Leguideinfo.net: Conakry, 5 octobre 2026. Ce lundi, dès 8 heures, la musique et les prestations artistiques accueilleront les premiers invités à l’Assemblée nationale. Derrière le protocole, c’est un moment fondateur : la 10ᵉ Législature ouvre officiellement sa session ordinaire unique 2026-2027, avec trois jours de rencontres, de débats et de symboles.

Une cérémonie pour installer la légitimité
Le programme du jour 1 est réglé comme une partition. Les députés de la 10ᵉ Législature sont installés les premiers, suivis du corps diplomatique, des membres du Gouvernement, des présidents d’institutions de la République, puis des présidents de parlements étrangers et des représentants d’organismes interparlementaires.
À 10 heures, le Président de l’Assemblée nationale fait son entrée solennelle. L’hymne national et les prières précèdent l’ouverture officielle de la séance, puis la constatation du quorum et la déclaration d’ouverture de la session. Ces gestes ne sont pas de simples formalités : ils donnent à la nouvelle législature son existence institutionnelle et sa légitimité devant ses pairs et devant le pays.
Se souvenir pour mieux écouter les citoyens
Une projection vidéo retracera l’histoire du Parlement guinéen et rappellera les attentes des citoyens envers la 10ᵉ Législature. L’enjeu est clair : relier l’institution à ceux qu’elle représente. Dans un pays où le Parlement doit asseoir sa place, regarder le chemin parcouru et mesurer ce que les Guinéens en attendent est un exercice de redevabilité autant que de mémoire.
La parole aux parlements amis
Entre 10h45 et 12h, les présidents de parlements étrangers et les représentants d’organismes interparlementaires prendront la parole. Leur présence dit la place de la Guinée dans le concert parlementaire régional et international. Elle ouvre aussi la voie à des partenariats, à des échanges d’expérience et à un soutien institutionnel.
Le Président de l’Assemblée nationale prononcera ensuite son discours, moment attendu pour les orientations de la législature. Suivra le dévoilement de l’identité visuelle de la 10ᵉ Législature, qui donne un visage commun à une institution en renouvellement.
Un Parlement qui se projette
L’après-midi tourne le regard vers l’avenir. Après la signature du livre d’or, la visite des stands et la photo de famille, les délégations découvriront le nouveau site du siège de l’Assemblée nationale. La présentation de la vision de modernisation du Parlement porte sur les infrastructures comme sur les méthodes de travail. Moderniser, c’est donner aux élus les moyens de légiférer et de contrôler efficacement. Un banquet officiel clôturera la journée à 20 heures.
Jour 2 : quand le Parlement se met au travail
Mardi 6 octobre, la cérémonie laisse place au fond, avec deux conférences et deux panels, chacun répondant à une question que se posent tous les parlements.
Faire vivre la loi. La première conférence, introduite par le Président de l’Assemblée nationale de Guinée et modérée par le Dr Mohamed Bérété, de l’Agence nationale de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance, s’intitule « De l’élaboration de la loi à son application ». Elle pose un constat familier : voter un texte ne suffit pas, il faut qu’il change réellement la vie des gens. Sa présence aux côtés de la lutte contre la corruption rappelle que l’effectivité de la loi est aussi une affaire de gouvernance.
Contrôler, mais surtout mesurer. La seconde conférence, animée par le Président de l’Assemblée nationale du Sénégal et modérée par la Dre Makalé Traoré, porte sur le passage du contrôle politique au contrôle de la performance. L’idée est d’évaluer l’action gouvernementale sur ses résultats concrets, et non seulement de la questionner.
Évaluer les politiques publiques. Le premier panel réunira les présidents des Assemblées nationales de Côte d’Ivoire et du Ghana, le président de la Commission Finance et le Hon. Dr Ousmane Kaba, sous la modération de Bernard Goumou, Conseiller principal du Président de la République. Il sera question de méthodes, d’outils et de bonnes pratiques pour faire du Parlement un acteur de l’évaluation.
Une voix régionale dans un monde qui change. Le second panel, modéré par la Hon. Dre Adama Ndjol Kouyaté, fera dialoguer les présidents du Parlement de la CEDEAO et du Gabon avec la Première Vice-Présidente de l’Assemblée nationale. Sa question, « construire une vision parlementaire régionale forte dans le nouvel ordre international », touche à la place de l’Afrique de l’Ouest et centrale dans les équilibres mondiaux.
Les coulisses de la diplomatie parlementaire
La journée se poursuit par une pause cocktail, un point de presse du Président de l’Assemblée nationale, puis des rencontres individuelles avec les présidents de parlements amis, là où se nouent souvent les partenariats concrets. À 19 heures, une audience au Palais Mohamed V ajoutera une dimension institutionnelle supplémentaire. Le retour des délégations est prévu le 7 octobre.
L’Assemblée nationale prendra en charge les frais de séjour du chef de chaque délégation et de deux autres membres, un geste d’hospitalité qui témoigne de l’importance accordée à la rencontre.
Ce qui se joue
Au-delà du faste, cette rentrée pose une question simple : quel Parlement veut bâtir la 10ᵉ Législature ? Un Parlement qui légifère avec efficacité, contrôle avec rigueur, évalue avec méthode, s’ouvre sur le monde et se dote d’outils modernes? Les prochains mois diront si ces ambitions deviennent des actes.
Source : Programme de la Rentree Parlementaire – J1 & J2
Mamoudou Boulléré DIALLO, pour leguideinfo.net
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