Leguideinfo.net : Pendant quatre jours, la mission de la CEDEAO en Gambie (ECOMIG) et les Forces de défense et de sécurité gambiennes (GDSF) ont fait de la lutte contre le cancer du sein une affaire de rue et de caserne.

Du lundi 19 au jeudi 22 octobre 2026, la capitale gambienne a vu défiler des treillis, des uniformes et des tenues roses. À l’occasion d’Octobre Rose, l’ECOMIG et les GDSF ont lancé une campagne de sensibilisation d’une semaine. L’ouverture s’est faite à pied, par une marche à travers les principales rues de l’agglomération de Banjul. Pour parler d’une maladie qu’on murmure encore trop souvent, ils ont choisi de marcher au grand jour.
La marche a débouché sur la cérémonie officielle de lancement, à l’École d’infirmières et de sages-femmes de Gambie. Dignitaires et participants de la Mission permanente de la CEDEAO, de l’ECOMIG et des GDSF y étaient réunis. Le commandant de la Force ECOMIG, le colonel Aliou Tine, a prononcé le mot de bienvenue.

L’invitée d’honneur, l’Inspectrice générale adjointe de la police, Amie Nyassi, a ensuite ouvert la cérémonie. Elle a rappelé que le cancer du sein reste un problème de santé majeur, qui touche des millions de personnes dans le monde. Détecté tôt et soigné correctement, il se guérit bien plus souvent. Elle a appelé chacun à s’unir contre la maladie.
Ce message dépasse largement la Gambie. Selon l’OMS, seuls 5 des 47 pays de la région africaine ont mis en place des programmes organisés de dépistage du cancer du sein, et les décès dus au cancer pourraient augmenter de plus de 70 % d’ici 2040 sans action urgente. Le drame tient souvent au retard : on estime que plus de 80 % des femmes d’Afrique subsaharienne arrivent dans une structure de santé à un stade très avancé. L’ignorance, les tabous et la peur s’ajoutent à l’éloignement des centres de soins. (Afrique: Près de 135.000 femmes pourraient mourir du cancer du sein d’ici 2040 (OMS).

En Gambie même, un responsable du programme national de lutte contre le cancer a indiqué que le cancer du sein est le deuxième cancer le plus fréquent chez les femmes, et que jusqu’à 71 % des cas sont diagnostiqués avant 50 ans. Les femmes les plus jeunes sont donc concernées, et pas seulement leurs aînées. (thepoint)
Que des soldats et des policiers portent ce combat n’a rien d’anodin. Lors d’une édition précédente, une responsable de l’ECOMIG avait résumé l’idée : la paix, ce n’est pas seulement l’absence de conflit, c’est aussi la dignité et l’accès à la santé pour tous. En sortant des casernes pour aller vers les rues et les écoles de santé, la CEDEAO et ses partenaires gambiens rappellent que la sécurité d’un pays se joue aussi dans un cabinet de dépistage. (gambiana)
Le message final tient en peu de mots : se faire examiner, parler, ne pas attendre. Pour beaucoup de femmes, tout se joue dans ce délai.
Sources : ONU Info / OMS, AllAfrica, Allodocteurs, The Point (Gambie), Gambiana

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