Leguideinfo.net : Conakry, le 15 juin 2025. Le périple de la série de formation commence avec les acteurs de la société civile, puis ça sera avec des universitaires, des hommes et femmes de médias et des cadres du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget que s’est ouverte, ce lundi à Conakry, la première d’une série de sessions de renforcement des capacités organisées par Afro Barometer, en partenariat avec Stat View International, son représentant national en Guinée.



La cérémonie d’ouverture a été présidée par Mme Delphine Ouendeno, Directrice nationale des ONG et mouvements associatifs au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, dont la présence a d’emblée donné le ton : ces formations ne sont pas un simple exercice académique, elles s’inscrivent dans une vision politique clairement assumée d’une gouvernance fondée sur l’écoute des citoyens.

Un réseau panafricain, une mission universelle
Fondé en 1999, Afrobarometer s’est imposé comme l’un des réseaux africains les plus influents en matière de mesure de l’opinion publique. Présent dans 42 pays à travers le continent, il produit des données rigoureuses sur la démocratie, la gouvernance, les services publics, l’inclusion sociale et les conditions de vie des populations africaines des données entièrement accessibles et gratuites.

C’est Dr Aliou Barry, Directeur Général de Stat View International, qui a planté le décor avec clarté et conviction : « Une démocratie moderne ne peut se construire uniquement à partir des perceptions des décideurs. Elle doit intégrer la voix des citoyens, leurs préoccupations, leurs attentes et leurs expériences quotidiennes. »
Il a également souligné un exemple concret de l’utilité de ces données en Guinée : lors de la dernière édition des enquêtes Afrobarometer, les résultats partagés avec le ministère des Finances avaient révélé de nombreuses convergences avec les données internes de la Direction du budget une validation croisée précieuse pour la planification des politiques publiques.

Des formations pour tous les acteurs clés
Du 15 au 28 juin, Conakry accueille une série d’ateliers ciblant tour à tour les organisations de la société civile, les journalistes dont une vingtaine venue de plusieurs pays d’Afrique francophone les universitaires, et enfin les cadres du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget. Cette dernière session se tiendra au Centre de formation du ministère, sous la présidence de la ministre elle-même.
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Suhaylah PEERAULLEE, formatrice au sein de l’unité de renforcement des capacités d’Afro Barometer, a précisé l’ambition pédagogique de ces ateliers : « Le but est d’aider les participants à interpréter les données d’opinion publique, à les intégrer dans leurs rapports et leurs activités de plaidoyer, mais aussi de créer une véritable culture de l’utilisation des données probantes pour donner une voix au peuple africain dans la prise de décision. »

Hassana DIALLO, chargé de communication d’Afro Barometer pour l’Afrique Francophone, a quant à lui justifié le choix de la Guinée : « C’est un pays stable, dans lequel il est possible de mener des enquêtes représentatives et de partager les résultats avec tous les acteurs engagés dans son développement. » Il a aussi insisté sur le profil des journalistes invités : souvent habitués à restituer les données sans les analyser, ils bénéficieront d’une formation spécifique pour aller au-delà de la simple présentation des chiffres.

Dans son discours d’ouverture, Mme Delphine OUENDENO, directrice nationale des ONG et mouvements associatifs au MATD a affirmé l’engagement du gouvernement de transition : « Les politiques publiques les plus pertinentes sont celles qui s’appuient sur les réalités vécues par les citoyens. Les données d’Afro Barometer représentent un outil stratégique pour mieux prendre en compte la voix des populations dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques. »
Elle a rappelé que cette démarche s’inscrit dans les orientations du Président de la République, Mamadi Doumbouya, qui accorde une importance particulière à la gouvernance locale, à la participation citoyenne et au dialogue constructif entre institutions publiques et acteurs de la société civile.

Des participants motivés, des attentes concrètes
Sur le terrain, l’enthousiasme était palpable. Rashidatou DIALLO, membre de l’observatoire guinéen de la conjoncture économique, est venue chercher des réponses précises : « Je veux comprendre ce qu’Afro barometer apporte concrètement à notre pays, comment ils collectent leurs données et comment nous pouvons nous en saisir. »

Ousmane KABA, responsable des programmes de la coalition des femmes leaderes de Guinée, avoue découvrir l’organisation ce jour-là : « Je ne connaissais pas Afrobarometer avant cet atelier. Aujourd’hui, je comprends leur rôle et je suis convaincu que cette formation va nous donner des bases solides pour mieux traiter les données. »
Plus chevronné, le doyen Elhadj Souleymane Diallo connait bien le travail de terrain : « Nous faisons des enquêtes et des diagnostics participatifs communautaires depuis longtemps. Mais une formation, c’est toujours un plus. »

La donnée, bien commun d’une Afrique qui se gouverne mieux
Ce lancement à Conakry illustre une conviction de plus en plus partagée à travers le continent : les meilleures décisions sont celles qui s’appuient sur une connaissance fine des réalités vécues par les citoyens. En faisant de la donnée un bien public accessible, analysable, partageable Afro Barometer et Stat View International ouvrent une brèche là où l’opacité a trop longtemps régné.
Pour la Guinée, ces deux semaines de formation pourraient bien marquer un tournant dans la manière dont la société civile, les médias, l’université et l’État appréhendent ensemble la gouvernance de demain.
Reportage de Mamoudou Boulléré Diallo et Alpha Boulléré Diallo pour leguideinfo.net















