Leguideinfo.net : Mercredi 30 septembre 2026, à Conakry, il y avait des familles, des amis, des invités de marque, des sourires et beaucoup de fierté. Global Business Marketing (GBM) a remis leurs attestations de fin de formation professionnelle aux apprenants de sa 8ᵉ édition. Pour eux, ce papier n’est pas une fin. C’est le point de départ d’une activité qui peut faire vivre.



Un sociologue qui a choisi le concret
À l’origine de GBM, un parcours singulier. Ibrahima Sarifou Bah, PDG du groupe, est sociologue de formation. Sur les bancs de l’université, il comprend vite que la théorie ne suffit pas pour réussir. Il se forme alors à des métiers concrets, part valider son master au Canada, puis rentre en Guinée. Servir son pays plutôt que s’installer ailleurs : un choix qu’il assume pleinement.
« Je suis de ceux qui ont compris, avec leur vie, qu’il fallait apprendre des choses pratiques : la cuisine, la pâtisserie, la saponification. […] Même si je suis sociologue, j’ai appris des compétences pratiques et j’ai voulu les transmettre à d’autres pour leur permettre de gagner leur vie, car j’ai compris que le besoin était énorme », explique-t-il.
Sa vision tient en deux temps : former d’abord des Guinéens capables d’aider le pays dans la restauration collective, puis aller plus loin. « Notre objectif est de former des gens capables de traiter d’égal à égal avec n’importe qui sur la planète, des gens qui peuvent démontrer leurs compétences partout dans le monde. » Aujourd’hui implanté uniquement à Conakry, GBM entend essaimer dans toute la sous-région.
À ses apprenants, il laisse une devise : « La culture de l’excellence, la compétence à la place du hasard, là où la passion rencontre la profession. C’est ici que commence l’avenir. »
Plus de 2 000 Guinéens formés en cinq ans
Le tableau des statistiques présenté pendant la cérémonie a marqué les esprits : plus de 2 000 Guinéens formés en cinq ans, en hôtellerie, restauration professionnelle, tourisme, cuisine, pâtisserie, boulangerie, saponification, cosmétique, agroalimentaire, entre autres. Un chiffre a aussi retenu l’attention de la salle : seulement 10 % d’hommes parmi les apprenants.
« Merci d’avoir compris qu’il faut donner des outils »
Porte-parole des récipiendaires, Nagnouma Condé a pris la parole au nom de toute la promotion. Son discours a touché l’assistance.
« Merci pour votre engagement en faveur de la jeunesse guinéenne, et surtout merci d’avoir compris qu’au-delà des discours sur l’emploi des jeunes, il faut leur donner les outils, les compétences et les savoir-faire qui leur permettront de construire leur propre avenir », a-t-elle déclaré.
Cette formation, dit-elle, a été bien plus qu’un moment d’apprentissage : « À travers la cuisine, la boulangerie, la pâtisserie, la saponification et les cosmétiques, nous avons appris des métiers qui peuvent devenir de véritables activités génératrices de revenus. Avec de la volonté, de la discipline et un accompagnement approprié, un jeune peut passer du statut de demandeur d’emploi à celui de créateur d’activité, et pourquoi pas créateur d’emplois. »

Elle a remercié les formateurs : Mme Idrissa Diallo, spécialiste de la cuisine, pour son savoir-faire, sa patience et sa disponibilité ; Amadou Bah, responsable des programmes et formateur en boulangerie, saponification et cosmétique ; Abdoulaye Diallo, formateur en pâtisserie, pour son engagement.
Puis elle s’est tournée vers ses camarades : « N’attendons pas toujours que quelqu’un vienne créer un emploi pour nous. Apprenons aussi à créer notre propre avenir. On ne construit pas l’avenir d’une jeunesse uniquement avec des promesses d’emploi, mais en lui donnant les compétences nécessaires. » Elle a conclu en souhaitant « une Guinée où chaque jeune peut apprendre, entreprendre et réussir ».
Le député : « On n’échoue jamais quand on veut nourrir les gens »
Éducateur, homme politique et député à l’Assemblée nationale, Honorable Dr Faya Lansana Millimouno a salué l’initiative. Frappé par le faible nombre d’hommes dans les promotions, il a lancé un défi : « J’ai vu qu’il y a 10 % d’hommes qui suivent la formation de ce centre. J’aimerais en avoir au moins 50 % la prochaine fois. »
Pour lui, cuisinier est un métier noble, et il espère voir de plus en plus de bacheliers s’y engager directement. Il en veut pour preuve le parcours du promoteur : « Il a commencé par la sociologie et il est aujourd’hui chef d’entreprise dans la cuisine. C’est un domaine prometteur. J’ai vécu une partie de ma vie aux États-Unis, c’est un métier extrêmement important. »

Il a repris à son compte une phrase du promoteur : « On n’échoue jamais quand on veut nourrir les gens. Je n’ai jamais entendu parler d’une entreprise de restauration qui ait fait faillite. Chacun de nous aime manger. » Avant de rappeler l’exigence du métier, l’hygiène : « Intentionnellement ou non, vous pouvez contaminer vos propres clients, vos propres enfants. »
Iva le Roi et Gawa Compétent : de l’humour et de la franchise
Parmi les invités, deux créateurs de contenu connus du public guinéen. Iva le Roi a confié avoir beaucoup appris en écoutant le PDG raconter son parcours, qu’il compare à un cours de développement personnel. Avec son humour habituel, il a plaisanté : « À partir de là, je sais comment me comporter quand madame cuisine à la maison. »
Gawa Compétent a livré un témoignage à la fois drôle et lucide. Il a fait la même formation universitaire qu’Ibrahima Sarifou Bah : même filière, même 13ème promotion de sociologie. « Chacun a pris sa propre clé pour conduire son avenir », dit-il. Et il tire la leçon sans détour : « On nous a dit que tout est sociologie, mais je n’ai pas pu conduire ma vie avec la sociologie. C’est la théorie, il faut toujours la combiner avec la pratique. » Aux diplômés, il recommande de s’exercer sans cesse : « Si tu n’appliques pas ce que tu as appris, tu oublies. Si tu me demandes aujourd’hui ce qu’est un fait social, je te dirai que je ne sais pas. »
Une clé pour l’avenir

Certains ont fait de longues routes pour l’occasion. Dr Saïfoulaye Bah est venu de Boké, à 300 km de Conakry, et Thierno Mamadou Saliou Diallo de Labé, au Fouta Djallon. Le premier a eu des mots simples pour les diplômés : « Aujourd’hui, vous ne recevez pas seulement un simple papier. On vous remet une clé qui vous ouvre l’avenir professionnel. Je tiens à vous féliciter et à vous encourager à être vraiment professionnels », s’exprime le Dr Saifoulaye Bah.
Cette 8ème cérémonie résume ce que GBM défend depuis cinq ans : former d’abord, entreprendre ensuite, et faire de la compétence le meilleur levier d’avenir pour la jeunesse guinéenne. La clé est remise. Reste à chacun à choisir la porte.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
Contact : +224 620 48 07 07














