Leguideinfo.net : Les fortes pluies qui se sont abattues dans la nuit du 27 au 28 juillet 2026 sur la commune urbaine de N’Zérékoré ont plongé plusieurs familles dans la détresse. Les quartiers Diankadissa, Gbela Tokpa, Kwitéyapoulou et plusieurs autres zones traversées par la rivière Tilé ont été durement touchées par des inondations qui ont envahi les habitations, détruit des biens et contraint de nombreux habitants à passer la nuit à la belle étoile.


Face à l’ampleur des dégâts, le maire de la commune s’est rendu sur les lieux pour constater la situation, échanger avec les victimes et annoncer des mesures d’urgence. Une visite saluée par les populations, qui espèrent désormais des actions concrètes pour mettre fin à ce calvaire qui se répète à chaque saison des pluies.

Pour Jean Paul Lama, chef du quartier Gbela Tokpa, il est difficile de demander des efforts fiscaux à une population qui lutte déjà pour sa survie.
« Si le maire s’est déplacé, c’est une bonne chose. Cela montre que les autorités prennent enfin conscience de notre souffrance. D’habitude, lorsqu’on les appelle, ils viennent rarement. Aujourd’hui, comment demander à ces habitants de payer l’impôt d’habitation alors que leurs maisons sont inondées et qu’ils vivent dans une telle précarité ? Nous demandons à l’État de venir en aide aux populations. Le curage a été effectué ; de notre côté, nous continuerons à veiller pour empêcher les mauvaises pratiques. »

Malgré les efforts entrepris dans le quartier, les inondations continuent de faire des ravages. « Nous avons interdit aux habitants de jeter les ordures dans les cours d’eau. Nous avons même déboursé quatre millions pour financer des travaux de curage. Mais tant que la rivière ne sera pas entièrement aménagée et que les voies d’écoulement ne seront pas ouvertes, l’eau continuera de s’accumuler ici. Pour le moment, nous sommes dépassés. »
À Diankadissa, les habitants racontent une nuit de cauchemar. Ibrahima Condé, encore sous le choc, explique que si aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, les dégâts matériels sont considérables.
« Depuis 18 heures, la pluie n’a cessé qu’aux environs de 22 heures. En quelques heures, notre maison s’est retrouvée sous les eaux. Nous avons dû évacuer les femmes sur la route pour éviter un drame. Aujourd’hui, nous avons tout perdu. Chaque fois que les nuages apparaissent, nous passons des nuits blanches. Nous demandons au maire et aux autorités de nous venir en aide. Nous n’en pouvons plus. »

Même désespoir chez Nansira Diallo, également résidente de Diankadissa, qui décrit une famille privée de tout après le passage des eaux.
« Nous avons passé toute la nuit dehors. L’eau est entrée dans la maison et a mouillé tous nos biens. Même le sac de riz que nous avions est complètement perdu. Aujourd’hui, nous n’avons plus d’endroit où dormir. Nous lançons un appel pressant à l’État pour qu’il nous assiste. »
Au quartier Kwitéyapoulou, le spectacle est tout aussi désolant. Meubles et effets personnels sont entassés à l’extérieur des habitations, pendant que les familles tentent de sauver ce qui peut encore l’être.
Aïcha Condé laisse éclater sa détresse.

« Regardez vous-même, tous nos objets sont dehors. Nous avons passé toute la nuit à évacuer l’eau de nos maisons. Et le pire, c’est que la saison des pluies ne fait que commencer. Chaque année, nous vivons le même cauchemar. Nous demandons aux autorités de curer la rivière Tilé, qui est à l’origine de ces inondations répétitives. Nous voulons simplement vivre en sécurité. »

Au-delà des pertes matérielles, ces témoignages traduisent le profond sentiment d’abandon ressenti par les populations sinistrées. Tous lancent le même appel aux autorités : des interventions d’urgence pour soulager les familles touchées, mais surtout des solutions durables, afin que les crues de la rivière Tilé ne continuent plus de transformer chaque saison des pluies en tragédie pour les habitants de Diankadissa, Gbela Tokpa, Kwitéyapoulou et des autres quartiers riverains.
Sur place, accompagné de son équipe, le maire a rassuré les populations sur la volonté des autorités communales d’agir rapidement pour limiter les conséquences des intempéries : « Le constat est alarmant. Comme vous pouvez le voir, le pont est quasiment rempli. Nous allons donc prendre les précautions nécessaires pour le curer. Ce sera une solution provisoire, car ce travail ne peut être réalisé convenablement qu’en saison sèche, pour nettoyer tout le lit de la rivière. Dans l’immédiat, nous allons intervenir en urgence sous le pont, sur la partie visible qui bloque réellement le passage des eaux. Nous reviendrons ensuite sur le reste. Nous continuons également la sensibilisation de la population, car nous avons vu des personnes âgées et dans quelles conditions elles se trouvaient. Nous ferons donc le nécessaire, selon nos moyens, pour curer davantage les ponts qui séparent les deux quartiers. »
Selon le maire, l’une des principales causes de cette inondation est le manque de civisme de certains riverains, qui déversent régulièrement des ordures et divers déchets dans le lit de la rivière. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des habitants afin de mettre fin aux mauvaises pratiques qui aggravent les risques d’inondation.
Au-delà des travaux d’assainissement, le maire a également évoqué une vision à long terme pour la valorisation du bas-fond traversé par la rivière Tilé. Il estime que cet espace pourrait être transformé en zone de riziculture et de maraîchage, une initiative qui permettrait à la fois de réduire les dépôts sauvages de déchets et de créer des opportunités économiques pour les riverains.

« Dans un second temps, la valorisation de tout le bas-fond qui nous entoure représente un vrai potentiel. On peut y faire de la riziculture, on peut aussi faire du maraîchage, et c’est important. Mais il faut aussi des personnes intéressées, qui peuvent nous accompagner, car cette pratique permettrait de réduire le taux de déchets dans le lit de la rivière. C’est envisageable, c’est quelque chose qui peut être fait. Nous allons donc chercher des ONG, des personnes compétentes en agriculture, qui peuvent nous aider : c’est une solution naturelle et avantageuse. Donc, au lieu de demander simplement de l’aide pour curer, il faut que ce curage soit fait de façon à être rentable. C’est ce que nous allons essayer de mettre en place, mais pas pendant la saison des pluies. C’est à ce moment-là que nous trouverons vraiment la superficie nécessaire pour l’exploitation, tout le long du lit, avec une culture. Je pense que c’est une solution qui peut être vraiment pérenne et rentable pour la communauté. »
En attendant la mise en œuvre de ces projets, la mairie entend poursuivre les opérations d’urgence sur les ponts reliant les quartiers affectés afin de prévenir de nouvelles inondations durant cette saison des pluies. Les habitants, durement touchés par cette montée des eaux, espèrent désormais que les engagements annoncés seront rapidement concrétisés pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.
Depuis N’zérékoré, Thierno Amadou Diallo corespondant régional

















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