Leguideinfo.net : Les députés ont donné leur feu vert, et Tougué n’en revient pas. Devant l’Assemblée nationale, le ministre des Infrastructures, Facinet Sylla, a défendu un projet « historique » et répondu aux inquiétudes sur les paiements et le financement. Le député de Tougué, Ibrahima Kollet Baldé, annonce le démarrage des travaux fin novembre.
C’est un jour que les habitants de Tougué et de Koubia attendaient depuis longtemps. En autorisant la ratification de l’accord de financement de la route Labé-Tougué, les députés ont ouvert la voie au bitumage d’un axe qui n’a jamais connu le goudron.
« Un projet majeur et historique »
Devant les élus, le ministre des Infrastructures, Facinet Sylla, n’a pas caché l’enjeu. « C’est un projet majeur et historique, parce que c’est la première fois que les populations de Tougué et de Koubia vont connaître le goudron », a-t-il déclaré. Selon lui, la route reliera ces localités à Labé, mais pas seulement. Elle doit aussi rattacher le Fouta à la Haute-Guinée, en passant par Dinguiraye jusqu’à Siguiri. Elle sera ainsi un maillon important du corridor nord du pays.
Le chantier, financé à hauteur de 300 millions d’euros selon l’accord signé le 22 juillet 2026, porte sur environ 160 kilomètres. Il comprend la bretelle Banti-Koubia et un pont sur le fleuve Bafing. Les travaux sont prévus pour durer 36 mois.
Paiements, retards, saison des pluies : le ministre répond
Les députés n’ont pas ménagé leurs questions. Le ministre les juge légitimes : « Nous sommes là pour y répondre en toute transparence. »
Il a reconnu des difficultés de paiement et quelques défaillances « minimes » de certaines sociétés, sans oublier le défi de la saison des pluies. Tous ces points, a-t-il assuré, sont en train de trouver une solution, grâce à une meilleure coordination entre le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget et celui des Infrastructures. Les paiements restent, selon lui, le plus gros des problèmes.
Autre interrogation des élus : le mode de financement. Facinet Sylla y voit une préoccupation normale. Le projet repose sur un montage dit EPC+F (conception, construction et financement par l’entreprise), qui évite à l’État de porter immédiatement le poids de la dépense dans son budget. Un modèle « innovant », selon le ministre, qui sera appliqué à d’autres projets, dans le cadre notamment des partenariats public-privé.
À Tougué, « le rêve est devenu réalité »
À Tougué, la joie est immense. Ibrahima Kollet Baldé, député uninominal de la préfecture, dit ressentir « un sentiment de joie et de satisfaction ». Pour lui, tout Tougué avait les yeux rivés sur l’Assemblée. Il remercie ses collègues députés, ainsi que le président de l’Assemblée, le Dr Dansa Kourouma, et salue la 10ᵉ législature et le président Mamadi Doumbouya, sous lesquels, dit-il, la route devient enfin une réalité, alors qu’on en parlait depuis longtemps.
L’élu parle du « projet du siècle » pour Tougué, préfecture historique, circonscription administrative depuis 1901, qui n’a jamais vu le goudron. Le tracé traversera notamment la sous-préfecture de Kollet et ira jusqu’à Koukoutamba.
Fin novembre, début des travaux
La bonne nouvelle, selon le député : le démarrage des travaux est annoncé pour fin novembre, et les journalistes seront invités à la cérémonie. Il précise aussi que les études d’impact environnemental sont bouclées.
Il espère des retombées concrètes : des emplois, la baisse du coût du transport et des prix des marchandises. « Nos enfants qui sont dans les mines vont revenir pour travailler, et le contenu local sera respecté », promet-il. Il imagine déjà Tougué en « préfecture carrefour ». « Désormais, on peut se frotter les mains, on peut bien dormir », conclut-il.
Reste maintenant à tenir les délais et à respecter les normes, comme l’ont répété plusieurs députés pendant les débats.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
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