Leguideinfo.net : C’est une longue semaine qui touche à sa fin pour les honorables députés plurinominaux de Boké, Aboubacar M’Bop Camara et Mamadou Oury Bah. Ils sillonnent la préfecture pour s’armer d’arguments solides avant l’ouverture de la prochaine session parlementaire, en octobre 2026. De Kamsar à Sansalé, en passant par Tanéné, Kanfarandé et Dabiss, le message reste le même : expliquer le rôle des députés pour lever toute ambiguïté, recueillir les attentes des citoyens et en rédiger une synthèse. Des fiches sont distribuées dans toutes les communes pour permettre aux habitants de consigner leurs préoccupations et d’espérer des solutions durables.












Kamsar, une fierté à concrétiser
À Kamsar, c’est l’honorable Aboubacar M’Bop Camara qui porte la parole, d’abord devant les sages, puis devant l’ensemble des couches de la société. Il se félicite de l’érection de cette ancienne sous-préfecture de Boké en préfecture et livre un message de rassemblement.
« Notre souhait est que vous analysiez tous les paramètres liés aux problèmes soulevés, non seulement dans le document qu’on vous laisse, mais aussi les contraintes que vous vivez au quotidien à Kamsar. Nous souhaitons l’union, l’entente et la cohésion sociale à Kamsar. Aujourd’hui, Kamsar est une préfecture, c’est une fierté pour l’ensemble des fils de Boké. Nous serons toujours là, en tant que députés, pour examiner les problèmes de Kamsar jusqu’à la prochaine législature », promet l’honorable Aboubacar M’Bop Camara.
La nouvelle préfecture attend encore ses édifices et son personnel administratif. Le maire souligne les urgences : « Kamsar est érigée en préfecture, elle a besoin de blocs administratifs, de routes, d’eau potable, d’emplois garantis pour les jeunes. Sur le plan éducatif, Kamsar a besoin d’écoles, parce que le constat est aujourd’hui alarmant. Kamsar a réellement besoin de l’excellence », indique le maire.
Tanéné, l’union au-delà des clivages
À Tanéné, le maire Mamadou Saliou Kaltamba insiste sur le programme Simandou et appelle de ses vœux un trait d’union renforcé entre ce projet et sa commune.
« Pour cette dixième législature, nous attendons beaucoup d’eux. Nous attendons que, dans les axes prioritaires de Simandou 2040, Tanéné soit au centre des événements. Boké est une zone spéciale, et Tanéné en particulier : nous avons les miniers, nous sommes dans une zone agropastorale, et nous devons régler tous ces problèmes avec eux. Les entreprises minières présentes chez nous respectent le contenu local et la responsabilité sociétale, mais il reste du chemin à faire. Nous avons la jeunesse sous la main, nous avons les femmes sous la main, et les revendications sont nombreuses. Mais petit à petit, nous arrivons à les résoudre avec nos partenaires », explique-t-il.









Dans cette commune rurale, la donne politique change de visage : c’est l’opposition elle-même qui salue, cette fois, l’action de la mouvance présidentielle — fruit, selon elle, d’une gestion communale réussie.
« Moi je relève de l’opposition, je vais le dire clairement. Face à la mouvance présidentielle, d’abord, c’est la cohésion sociale qui prime. Il est très difficile de voir une contrée où l’opposition et le pouvoir sont amis comme à Tanéné. Voici le maire, et voici le président de l’opposition. C’est sa qualité managériale qui a permis cette cohésion, et cela dans toute la commune, de Dangara jusqu’à Katougouma : nous sommes unis. Toutes les doléances des citoyens sont reçues ici au quotidien et traitées efficacement. Voilà le message que je voulais faire passer, afin que toutes les autres communes en prennent exemple. La politique, c’est la politique, le travail, c’est le travail, et cette fois-ci, nous avons trouvé à la tête de notre commune un maire qui sait ce qu’il faut pour une communauté, ce qu’il faut pour qu’une structure évolue. Voilà cette personne qui est devant moi, c’est pourquoi je tenais à le dire aux yeux du monde », déclare Saténin Diallo, conseillé communal de Tanéné.
Kanfarandé, l’espoir d’une raffinerie
Deux jours plus tôt, la délégation parlementaire avait été accueillie par les populations de Kanfarandé. Au cœur des échanges : le rôle de l’institution et les attentes des citoyens.
« Nous sommes et nous serons des députés de proximité, qui dormiront dans les villages. Nous serons avec vous pour tout partager. Merci au président Mamadi Doumbouya, qui a demandé à tous les députés d’aller vers les citoyens et de remonter leurs préoccupations », indique l’honorable Mamadou Oury Bah.
Dans la localité, le projet annoncé de construction d’une raffinerie locale est un gage d’espoir pour les populations. « La population de Kanfarandé est satisfaite à plus d’un titre, parce qu’aujourd’hui la première usine de raffinerie va naître à Kanfarandé : c’est un message de satisfaction. Nous sommes très contents de recevoir les députés aujourd’hui, qui vont porter ces messages auprès des autorités de la République », dit le maire Gasimou Camara.









En attendant la réalisation de ce projet, les citoyens demandent à l’État de prendre les devants pour assurer les besoins sociaux de base. Le président de la commission santé-éducation de la commune va plus loin. Alya Diakité veut que l’État agisse pour doter la sous-préfecture des infrastructures nécessaires à la formation de citoyens utiles. Analphabétisme, insuffisance des structures sanitaires : le constat l’inquiète.
« À Kanfarandé aujourd’hui, au collège comme à l’élémentaire, ça ne va pas du tout. Certains districts n’ont même pas d’école, et d’autres n’ont pas de centre de santé. Sur les 15 districts qui couvrent la commune, il n’y a que cinq postes de santé : c’est aujourd’hui un sérieux problème. Nous attendons beaucoup de cette dixième législature et de l’État pour se tourner vers Kanfarandé. Le développement commence à venir à travers les sociétés minières, mais l’État doit aussi faire sa part pour permettre aux enfants de Kanfarandé de se développer et d’avoir un avenir radieux, à travers ces infrastructures sociales de base ».



Avant de reprendre la route, les députés ont visité la mosquée en construction, avec l’aide d’un ressortissant de Kanfarandé. Cap ensuite sur Dabiss et Sansalé.
Dabiss et Sansalé, l’enclavement en question
Sur place, les autorités locales de la commune rurale de Dabiss saisissent l’occasion pour confier leur message aux députés. La défectuosité des voies de communication impacte durement le développement local.

« Franchement, nous souffrons ici. Prenez l’exemple d’Hamdallaye Kabotte : au moment où je vous parle, même pour joindre le président de district ou l’un de ses membres, il faut passer par un citoyen de M’Boundou Lingué pour transmettre le message de bouche à oreille, faute de réseau téléphonique. Nous demandons à nos braves députés d’aller nous défendre, parce que franchement, nous souffrons », se lamente Amara Sampou, maire de la commune rurale de Dabiss.

Les attentes des citoyens s’expriment à des degrés différents. Les populations de la sous-préfecture de Sansalé, par exemple, ont dû se déplacer pour rencontrer la délégation parlementaire à Dabiss. La raison est simple : aucun véhicule, pas même les tout-terrain des députés, ne peut emprunter la route menant vers cette localité guinéenne, sinon en passant par la Guinée-Bissau voisine.

Les mots du deuxième vice-maire, Mamadou Diallo, glacent le sang. Il décrit une sous-préfecture coupée du reste de la République et qui attend d’être enfin prise en compte. « Dans tout Sansalé, aucun véhicule ne peut entrer s’il ne vient pas de Guinée-Bissau. Nous souffrons énormément. Il n’y a pas de route, tous nos ponts sont dégradés — ce sont les ponts des anciens colons. Nous souffrons énormément ».

Ce samedi, les députés organisent un grand meeting au centre urbain de Boké, et dimanche, c’est la sous-préfecture de Kolaboui qui clôturera la tournée. Les élus ont déjà pris la pleine mesure des défis qui se posent dans la préfecture de Boké. La prochaine session parlementaire s’annonce résolument citoyenne.
Envoyé spécial Mamoudou Boulléré Diallo, pour Leguideinfo.net
Contact : +224 620 48 07 07















