Leguideinfo.net : La Bourse du Travail a accueilli ce week-end le quatrième congrès du Syndicat des Professionnels de la Presse Guinéenne (SPPG), marqué par l’installation d’un nouveau bureau exécutif. Entre confrères présents, l’évènement a surtout été l’occasion de formuler des attentes précises pour les cinq prochaines années au premier rang desquelles, la question de la convention collective.

La convention collective, attente numéro un
Pour de nombreux journalistes présents, l’enjeu central de ce mandat reste sans conteste la signature de la convention collective. Ansou Bailo Bah, journaliste à Cavi Media et membre fondateur du SPPG, en a fait sa priorité : « Notre attente principale, c’est la signature de la convention collective. Il y a eu des engagements du nouveau bureau et surtout du Secrétaire général pour la signer d’ici la fin du mandat. Nous attendons cela impatiemment, parce que ça doit traiter les inquiétudes des reporters, y compris des patrons de médias.

Il a d’ailleurs tenu à rassurer les employeurs du secteur, en insistant sur le caractère équilibré de cette convention : « Nous demandons aux patrons de médias de ne pas avoir peur de la signature de cette convention collective. Elle ne traite pas seulement en faveur des journalistes, mais en faveur de tout le monde. »
Une couverture sanitaire encore largement absente
Au-delà du cadre conventionnel, c’est la précarité des conditions de travail qui inquiète une partie de la profession. Saliou Benzamin Camara, du site Guinéesouvrain.com, a interpellé directement le nouveau bureau sur ce point : « Nous demandons à la nouvelle équipe du SPPG d’être à l’écoute, comme toujours, des journalistes qui sont parfois victimes de leurs propres patrons dans les différentes relations professionnelles. »

Il a pointé du doigt un vide criant en matière de protection sociale : « La plupart des journalistes sont abandonnés à eux-mêmes en cas de maladie. Une fois qu’un journaliste est malade, le patron peut au mieux l’appeler ou lui donner un coup de main, mais il n’y a pas de prise en charge sanitaire pour les médias. »
Un nouveau bureau qui affiche son engagement
Du côté de l’équipe sortante des urnes, le ton est résolument tourné vers l’action. Abdoulaye Cissé, nouveau Secrétaire Général Adjoint du SPPG, a tenu à souligner la continuité de son engagement syndical, bien au-delà de ses fonctions antérieures : « Mon combat au sein du SPPG ne s’est jamais limité à mon poste de chargé de communication. Je me suis toujours battu afin que ce syndicat puisse vraiment avoir un très bon niveau. Aujourd’hui, on peut dire avec fierté que le SPPG évolue, et j’en suis vraiment content. »

Nouvelle venue à la communication du syndicat, Djénabou Diallo, journaliste indépendante forte de plus d’une dizaine d’années d’expérience, a expliqué les motivations de son engagement : « La communication, c’est le pont entre le syndicat, ses membres et la société. Mon expérience de journaliste me permettra de mettre cette expertise au profit du syndicat, pour donner plus de visibilité à nos actions et porter haut les valeurs de notre métier. »

Sory Kandja Bangoura, en charge des conflits et des négociations au sein du nouveau bureau, a quant à lui exprimé sa gratitude envers les votants, tout en formulant des vœux empreints de réalisme syndical : « Merci à tous ceux qui nous ont fait confiance. C’est énorme lorsqu’il s’agit de passer cinq ans à défendre les journalistes. Nous espérons qu’il y aura moins de problèmes, plus de compréhension. Mais si jamais nous nous retrouvons dans certains cas, nous serons là pour défendre ça ne change rien à notre engagement. »
La fidélité d’une ancienne figure du bureau
Symbole de la continuité syndicale, Bilguissa Bah, ancienne membre du bureau du SPPG, a tenu à rappeler sa disponibilité malgré la fin de son mandat : « Je resterai syndicaliste à vie, tant qu’ils auront besoin de moi. Je serai là pour eux. Je vais toujours chercher à savoir ce qui se passe, ce qui ne va pas, ce qui a marché. Aujourd’hui, tout ce que je souhaite, c’est que le syndicat de la presse aille de l’avant. C’est mon vœu le plus cher après ce congrès. »

Le verdict attendra le terrain
Au sortir de ce quatrième congrès, l’unanimité se fait sur un point : les promesses devront désormais se traduire en actes. Reste à observer comment cette nouvelle équipe saura incarner ces engagements sur le terrain, dans ses rapports avec les journalistes, les patrons de médias et les autorités un triptyque dont l’équilibre conditionnera, pour les cinq prochaines années, le rayonnement de la presse guinéenne.
Mamoudou Boulléré Diallo et Alpha Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
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