Leguideinfo.net : Son témoignage n’est pas passé inaperçu. En marge de l’atelier AgroTech Guinée organisé la semaine dernière à Conakry, le Dr Mountaga Keïta, PDG de Tulip Industrie, a tenu des propos forts sur la Cité des Sciences de Guinée des propos qui ont immédiatement retenu l’attention de notre équipe de reportage.


Sans détour, il l’affirme : si cette institution avait existé avant son retour au pays, il n’aurait jamais quitté ses avantages aux États-Unis pour venir créer Tulip Industrie en Guinée. Pour lui, les Guinéens doivent mesurer la chance qu’ils ont avec une telle structure une chance unique dans le pays.
Il salue tout particulièrement le talent de son coordinateur, le Dr Abdoulaye Baniré Diallo, qu’il qualifie d’éminent professeur en intelligence artificielle.

« Si la Cité des Sciences avait existé en 2017, je n’aurais pas créé mon entreprise. Parce qu’elle concentre tout ce que nous cherchions à apporter à la Guinée que ce soit en santé, en agriculture ou dans d’autres domaines. »
Un pont entre innovateurs et industriels
Aujourd’hui, Dr Keïta travaille déjà main dans la main avec la Cité des Sciences, qui collabore également avec d’autres startups guinéennes. Et c’est précisément là qu’il voit une opportunité immense : celle de transformer les idées locales en produits à grande échelle.
« Les innovateurs peuvent concevoir un outil, mais ils ne sont pas une usine. Nous, les industriels, nous sommes là. Nous pouvons multiplier. On n’a pas besoin d’aller en Chine pour fabriquer 10 000 exemplaires on peut le faire ici, depuis nos usines en Guinée. »
Un message clair : l’innovation guinéenne n’a pas besoin de partir à l’étranger pour grandir. Elle a besoin de passerelles entre ceux qui inventent et ceux qui produisent.
Dr Keïta plaide aussi pour que la Cité des Sciences devienne le répertoire officiel de toutes les innovations créées localement en Guinée. Il rappelle que le contenu local est désormais une exigence légale, et que des entreprises comme la sienne détiennent déjà des brevets d’invention déposés dans le pays.

« Quand l’agriculture a besoin d’innovation, au lieu de chercher dans tous les sens qui fait quoi pourquoi ne pas aller directement vers la Cité des Sciences ? Elle doit avoir la liste de tout ce qui est créé ici. Je parie qu’ils ont déjà commencé cet inventaire.»
Sa vision est simple : plutôt que de réinventer la roue à chaque projet, que le gouvernement, les startups et les industriels fassent converger leurs efforts autour d’un même hub d’innovation nationale. La Cité des Sciences, selon lui, est taillée pour jouer ce rôle.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
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