Leguideinfo.net : Plus d’une centaine de questions, une soirée de réponses. La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget a répondu aux députés sur le volet recettes de la loi de finances rectificative 2026, en annonçant un meilleur contrôle des avantages fiscaux et un renforcement des moyens de la douane.

Des journées entières, et souvent des nuits, passées sur les comptes de la nation. C’est par ces mots que Mariama Ciré Sylla a ouvert sa réponse aux députés, ce samedi 31 octobre 2026, à l’Assemblée nationale. Depuis le 26 octobre, les commissions ont épluché le volet recettes de la loi de finances rectificative (LFR) 2026. La ministre a salué la qualité des analyses et le caractère concret des questions, y voyant « une volonté sincère de contribuer aux solutions ».
Elle a ajouté qu’une grande nation ne se construit pas seulement par la force de ses ambitions, mais aussi par la solidité de ses institutions.
« Un moyen, pas une fin »
Sur le fond, le message tient en une idée : collecter plus de recettes n’est pas un but en soi. C’est un moyen de renforcer la souveraineté budgétaire du pays. Pour la ministre, la réussite ne se mesurera pas seulement à la hausse des recettes, mais à la qualité des investissements qu’elles financent : routes praticables, eau, électricité, emplois pour les jeunes et, surtout, pouvoir d’achat des Guinéens.
Exonérations : une revue pour remettre de l’ordre
Plusieurs députés s’inquiétaient des dépenses fiscales, c’est-à-dire des avantages accordés aux entreprises. La ministre assure que le gouvernement a pris leurs observations au sérieux. Une revue touchant une quinzaine de ministères est en cours pour clarifier le fondement juridique des recettes. Des arrêtés d’harmonisation sont en préparation, pour les rendre « plus transparentes, plus simples » et mieux mobilisées au bénéfice de la nation.
Le secteur minier est le plus concerné. Les avantages accordés aux investisseurs doivent répondre à un objectif économique clairement identifié et respecter les dispositions légales. La revue des dépenses fiscales est finalisée, et des mesures concrètes suivront après les concertations nécessaires. La Guinée doit rester attractive, a-t-elle dit, mais ceux qui bénéficient du pays doivent aussi contribuer à son financement.
Mines : mieux contrôler ce qui sort du pays
La ministre dit partager l’exigence des députés sur la qualité et les volumes de minerai exportés, ainsi que sur l’application rigoureuse des mécanismes de valorisation. La douane a déjà reçu du matériel de contrôle, selon elle, et d’autres équipements sont prévus. Elle veut que l’exploitation des ressources naturelles rapporte à l’État à la hauteur de leur valeur. Elle ajoute que la Guinée doit tirer les leçons des anciennes conventions pour mieux négocier les prochaines.
Projets financés de l’extérieur : le goulot du décaissement
Autre point soulevé : le faible décaissement des projets financés sur ressources extérieures. La ministre l’attribue à des études de préparation insuffisantes et à des conditions préalables que les départements peinent à lever. Elle dit avoir mis en place des mesures pour accélérer les choses.
Pouvoir d’achat, entreprises et paiements
La LFR prévoit des provisions pour stabiliser les prix et protéger les populations, soutenir la production locale et préserver la trésorerie des entreprises. À titre de rappel, lors de la présentation du texte, le gouvernement a évoqué un effort budgétaire de 5 489,7 milliards GNF pour maintenir le litre de carburant à 12 000 GNF. Au 15 octobre, les recettes mobilisées atteignaient 44 225,37 milliards GNF, soit 85 % des prévisions annuelles.
Pour accélérer les paiements, la plateforme digitale de passation des marchés est « en plein dans son opérationnalisation ». Le suivi numérique des factures doit permettre au Trésor de savoir, à chaque instant, où en est un dossier depuis son dépôt.
Électricité : une question sur l’interconnexion
Interpellée sur les échanges d’électricité avec les pays voisins, la ministre a répondu que les accords d’interconnexion avaient été bien négociés et que les revenus servent majoritairement à l’entretien des centrales. Elle précise que les pays qui souscrits cet achat paient bien.
Une « même boussole »
En conclusion, la ministre a appelé à la collaboration entre le gouvernement et les députés, qui partagent selon elle « une seule et même boussole : l’intérêt supérieur de la Guinée ». Elle y voit le début d’une nouvelle étape dans leur travail commun. L’examen du projet se poursuit jusqu’au 7 novembre, selon le calendrier présenté par la commission des Finances.
Depuis l’hémicycle du palais du peuple, Mamoudou Boulléré Diallo pour leguideinfo.net
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