Leguideinfo.net : Alors que Conakry vibre au rythme de la 18ème édition des 72 heures du livre, une rencontre d’exception à l’ambassade des États-Unis a permis à Sansy Kaba Diakité de partager une page méconnue de son histoire personnelle. Entre tradition mandingue et quête de transmission, l’auteur de « N’FA » répond avec émotion aux curiosités entourant son nom composé.

Le thème de la rencontre, « Raconter le monde depuis Conakry », ne pouvait mieux tomber. Pour Sansy Kaba Diakité, patron des éditions L’Harmattan Guinée, raconter le monde commence par raconter soi-même. Devant un auditoire attentif, il est revenu sur la genèse de son ouvrage intitulé « N’FA » (Mon Père), une œuvre qui dépasse le simple récit biographique pour devenir une leçon d’histoire sur dix-huit générations.

Un nom né d’un acte de courage
Souvent interrogé, voire parfois raillé pour ce patronyme associant deux noms prestigieux, Sansy Kaba Diakité a apporté une réponse historique qui plonge ses racines dans l’Empire Mandingue.
L’origine du nom composé « Kaba Diakité » remonte à un acte de bravoure de son ancêtre, Kaba Laye, patriarche et fondateur de la lignée des Kaba de Kankan. Parti en guerre sainte aux côtés de son maître Karamoko Ousmane Fofana, Kaba Laye fut le seul disciple à avoir le courage de retourner chercher la canne oubliée de son maître sur le champ de bataille. Impressionné par cette témérité, le roi de la contrée de Gbonko lui offrit sa fille en mariage. De cette union entre un Kaba et une princesse issue de la lignée des Diakité est né ce nom symbole d’alliance et de courage.
« N’FA » : Un héritage pour la jeunesse
Si Sansy Kaba Diakité a choisi de coucher ces récits sur papier, c’est avant tout par devoir de transmission. « J’ai décidé de transmettre à mes enfants ce que mon père m’a lui-même transmis », a-t-il confié, soulignant que chez les Kaba de Kankan, le premier fils porte invariablement le nom du grand-père, renforçant l’importance du titre de l’ouvrage, « N’fa ».
Le livre comme pont diplomatique
L’ambassade des États-Unis, en accueillant cet échange, a réaffirmé son soutien indéfectible à la culture et à l’innovation en Guinée. Cette déclaration s’inscrit dans la dynamique des 72 heures du livre, où l’innovation ne se limite pas au numérique, mais englobe aussi la capacité à réinventer son récit national et personnel.
En transformant ce qui fut parfois un sujet de moquerie en une source de fierté historique, Sansy Kaba Diakité prouve que le livre reste l’outil le plus puissant pour restaurer la vérité et solidifier l’identité. Comme il l’a martelé lors de cette rencontre : « Une histoire qui n’est pas racontée est rapidement oubliée… et dans l’oubli naissent les conflits ».
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
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