Leguideinfo.net : L’ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Mandian Sidibé, est revenu ce vendredi 30 octobre 2026 devant la chambre de jugement de la CRIEF. Salaire, primes, recrutements, rapport de l’Inspection : pendant des heures, il a répondu aux questions de la Cour, du parquet spécial et de la partie civile, en rejetant les accusations qui pèsent sur lui.

Il est poursuivi, avec Pépé Haba et le comptable Aboubacar Sidiki Konaté, pour détournement de deniers publics, abus de fonction, corruption, atteinte à l’égalité d’accès aux marchés publics, octroi d’avantages injustifiés, concussion et complicité. L’État évalue le préjudice à près de 78 milliards GNF.
« Ce chiffre est inventé »
Mandian Sidibé balaie ce montant. Selon lui, aucune pièce ne le justifie. Il affirme qu’après le passage de l’Inspection, seuls 22 milliards GNF restaient à justifier. Il conteste aussi le rapport de l’Inspection générale d’État, qu’il juge non contradictoire : il dit n’avoir jamais rencontré la mission ni reçu de pièces. « Nous sommes victimes d’un acharnement », a-t-il lancé.
Du salaire de 75 à 95 millions GNF
Sur sa rémunération, l’ancien DG a livré des chiffres précis. Il dit avoir d’abord perçu 75 millions GNF, avant que le conseil d’administration ne relève son salaire à 95 millions. S’y ajoutaient 30 millions de prime de carburant par mois et 180 millions de primes annuelles de logement. Le directeur général adjoint, rapporte GuiStat, était payé 45 millions, puis 60 après une décision du conseil.
Autre révélation : à son arrivée en 2022, il dit avoir reçu 100 millions GNF de la direction administrative et financière, au titre de primes de « fonds de caisse ». Il affirme les avoir remboursés et mis fin à la pratique, alors que le président du conseil d’administration aurait simplement ramené les primes de ses membres à 50 millions.
À sa prise de fonction, l’OGP comptait 130 agents. Il justifie les embauches par un personnel vieillissant, un manque d’effectifs sur le terrain et l’objectif de réduire le chômage et d’augmenter le chiffre d’affaires. Il reconnaît pourtant être « tombé dans un piège » : plusieurs recrutements lui auraient été imposés, y compris par le président du conseil d’administration, qui les interdisait en public. GuiStat rapporte qu’il met aussi en cause le conseiller personnel du chef de l’État, Thierno Mamadou. Il ajoute qu’il n’existait aucun manuel de procédures.
2 milliards GNF pour des affiches
L’ancien DG a aussi évoqué le coût des affiches de la visite du président rwandais Paul Kagamé et de l’inauguration du pont de Kagbélen : plus de 2 milliards GNF, selon lui.
Limogé par décret le 14 décembre 2024 après 36 mois à la tête de l’OGP, il avait été placé sous mandat de dépôt fin décembre 2024. La CRIEF lui a accordé une liberté conditionnelle en juin 2026, pour des raisons de santé. L’affaire est renvoyée au 2 décembre 2026.
Ces déclarations sont celles du prévenu à l’audience. Le procès se poursuit et la CRIEF ne s’est pas encore prononcée.
Sources : Mondialinfo.net ; GuiStat.com ; Courrier Régional ; Guinéenews.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net















