Leguideinfo.net : Devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, le ministre congolais des Droits humains alerte l’Union africaine et réclame des sanctions contre le président rwandais et l’ancien président Joseph Kabila.

Lors de la 89ᵉ session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), qui se tient à Dakar, le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, a alerté sur les risques de nouvelles violations des droits humains dans l’Est de la République démocratique du Congo. Il évoque ce danger après l’entrée en fonction de Joseph Kabila Kabange à la tête du mouvement politico-militaire Front pour la Refondation de la Nation (FRN).
Dans son intervention, le ministre accuse le président rwandais Paul Kagame et l’ancien président de la RDC Joseph Kabila Kabange de préparer de nouvelles victimes. Il appelle à des sanctions coercitives contre eux.

« J’alerte l’Union africaine »
« Monsieur le Président, je vous remercie d’avoir évoqué la situation des droits humains à l’Est de la RDC dans votre déclaration de ce jour. Je profite de cette tribune pour alerter l’Union africaine sur l’intention du Rwanda et de ses supplétifs de l’AFC/M23 d’accentuer bientôt les violences à l’Est de mon pays. Cela a été annoncé par l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, dans son discours du 9 octobre dernier.
Ce discours n’a dit aucun mot sur l’agression rwandaise, qui est pourtant la cause principale des problèmes économiques et des violations massives et répétées des droits de l’homme en RDC. Il n’a rien dit non plus des massacres, des viols et de l’utilisation des enfants à des fins économiques ou militaires, ni des pillages des minerais de la RDC », a déclaré le ministre.
Il a ajouté : « Ce discours est, tant dans sa lettre que dans son esprit, un appel à la violence et une annonce de l’escalade des violences, dont seront davantage victimes les populations civiles, en particulier les femmes, les enfants et les personnes âgées. »

Les sanctions américaines rappelées
« Il y a lieu de rappeler que Monsieur Joseph Kabila a été identifié comme l’un des acteurs majeurs des violences à l’Est de la RDC, notamment par les services de renseignement américains. En effet, les États-Unis lui ont imposé des sanctions le 30 avril 2026 pour les motifs suivants :
- soutien financier et logistique au M23 et à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), contribuant à la déstabilisation de l’Est de la RDC ;
- désertions militaires : Washington lui reproche d’encourager des membres des Forces armées de la RDC (FARDC) à déserter pour rejoindre la rébellion ;
- inaction et ingérence politique : les États-Unis lui reprochent également de chercher à déstabiliser le pouvoir en place à Kinshasa », a martelé le ministre.
Il a rappelé que « le discours précité de Joseph Kabila confirme urbi et orbi son entreprise criminelle, pour laquelle il a été condamné par la Haute Cour militaire le 30 septembre 2025, et plus tard sanctionné par les États-Unis ».
« J’en appelle donc à l’Union africaine, à travers la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, à une mobilisation accrue pour la promotion et la protection des droits de l’homme à l’Est de la RDC », a conclu Me Samuel Mbemba Kabuya.

L’Union africaine face à ses responsabilités
Par cette alerte lancée devant la CADHP, le ministre place l’Union africaine devant ses responsabilités : agir pour prévenir une nouvelle escalade, protéger les populations civiles et faire en sorte que les violations commises dans l’Est de la RDC ne restent pas sans réponse.
Depuis Kinshasa, RDC
Sadi Saidi Erick, pour leguideinfo.net
















