Leguideinfo.net : C’est une décision majeure qui vient redessiner le paysage médiatique guinéen en cette période électorale. Par le biais de la décision N°021/HAC/P/26 signée ce lundi 18 mai 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a officiellement prononcé la levée de l’interdiction d’exercer le métier de journaliste qui frappait Monsieur Lamine Guirassy sur toute l’étendue du territoire national. Une mesure qui marque un pas important vers la décrispation de l’espace médiatique.

Les fondements juridiques d’une réhabilitation
La décision, portée par le collège de l’instance de régulation et paraphée par son président Boubacar Yacine Diallo, s’appuie sur un arsenal juridique précis. Elle cite notamment la Constitution de la République, la Loi Organique L/2010/002/CNT du 22 juin 2010 relative à la liberté de la presse, ainsi que la Loi Organique L/2020/001/AN du 3 juillet 2020 régissant l’organisation et le fonctionnement de la HAC.
À travers cet acte officiel, l’institution décrète en son Article 1er la levée immédiate de la sanction à compter de la date de signature du document. L’Article 2 autorise explicitement le journaliste à « reprendre l’ensemble de ses activités professionnelles sur tous les supports médiatiques ».
Rappel des faits : Une fausse alerte sismique à l’origine de la crise
Pour comprendre la portée de cette mesure, il faut remonter près d’un an en arrière. Par la décision N°006/HAC/P/25 du 11 juin 2025, Lamine Guirassy avait été frappé d’une interdiction d’exercer « jusqu’à nouvel ordre ».
La sévérité de cette sanction faisait suite à la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une fausse alerte sismique. Cette publication non vérifiée avait suscité de vives inquiétudes au sein de la population, provoquant une psychose généralisée à travers le pays. Face à ce manquement grave aux règles de vérification de l’information, le régulateur avait choisi de suspendre le professionnel des médias afin de préserver l’ordre public et l’éthique journalistique.
Vers un apaisement du climat médiatique
Qu’est-ce qui justifie ce revirement de la HAC aujourd’hui ? Le document officiel met en avant deux facteurs essentiels. D’une part, l’institution prend acte des « regrets exprimés » par Lamine Guirassy ainsi que de son engagement ferme à respecter scrupuleusement, à l’avenir, les règles d’éthique et de déontologie qui régissent la noble profession de journaliste en République de Guinée.
D’autre part, la HAC souligne que cette décision de clémence ne s’est pas faite au hasard : elle s’inscrit de manière volontariste dans « une volonté d’apaisement du climat médiatique et de promotion de la liberté d’expression ».
Alors que le pays est plongé dans l’effervescence des campagnes électorales pour le double scrutin du 31 mai, le retour de cette figure bien connue des médias guinéens est perçu par de nombreux observateurs comme un signal fort envoyé à l’ensemble de la corporation sur la maturité et la flexibilité de la régulation en Guinée.
Document source : Décision N°021/HAC/P/26 du 18 mai 2026, Haute Autorité de la Communication (HAC), République de Guinée.

















