Leguideinfo.net : Parmi les innovations majeures du nouveau gouvernement Bah Oury, la naissance du ministère de la Femme, de la Famille et des Solidarités suscite autant d’espoir que d’interrogations. Si le décret du 26 janvier 2026 consacre une avancée historique pour le capital humain, une question demeure : comment transformer ce symbole en réussite concrète ? Pour l’enseignant-chercheur Mamoudou Mariam Tounkara, la réponse ne se trouve pas uniquement dans le droit, mais dans la science du terrain. Il plaide pour une alliance stratégique entre la rigueur juridique de la ministre et l’expertise fine des sociologues guinéens.
Analyse :

L’actualité sociopolitique de ce début février 2026, reste cristallisée par le décret présidentiel du 26 janvier dernier nommant 20 des 29 Ministres prévus, après la reconduction du Premier Ministre. Dans la foulée, une innovation structurelle retient particulièrement l’attention : la création d’un Ministère en charge de la Femme, de la Famille et des Solidarités. Loin d’être un simple ajustement sémantique, cette décision marque une innovation dans la structuration gouvernementale de notre pays. En regroupant la condition féminine, la cellule familiale et les mécanismes de solidarité sous une seule bannière, l’exécutif renforce, fort heureusement la dimension sociale au cœur de sa stratégie. Cette création répond également à une exigence de représentativité et de protection des populations vulnérables, plaçant le capital humain au cœur de l’agenda gouvernemental.
Si cette annonce est saluée comme une avancée historique, le défi pour ce nouveau ministère sera désormais de passer du symbole à l’action, en prouvant à travers des actions et stratégies concrètes, la pertinence d’un tel Ministère en vue de sa pérennité dans l’ossature gouvernementale du pays.
La nomination d’une juriste à la tête de ce ministère éminemment social ne manque pas de pertinence. Toutefois, pour que cette mission soit couronnée de succès, une collaboration étroite avec les sociologues est indispensable. À cet égard, tous les sociologues épris de patriotisme se doivent de s’investir à ses côtés. Leur apport sera crucial pour relever le défi de la gestion des affaires sociales, dans un pays où le social est non seulement une dimension dominante, mais également une problématique complexe.
Il est essentiel que l’administration de ce ministère soit solidement pourvue de sociologues, dont les connaissances théoriques et les pratiques de terrain sont spécifiquement orientées vers ce domaine. Ces experts sont prêts à offrir leur expertise, pour peu qu’ils soient sollicités, afin de garantir une direction éclairée et efficace de l’action sociale.
TOUNKARA Mamoudou Mariam, Enseignant-chercheur
En somme, l’ambition de ce nouveau département est immense, mais son efficacité dépendra de sa capacité à « lire » la société guinéenne dans toute sa complexité. En ouvrant les portes de l’administration aux spécialistes du lien social, la nouvelle ministre s’assurerait d’une boussole fiable pour naviguer au cœur des vulnérabilités. Car si la loi encadre la solidarité, c’est la sociologie qui lui donne un visage et un impact durable. L’appel est lancé : les experts sont prêts à servir, reste à savoir s’ils seront sollicités pour bâtir ce socle de la 5ème République.

















Excellent analyse mon cher félicitation à toi