Leguideinfo.net : « Tolérance zéro face à la fraude. » Ce n’est pas un slogan creux. Dès le premier jour des épreuves du Baccalauréat unique, le ministère de l’Alphabétisation, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (MENA-ETFP) a démontré, chiffres à l’appui, que cette promesse n’était pas qu’une formule administrative. Téléphones saisis par dizaines, surveillants exclus, candidats interpellés et remis aux forces de sécurité : le bilan de cette première journée dresse le portrait d’un dispositif de surveillance à la fois strict et sans concession.

Une moisson de sanctions dès les premières heures
Selon les chiffres communiqués par le ministère, 40 candidats ont été éliminés à travers le pays pour simple détention de téléphone portable, et ce dès la première journée d’examen. Une sanction qui ne souffre d’aucune exception, peu importe que l’appareil ait servi ou non à frauder : sa seule présence dans la salle suffit à disqualifier le candidat.
La répartition par région donne la mesure de l’ampleur du phénomène. Kankan arrive largement en tête avec 17 candidats éliminés, suivie de N’Zérékoré avec 8 cas, puis Faranah avec 7, Kindia avec 6 et enfin Boffa, qui enregistre le bilan le plus faible avec 2 éliminations.

Kankan se détache nettement, avec près de la moitié des éliminations enregistrées sur l’ensemble du territoire pour ce seul motif, un signal fort pour une préfecture qui devra redoubler de vigilance dans les jours à venir.
Faranah, épicentre de la fraude organisée
Si les chiffres globaux interpellent, c’est dans la région de Faranah que la situation s’avère la plus préoccupante. En une seule journée, les autorités y ont dressé un bilan particulièrement lourd :
– 13 téléphones portables saisis dans les salles d’examen
– 6 candidats éliminés
– 3 surveillants exclus du dispositif pour manquement à leurs obligations
– 1 candidat interpellé et remis directement aux services de sécurité
-13 délégués, agents et encadrants sanctionnés pour autres manquements

Ce dernier chiffre n’est pas anodin. Il révèle que la fraude ne se limite pas aux candidats : elle implique parfois ceux-là mêmes qui sont chargés de garantir l’intégrité des épreuves. Lorsque surveillants et encadrants sont eux-mêmes sanctionnés, c’est tout le système de contrôle qui est mis à l’épreuve, et c’est précisément ce que le ministère semble avoir anticipé en multipliant les inspections.
À titre de comparaison, Conakry, la capitale, n’enregistre qu’un seul cas de sanction parmi les délégués, agents et encadrants, un contraste qui interroge sur les disparités de rigueur, ou de pression à frauder, selon les territoires.
Siguiri : l’arsenal technologique de la fraude mis au jour
C’est sans doute à Siguiri que le dispositif anti-fraude a réalisé sa prise la plus spectaculaire. Les chiffres donnés par le ministère donnent le vertige :
– 132 téléphones portables saisis, un record absolu pour cette première journée
– 5 surveillants éliminés
– 4 montres connectées confisquées
– 2 dispositifs Bluetooth saisis

Ces chiffres ne décrivent plus une fraude artisanale, mais un véritable arsenal technologique déployé pour contourner les règles. Montres connectées, dispositifs Bluetooth, téléphones dissimulés : les méthodes se sophistiquent, et avec elles, la nécessité d’une vigilance tout aussi pointue de la part des autorités scolaires. Avec plus de 130 appareils saisis en une seule journée et dans une seule préfecture, Siguiri illustre à elle seule l’ampleur du défi que représente la lutte contre la fraude à l’ère du numérique.
Maferinyah : des interpellations qui interrogent
À Maferinyah, ce sont 5 candidats qui ont été interpellés au cours de cette première journée. Si le motif précis n’est pas détaillé dans les communications officielles, la nature même de la sanction, l’interpellation, plus grave qu’une simple élimination, suggère des faits avérés de fraude organisée ou de tentative de substitution de candidat.

Une répression qui ne fait pas de distinction
Ce qui frappe, à la lecture de ce premier bilan, c’est l’absence de toute hiérarchie dans la sanction. Candidats pris la main sur un téléphone, surveillants complices ou négligents, délégués et agents défaillants : personne n’échappe au contrôle. Le message du ministère est limpide, et il est rappelé noir sur blanc sur chacun de ses bilans quotidiens :
« Le respect des règles garantit l’équité des examens. Le mérite, l’intégrité et la crédibilité du Baccalauréat unique demeurent des priorités absolues. »

Ce que ce premier bilan annonce
Au-delà des chiffres, cette première journée d’examen envoie un signal clair à l’ensemble du pays : la fraude au Baccalauréat unique n’est plus tolérée, sous aucune forme, et les moyens déployés pour la détecter, fouilles, contrôles renforcés, présence accrue des services de sécurité, semblent porter leurs fruits dès les premières heures de l’examen.
Reste à savoir si cette fermeté initiale se maintiendra sur la durée des épreuves, et si les régions les plus touchées, Kankan, Faranah, Siguiri en tête, parviendront à inverser la tendance dans les jours suivants. Une chose est sûre : pour les milliers de candidats qui jouent leur avenir scolaire sur ces épreuves, l’équité du Baccalauréat unique se construit aussi, désormais, à coups de téléphones confisqués et de surveillants sanctionnés.
Source : Ministère de l’Alphabétisation, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle (MENA-ETFP), bilans officiels de la première journée du Baccalauréat unique.















