Leguideinfo.net : le space de 05 de Mariam Tendou Kamara du 05 dernier vaut le détour chez. Le thème portant sur « Journalisme en Afrique : entre faits et opinions, quelle est la ligne rouge », est assez évocateur. Il a réuni un cocktail des professionnels dans le domaine du journalisme. Dix au total pour parler de la ligne rouge à ne pas franchir dans la pratique journalistique.
Le point commun a été le manque d’intérêt pour la formation. Facély Konaté, journaliste au Groupe Hadafo-Média, s’est d’ailleurs attarder sur la question. Il regrette que « des journalistes se laissent beaucoup plus emportés par des faits cognitifs. » Il déplore le manque de formation dans les rédactions. « La formation continue c’est le cadet des soucis, en tout cas en Guinée. Dans les entreprises de presse, il n’y a pas de session de renforcement des capacité et la Haute Autorité de la Communication ne joue pas son rôle », mentionne le journaliste du mois chez IJNet.org, qui pointe aussi du doigt le modèle économique en Guinée. « Il faut éviter la généralisation… Il faut rester neutre. Le journaliste n’est pas un juge, son rôle c’est de présenter les faits et point », conseille-t-il.
La doyenne Dominique Tchimbakala de TV5 Monde part de son expérience pour définir le journalisme.
« Ma philosophie du journalisme est celle-ci : comprendre et rendre compte, sans juger ni militer. Mon sujet c’est de comprendre ce qu’il s’est passé, de décrypter ou faire décrypter l’actualité, pour que chacun puisse se faire sa propre opinion. Les journalistes ne sont pas des maîtres à penser », Dominique Tchimbakala.

Kossi Balao, parle de la ligne rouge :

« Pour moi la ligne rouge, c’est juste d’être honnête et responsable. En fait, lorsque vous exprimez une opinion, dites que c’est une cliente. Ce n’est pas parce que ce n’est pas une opinion qui est motivée par de l’argent qui est motivé par les intérêts qui est motivé par X ou Y m’a remis de l’argent. Mais c’est une opinion qui est basée sur les faits. Enfin, les gens expriment des opinions qui n’en sont pas des opinions parce que simplement ils ont été payés pour incliner cette réunion-là. Mais il doit avoir le courage dans les débats de dire que ceci vient de ceci… Vous voyez des journalistes ou ceux qui écrivent ce qu’ils disent. Je n’ai pas de conflit d’intérêt avec ceci. Pour cela. Aujourd’hui même il y a des médias qui demandent aux journalistes votre opinion. Ce n’est pas l’opinion qui a été financée mais c’est votre opinion personnelle. C’est quoi l’opinion? Pour avoir le client, il faut d’abord qu’il y ait le fait de cours l’extérieur et le fait peut donner lieu à des opinions diverses au pluriel mais sans l’effet. De quel opinion parlez-vous? Qu’est-ce qu’on fait le fait de présenter l’information? Le fait vous présente les idées, mais quand on parle d’opinion c’est donner le cours d’aujourd’hui, c’est quoi? C’est la vie, c’est la conviction, c’est la façon de penser, c’est l’impression, c’est le jugement et c’est le sentiment. J’ai le sentiment que j’ai l’impression que ça, c’est ça qu’on appelle l’opinion et même quand on parle d’opinion, j’aurai aimé en fait qu’on prenne le temps même d’expliquer aux gens aussi que il faut faire la différence que vous appelez l’opinion et l’hypothèse parce que les deux se rejoignent un peu quand on parle d’opinion. Hypothèse c’est quoi le côté actuel ? Vous avez le président? », explique le directeur du forum francophone du Centre International des Journalistes (ICFJ) sur les reportages de crises, Kossi Balao.
« Je ne crois pas l’objectivité mais je crois en l’impartialité et ça je pense qu’il n’y a pas de révolution collective elle est individuelle tout comme le salut donc on doit chacun avoir ce cas de confiance. Savoir ce qu’on dise qu’on fait c’est juste c’est normal et surtout penser en priorité à nos populations et pas seulement faire plaisir à votre patron à notre rédacteur au chef ou à qui sèche voire même un chef d’État », Fatim DJÉDJÉ, journaliste présentatrice à la RTI Côte d’Ivoire.

« Le journalisme, c’est quelque part, la matérialisation de la liberté d’expression. Le journalisme d’opinion est donc une grande composante du journalisme.” « Aujourd’hui, c’est difficile pour le public de faire la différence entre les faits et les opinions, parce que dans le travail du journaliste au quotidien, nous faisons l’amalgame. Quand on passe plus de temps à commenter l’actualité, que de dire l’actualité, c’est un grand problème»,Samba Dialimpa BADJI.

Diara Ndiaye, journaliste à Radio France Internationale (RFI), a été également généreuse en contribution, la journaliste a laissé un long message pour éclairer l’opinion sur ce qu’elle pense du métier et de sa pratique. « En tant que journaliste, je crois fermement que la ligne rouge entre faits et opinions doit être tracée avec précision pour préserver la crédibilité de notre métier, en Afrique, où les médias jouent un rôle crucial dans l’évolution sociopolitique et économique. Le fait est sacré. Il doit être vérifié et documenté avec rigueur sans biais ni manipulation. L’opinion quant à elle, appartient au journaliste ou l’analyste de mais elle ne doit jamais se substituer aux faits », rappelle-t-elle.

Cette rencontre a été motivée par un constat au gout amère de l’initiatrice Mariam Tendou Kamara. Elle dénonce un manque de responsabilité et de formation dans la presse. Mieux, elle cite le cas d’un confrère qui aurait agi dans le sensationnel pour exploiter les propos d’une de ses invitées sans citer nommément le journaliste en question. Ce qui est sûr, c’est que selon plusieurs intervenants la formation doit être une priorité dans les salles de rédaction.
Le débat est si riche qu’on ne peut tout dire ici https://x.com/i/spaces/1OyJAZkNbbexb. On vous laisse écouter l’espace à travers ce lien pour suivre l’intégralité.
Mamoudou Boulléré Diallo
















