Leguideinfo.net : À l’Université Mahatma Gandhi de Conakry, l’ambiance habituelle des cours magistraux a laissé place à une introspection collective brutale. Dans l’obscurité d’un amphithéâtre bondé, les regards de centaines d’étudiants sont restés rivés sur un écran projetant une réalité glaçante : le film documentaire « Paroles de Survivantes ». Organisée par l’ONG Femme Développement et Droits Humains en Guinée (F2DHG), cette projection de 20 minutes a transformé la concentration de l’auditoire en une profonde consternation.

L’urgence de dénoncer malgré la peur
Le film ne se contente pas d’exposer des faits ; il donne une voix à celles que la société tente souvent de faire taire. Pour de nombreuses spectatrices, le documentaire fait écho à une réalité quotidienne marquée par le silence et l’appréhension. Une participante exprime ce sentiment de vulnérabilité : « Moi en tant que femme, si j’étais victime d’un abus, j’aurais d’abord la peur d’être mal comprise, la peur d’être rejetée, la peur de ne pas être crue », avoue Kadiatou Diallo, étudiante.
Pourtant, face à la gravité de la situation, la nécessité de parler devient un acte de résistance et de protection pour les autres : « Moi je préfère dénoncer pour ne pas que d’autres subissent la même chose que moi », indique l’étudiante Fatoumata Diallo.

Transformer les mentalités dès le foyer
Pour l’ONG F2DHG, la lutte contre les VBG ne peut être efficace que si elle s’attaque aux racines du mal, c’est-à-dire à l’éducation au sein des familles. Le changement doit être culturel et structurel. Mariama Fodé Camara, secrétaire générale de l’organisation souligne l’importance d’un travail de fond sur la psychologie masculine : « Il faut qu’on travaille sur la mentalité des jeunes garçons tout comme des hommes également qui sont pères de familles. Il faut apprendre aux hommes, aux petits garçons dans la famille, qu’on ne frappe pas la femme, qu’on ne violente pas la femme ».

L’accent est également mis sur la réciprocité du respect et l’importance du dialogue pour désamorcer les tensions qui mènent souvent à la violence : « Aux femmes également de respecter parce que quand il n’y a pas de respect aussi, souvent ça attire la violence. Donc de tous les deux côtés, il faut qu’il y ait dialogue », conseille Mariama Fodé Camara, secrétaire générale de l’ONG F2DHG.
Un appel ferme à la justice et à l’État
Au-delà de la sensibilisation, c’est la question de l’impunité qui reste le principal obstacle. Pour les futurs cadres du pays, la sensibilisation doit s’accompagner de sanctions exemplaires pour dissuader les agresseurs. Kadiatou Diallo, étudiante, lance un appel vibrant aux autorités : « Nous prions l’État, s’il vous plaît, de punir les récidivistes […] l’État doit prendre les mesures nécessaires vraiment. Punissez les gens, parce que si on voit qu’une personne est punie à vie à cause d’un cas de viol, une autre personne va prendre exemple et elle va dire : « Je ne vais pas du tout le faire parce que je sais c’est quoi la raison, c’est quoi la punition derrière » »
Elle conclut en rappelant l’aspiration légitime de toute une génération de femmes guinéennes : « Nous aussi, jeunes femmes, nous voulons être dans la société, être prises en compte et que notre voix compte »
Vers une action durable
En quittant l’amphithéâtre, les étudiants ne sont plus de simples spectateurs, mais des alliés dans un combat pour la dignité. La parole est désormais libérée, mais le défi reste de transformer cette émotion en une action concrète et durable : « Nous-mêmes étant des agents majeurs, des étudiants, on va faire notre possible pour sensibiliser et les hommes et les femmes, les mariés, les célibataires, pour que ça cesse », promet le président des étudiants de Mahatma Gandhi. Le combat continue, et à Conakry, le message est clair : le silence n’est plus une option.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
Tél : +224 620 48 07 07
















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