Route Labé-Tougué : « C’est la toute première fois depuis l’indépendance », se réjouit Maimouna Barry
Les députés ont autorisé samedi soir la ratification du prêt de 300 millions d'euros. La députée salue une avancée historique, mais prévient : le plus dur reste à faire.
Leguideinfo.net: Pour les habitants de Tougué, c’est une nouvelle qu’on n’osait plus attendre. Dans la nuit de samedi 17 octobre, l’Assemblée nationale a autorisé la ratification de l’accord de prêt de 300 millions d’euros qui doit financer le bitumage de la route Labé-Tougué. Maimouna Barry, députée et première secrétaire parlementaire, y voit une étape décisive.
Route Labé-Tougué le Parlement autorise la ratification d’un prêt de 300 millions d’euros
Un chantier de 160 kilomètres
Signé le 22 juillet 2026, l’accord prévoit la construction et le bitumage d’environ 149 kilomètres de route entre Labé et Tougué. Il comprend aussi l’aménagement de la bretelle Banti-Koubia et la construction d’un pont de 200 mètres sur le fleuve Bafing. Les travaux sont annoncés pour une durée de 36 mois. Le dossier avait été examiné jeudi 15 octobre en réunion intercommissions, la première de la 10ᵉ législature.
Après le vote, l’heure de la vigilance
Maimouna Barry ne veut pas que l’enthousiasme fasse oublier l’essentiel. « Il ne faudrait pas que ça se limite à cette ratification », avertit-elle. À ses yeux, ce vote n’est qu’un point de départ. Tout dépendra de ce qui sera réellement fait sur le terrain.
Pendant les débats, plusieurs députés ont rappelé que certains chantiers publics avaient pris du retard ou posé des problèmes de qualité.
La députée tient à lever tout malentendu : ces réserves ne visent pas le projet lui-même. Elles traduisent plutôt la volonté des élus de demander plus de rigueur au gouvernement. Selon elle, les parlementaires ont un rôle à jouer pour que les ouvrages respectent les normes et que les délais prévus par les contrats soient tenus.
Maïmouna Barry, première secrétaire parlementaire à l’assemblée
Écoles, centres de santé, forages : des réponses attendues
Les députés ont aussi voulu savoir ce qui était prévu pour les infrastructures sociales : écoles, centres de santé et forages. Certaines informations, comme le nombre d’établissements scolaires, ne leur avaient pas encore été communiquées au moment des échanges. La convention a donc été adoptée sous réserve que les recommandations formulées en séance soient prises en compte, précise la députée.
Pour Maimouna Barry, la route ne doit pas être une fin en soi. « Quand une route passe, c’est le développement communautaire qui s’ensuit », affirme-t-elle. Elle voit déjà arriver des écoles, des hôpitaux et des marchés dans le sillage du bitume.
Un appel aux populations
L’élue invite les habitants de Tougué à suivre le chantier de près. En cas de difficulté, ils doivent alerter les autorités compétentes et leurs représentants.
Les députés, assure-t-elle, restent disponibles pour les accompagner.
Son souhait : que la joie d’aujourd’hui dure jusqu’à la dernière pelletée de bitume. Reste désormais à transformer le financement en une route qui respecte les normes et les délais, au bénéfice des populations.