Leguideinfo.net : À l’occasion de l’atelier de vulgarisation du nouveau cadre normatif des élections, organisé par la Direction Générale des Élections (DGE), Amadou Touré, Président de la Commission Éthique, Déontologie et des Mœurs à la Haute Autorité de la Communication (HAC), a fait une annonce capitale. Interrogé par notre reporter, M. Touré a confirmé que la Convention Collective de la presse privée est prête, une avancée qu’il considère essentielle pour garantir des conditions de travail décentes et renforcer l’éthique professionnelle en période électorale.
Des conditions économiques pour stopper le « Gombo »

Amadou Touré a lié directement la précarité financière à la tentation de la corruption, soulignant que le droit à la dignité salariale est un rempart contre les dérives éthiques : « Vous avez droit à des conditions économiques décentes. C’est ce qui évite les histoires de mendicité, de ‘gombo’ [pots-de-vin] et toutes les dérives que nous connaissons. C’est un droit du journaliste », car un professionnel doit avoir un statut particulier.
L’annonce forte : la convention collective est fin prête
Le Président de la Commission Éthique a ensuite rassuré sur l’état d’avancement des négociations dans le secteur privé, annonçant la finalisation imminente du document.
« La convention collective est fin prête. Tout le travail est fini ; il ne reste que des petits réglages au niveau du Ministère du Travail pour que les associations de presse, le patronat et syndical puissent venir signer. », informe M. Touré qui a également précisé que, du côté de la presse publique, « normalement, on a droit à un statut particulier ».
Le but de cette formalisation est d’assurer que : « Le journaliste ne tende pas la main et que l’information qu’il donne ne soit ni biaisée, ni manipulée, ni le reflet de la parole de celui qui aura donné plus. »

Déontologie : être un Producteur d’Information
Au-delà des questions financières, M. Touré a insisté sur l’accès aux sources d’information, critiquant une certaine paresse professionnelle qu’il qualifie de plagiat. Amadou Touré, journaliste, commissaire à HAC, qui a aussi dispensé des cours de journalisme, est amère contre les journalistes copier-coller.
« Un journaliste sans source d’information n’est pas un journaliste, parce qu’il ne fera que du plagiat, que copier-coller ce que les autres ont fait. Vous avez droit d’avoir accès aux sources d’informations. Cet accès vous permet aussi d’exercer pleinement vos droits, y compris celui d’exprimer vos opinions, si vous êtes employés comme éditorialistes, chroniqueurs ou commentateurs. »
Carte de presse et protection des sources
En conclusion, le commissaire a rappelé d’autres droits essentiels garants de la liberté d’informer notamment la carte de presse. M. Touré est revenu sur la gratuité de cette pièce maitresse, instituée après avoir constaté que les journalistes refusaient de payer les 100 000 GNF requis.
« Nous avons décidé de la donner gratuitement au journaliste, car c’est un droit. »
Il y’a également la protection des sources, poursuit-il : « La loi dit que vous avez le droit de garder votre source d’information. C’est seulement quand l’affaire s’envenime, que le Procureur peut vous la demander. Les sources d’information, ce sont les munitions du journaliste ! »
Amadou Touré (HAC) : « Je le répète, un journaliste, ce sont ses sources d’informations. On ne peut pas être partout, mais si on a des bonnes connexions avec les institutions, avec les partenaires, avec les citoyens, là on est un bon journaliste. Ça, c’est important », a conclu le Commissaire Touré.
Propos recueillis par Mamoudou Boulléré DIALLO, pour leguideinfo.net
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