Leguideinfo.net : Longtemps critiquée sur la gestion des indemnités des agents électoraux, la Direction Générale des Élections (DGE) brise le silence. Lors d’une conférence de presse tenue à Kindia, la Directrice Générale, Djénabou Touré, a expliqué les blocages liés au passage au paiement digital et a annoncé des mesures de sensibilisation pour les prochaines échéances.
Le casse-tête de l’identification : « Ils n’ont pas de pièces d’identité »

Le principal obstacle au paiement rapide des prestations réside dans l’identification des bénéficiaires. Avec la digitalisation du système, la possession d’une pièce d’identité officielle est devenue une condition sine qua non, ce qui pose problème sur le terrain.
« Beaucoup, n’ont pas de pièces d’identité. Nous avons dû revoir nos conventions avec les agences de paiement car même certains enseignants qui nous assistent dans les bureaux de vote ne possèdent pas de carte d’identité », a déploré Djénabou Touré.
Pour pallier cette difficulté, la DGE a dû assouplir ses règles en acceptant, en plus de la carte d’électeur, les actes de naissance pour valider les transactions.
Les échecs du paiement digital : un problème de cohérence des données
Le passage des « sacs d’argent » distribués manuellement au paiement mobile (Mobile Money) ne s’est pas fait sans heurts. La Directrice souligne que de nombreux échecs de paiement sont dus à des erreurs d’identification entre le titulaire du numéro de téléphone et l’agent ayant réellement travaillé.
« Si le numéro est au nom de Mamadouba Keita mais que, dans le système, il est relié à Mamadou Cellou, l’agence ne peut pas payer. L’identifiant doit accompagner le numéro. De même, certains donnent le numéro de leur femme ou de leur enfant, mais ce n’est pas eux qui ont travaillé. Cela crée des blocages automatiques dans le système bancaire. »
Vers une solution durable : sensibilisation et identifiant unique
Sur les 123 000 agents déployés lors des derniers scrutins, environ « 5 000 » ont pu passer entre les mailles des filets. Les difficultés de paiement à cause de numéros erronés ou de remplacements non signalés.

« Sur 123 000 personnes il y a au moins 5 000 qui ont pu passer par les mailles des filets parce qu’ils ont donné des pièces d’identité où ils ont donné des numéros erronés où ils se sont fait remplacer lorsqu’ils ont compris qu’il fallait faire ».
Pour l’avenir, la DGE mise sur deux leviers :
- La Sensibilisation : Une campagne sera menée pour exiger que chaque agent possède un numéro de téléphone enregistré à son propre nom.
- Le Registre National : À terme, le projet de registre national des personnes physiques avec un identifiant unique permettra de lier automatiquement le numéro de téléphone à l’assurance, à la paie et à l’identité civile.
En attendant cette réforme globale, Djénabou Touré prévient : la rigueur sera de mise. « La solution, c’est la sensibilisation», annonce la patronne de la GDE. Cette fois-ci, si vous n’avez pas de pièces ou de numéro conformes, vous ne serez pas retenus.
Propos recueillis par Mamoudou Boulléré Diallo pour LeGuideInfo.net
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