous souhaitions préserver l’intimité de notre famille, sachez qu’il était entouré des siens et qu’il était en paix », a déclaré sa famille dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
Avant de devenir une vedette du cinéma et de la télévision, Norris a connu un immense succès dans les arts martiaux de compétition. Il a été six fois champion du monde professionnel de karaté poids moyen, invaincu. Il a également fondé son propre style de karaté américain d’inspiration coréenne, parfois appelé Chun Kuk Do, et la United Fighting Arts Federation (UFA), qui a décerné plus de 3300 ceintures noires du système de Chuck Norris à travers le monde.
Le magazine Black Belt a finalement intronisé Norris dans son panthéon des célébrités, le reconnaissant comme détenteur d’une ceinture noire dixième dan, la plus haute distinction possible.
Né Carlos Ray Norris à Ryan, dans l’Oklahoma, le 10 mars 1940, il a grandi dans la pauvreté. À l’âge de 12 ans, il est déménagé avec sa famille à Torrance, en Californie, et s’est engagé dans l’armée de l’air américaine après l’école secondaire, en 1958. C’est lors d’un déploiement en Corée qu’il a commencé à s’entraîner aux arts martiaux, notamment au judo et au Tang Soo Do.
« À l’école secondaire North Torrance, je faisais de la gymnastique et du football américain », avait-il confié à l’Associated Press en 1982.

« J’ai joué un peu au football, mais j’ai aussi passé beaucoup de temps sur le banc. Je n’ai jamais été vraiment sportif avant mon service militaire en Corée. »
Après sa démobilisation en 1962, il a travaillé comme archiviste chez Northrop Aircraft et a postulé pour devenir policier, mais il avait été placé sur une liste d’attente. Parallèlement, il a ouvert un studio d’arts martiaux, qui est devenu rapidement une chaîne, comptant parmi ses élèves des vedettes comme Bob Barker, Priscilla Presley, Donnie et Marie Osmond, et Steve McQueen, à qui il attribua plus tard le mérite de l’avoir encouragé à devenir acteur.
D’un studio à l’autre
Norris a fait ses débuts au cinéma en 1968 en tant que garde du corps non crédité dans le film « Matt Helm règle son compte » (The Wrecking Crew). On le voyait dans une scène de bagarre avec Dean Martin. Il avait également croisé la route de Bruce Lee dans le milieu des arts martiaux. Leur amitié – parfois en tant que partenaires d’entraînement – a abouti à un affrontement mythique dans le film Return of the Dragon (1972), où Lee combat et tue le personnage de Norris dans le Colisée de Rome.
Il a joué ensuite dans plus de 20 films, tels que Missing in Action, The Delta Force et Sidekicks.
« Je voulais projeter à l’écran une certaine image de héros. J’avais vu beaucoup de films d’antihéros où le personnage principal n’était ni bon ni mauvais. Il n’y avait personne pour qui prendre parti », a relaté Norris en 1982.
En 1993, il a décroché son rôle le plus célèbre, celui d’un justicier luttant contre le crime dans la série télévisée Walker, Texas Ranger. La série a duré neuf saisons et, en 2010, le gouverneur Rick Perry lui a décerné le titre de Texas Ranger honoraire. Le Sénat du Texas l’a nommé par la suite citoyen d’honneur du Texas.
« Ce n’est pas de la violence gratuite, sans aucune morale, a-t-il expliqué en 1996, à propos de la série. On essaie de transmettre le véritable sens de ce dont il s’agit : combattre l’injustice par la justice, le bien contre le mal […] C’est un divertissement pour toute la famille. »
Norris a également fait une apparition surprise dans le rôle d’un juge lors du match final du film humoristique Dodgeball en 2004. Ces dernières années, il n’a accepté que sporadiquement des rôles d’acteur, notamment dans Expendables 2 (2012) et le film de science-fiction et d’action Agent Recon (2024).
C’est à l’époque de Dodgeball que son image de dur à cuire est devenue légendaire, au sens propre du terme. Les « Chuck Norris Facts » (« Faits sur Chuck Norris ») sont devenus viraux sur l’internet avec des affirmations aussi hyperboliques que : « Chuck Norris a fait un duel de regards avec le soleil… et il a gagné ! » ou encore : « Ils voulaient sculpter Chuck Norris sur le Mont Rushmore, mais le granit n’était pas assez dur pour sa barbe. »
Norris a finalement embrassé l’absurdité de cette mode des mèmes, publiant The Official Chuck Norris Fact Book, un ouvrage mêlant ses anecdotes préférées à des histoires prétendument vraies et aux principes qu’il s’efforçait de suivre.
Il a également écrit des livres sur l’enseignement des arts martiaux, des mémoires, des analyses politiques, des romans historiques sur la guerre de Sécession, et bien plus encore.

« Pour certains qui connaissent peu mes carrières dans les arts martiaux ou au cinéma, mais qui ont peut-être grandi avec Walker, Texas Ranger, il semble que je sois devenu une sorte d’icône mythique, un superhéros, a écrit Norris dans la préface de son ouvrage autobiographique. J’en suis flatté et touché. »
Ce livre a permis de récolter des fonds pour une association à but non lucratif qu’il a fondée avec le président George H. W. Bush, et qui promeut l’enseignement des arts martiaux aux enfants.
Implication politique
Ces déclarations volontairement extravagantes ont été utilisées lors des primaires républicaines de 2008, lorsque Norris a donné son soutien au gouverneur de l’Arkansas, Mike Huckabee, et a tourné une publicité jouant sur les « Chuck Norris Facts ».
Les partisans du président Donald Trump se sont ensuite inspirés de lui pour créer les « Trump Facts » dans le même esprit. Les commentateurs politiques s’y sont prêtés également, qualifiant la décision du commandant en chef de destituer le président vénézuélien en exercice, Nicolás Maduro, de « moment Chuck Norris », et son impact initial sur les prix du pétrole de « prime Chuck Norris ».
Norris était un fervent défenseur de ses convictions chrétiennes et du droit de porter des armes, et il a soutenu des candidats politiques pendant des années – il a même fait un saut en parachute avec George H. W. Bush pour le 80e anniversaire de l’ancien président. Concernant Donald Trump, Norris l’a soutenu lors de l’élection présidentielle de 2016 et a publié des tribunes libres le louangeant sans pour autant l’appuyer explicitement, dans les jours précédant les élections de 2020 et 2024.
Norris laisse dans le deuil cinq enfants : les cascadeurs Mike et Eric, nés de son union avec son ex-femme, Dianne Holechek (morte depuis) ; les jumelles Dakota et Danilee, nées de son union avec son épouse Gena Norris ; et Dina, fruit d’une aventure d’un soir au début des années 1960, révélée dans son autobiographie.
Source : La Presse















