Leguideinfo.net : Près de 50 morts sur un même site, pour la même raison. Il y a neuf ans jour pour jour, la décharge de Dar-Es-Salam cédait déjà sur des habitations à Conakry. C’était le 22 août 2017, un drame qui avait fait 11 victimes. Neuf ans plus tard, à la date et au lieu près, l’histoire se répète en pire. Le bilan, encore provisoire, fait état de 30 morts, 6 blessés graves et 16 blessés légers, selon les chiffres communiqués par le gouvernement. La consternation est à son comble.



Le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale a exigé de l’exécutif une réponse ferme. « Il faut utiliser la force publique », a martelé l’honorable Alhoussainy Makénéra Kaké.

« La population doit d’abord accepter de collaborer, et je m’adresse aussi au gouvernement. Il y a des moments où l’État doit utiliser la force publique pour faire respecter l’ordre, faute de quoi les décisions resteront lettre morte. Nous lançons un appel à toute la Guinée, en particulier aux habitants des zones à risque, pour qu’ils acceptent de quitter ces lieux. Mais il revient aussi au gouvernement d’utiliser la force publique pour faire appliquer cette décision qui sauvera des vies », a déclaré le président du groupe parlementaire GMD.

La société civile monte au créneau
La société civile guinéenne abonde dans le même sens et somme l’État de prendre ses responsabilités dans la protection des citoyens. Le président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne alerte sur l’existence d’autres sites à haut risque et demande à l’État d’user de ses prérogatives de puissance publique.

« Il faut déloger toutes les zones qui présentent des risques d’éboulement, afin de protéger la vie des citoyens. C’est une obligation de l’État. Si nous continuons d’agir ainsi, l’État est en train de faillir à l’une de ses responsabilités premières : protéger la vie et les biens des citoyens. La société civile est disposée à l’accompagner par tous les moyens, en matière de sensibilisation comme de secours aux victimes. Mais attention : ce sont des vies humaines que nous sommes en train de perdre. Quelle action peut rendre une vie perdue ? Aucune élection ne le peut. D’autres zones à risque sont déjà connues de l’ANGUCH [Agence nationale de gestion des déchets], la cartographie existe. Qu’attend l’État pour y déployer militaires et agents de sécurité, pour déloger ceux qui y sont installés ? C’est cela, la solution. Il est difficile d’en parler davantage aujourd’hui, tant nos concitoyens sont endeuillés. Nous n’avons plus de mots. Que Dieu nous préserve de tels drames à l’avenir — mais il faut que l’État se mobilise », a déclaré Ange Gabriel Haba.

Mamadou Oury Bah, président de l’ONG Un même droit pour les enfants, demande la décrétation d’un deuil national en mémoire des victimes. « Ce drame a touché plusieurs enfants. On ne peut pas rester en pleine capitale et laisser cela passer inaperçu. Nous demandons que demain soit déclaré journée de deuil national. En tant qu’acteurs de la société civile, nous resterons vigilants quant aux mesures appliquées sur le terrain. »
Mamoudou Boulléré Diallo, pour Leguideinfo.net
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