Leguideinfo.net : Le séjour de partage d’expérience du réseau Afrobarometer s’achève en Guinée sur une note résolument optimiste. Depuis le 15 juin, l’organisation a sillonné Conakry pour transmettre, à différents publics, son savoir-faire en matière de collecte, de traitement et de diffusion des données probantes. La société civile, les médias puis le monde universitaire ont successivement été conviés à ces ateliers. Cette semaine, c’est au tour des cadres du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget de clore le cycle.

« C’est la volonté d’utiliser les données, que ce soit celles d’Afrobarometer ou d’autres sources, pour étayer leur travail. Le but, ici, est vraiment de créer cette capacité et de promouvoir une culture professionnelle fondée sur la donnée », résume Suhalah Peeraullee, qui a piloté cette tournée guinéenne.

Une formation accueillie avec enthousiasme
À la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique, où s’est tenu l’atelier, l’accueil a été chaleureux. Mamadou Gando Bah, directeur Général du Centre de formation en finances publiques une structure créée le 12 décembre 2022 et chargée de la formation initiale et continue des agents publics ne cache pas sa satisfaction. Son centre a déjà formé plus de 200 agents, et l’initiative d’Afrobarometer vient enrichir cet effort.

« C’est pour toutes ces raisons que les auditeurs du Centre de formation finances publiques sont largement motivés à participer activement à cet atelier qui, certes, est de courte durée, mais sera d’une grande utilité pour acquérir des notions sur les méthodes de traitement des données », souligne-t-il.
Le poids de l’expérience politique
L’événement a gagné en relief avec la présence de l’ancien Premier ministre Mamady Youla, venu livrer une véritable leçon d’économie politique sur la souveraineté des données.

« Un pays qui ne maîtrise pas ses données dépend mécaniquement d’acteurs extérieurs pour diagnostiquer sa propre réalité, ce qui fragilise sa souveraineté décisionnelle. Une nation souveraine doit définir qui produit, qui valide, qui partage et qui protège ses données », a-t-il déclaré.

L’humain derrière les chiffres
Pour Stat View International, partenaire local d’Afrobarometer, ce passage en Guinée représente un véritable succès. Son représentant, le Docteur Aliou Barry, a tenu à replacer la démarche dans une perspective plus large, rappelant que les indicateurs économiques et les statistiques administratives ne disent pas tout : il faut aussi savoir comment les citoyens vivent et perçoivent ces réalités — c’est précisément ce que mesurent les données Afrobarometer.

« Derrière chaque donnée se trouve une expérience humaine, derrière chaque pourcentage se trouvent des citoyens, des familles et des communautés qui expriment une réalité, une attente, une aspiration », a-t-il insisté, plaidant pour un dialogue constant entre données macroéconomiques et données vécues, seul gage de politiques publiques réellement ancrées dans la réalité du pays.

Le gouvernement ouvert au partage de données
Représentant la ministre Mariama Ciré Sylla, Thierno Amadou Bah a exprimé la disposition du gouvernement à s’inscrire dans cette dynamique de partenariat.
« Nous ne nous contentons pas uniquement des données que nous produisons en interne. Nous sommes aussi ouverts à des partenariats stratégiques, gagnants-gagnants, de partage d’informations et de renforcement des capacités. Cet atelier est une occasion de former nos experts, nos auditeurs et nos inspecteurs de finances sur la collecte, l’analyse et le partage des données pour de meilleures décisions », a-t-il affirmé, ajoutant que l’objectif est désormais de fonder les choix publics sur des données partagées et consensuelles, dans l’intérêt de toutes les parties.
Et maintenant ?
Le périple guinéen d’Afrobarometer s’achève donc sur cette rencontre avec le ministère de l’Économie. L’organisation attend désormais de tous les bénéficiaires de ces formations une véritable restitution sur le terrain, et une utilisation accrue des données issues de son réseau des données capables, à terme, de faire bouger les lignes à travers tout le continent.
Retrouvez l’intégralité des témoignages des participants dans notre reportage vidéo, à découvrir ici sur notre chaîne.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net Contact : +224 620 48 07 07
















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