Leguideinfo.net : Conakry, le 9 juillet 2026-Ce jeudi matin, la Cité de Solidarité de Taouyah, dans la commune de Ratoma, a vibré au rythme d’un acte humanitaire d’envergure. L’Ambassade de l’Inde en Guinée, en partenariat avec Topaz Multi-Industries SA, la plateforme financière Kulu et l’organisation internationale BMVSS — connue mondialement pour le projet Jaipur Foot — a officiellement lancé un camp d’orthopédie destiné à offrir gratuitement 650 appareils orthopédiques aux personnes en situation de handicap physique de Conakry et du Grand Conakry. Une cérémonie présidée par trois membres du gouvernement guinéen : Le ministre du Plan, de la coopération internationale et du développement, M. Ismaek Nabé, la ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Mme Khaïté Sall, et la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Mme Patricia Lamah.

Le Jaipur Foot : une prothèse qui change des vies depuis 50 ans
Pour comprendre la portée de cet évènement, il faut connaître l’histoire extraordinaire derrière le projet Jaipur Foot. Fondée en 1975 en Inde, BMVSS (Bhagwan Mahaveer Viklang Sahayata Samiti) est aujourd’hui la plus grande organisation mondiale œuvrant pour la réadaptation des personnes handicapées. Elle a redonné mobilité et dignité à plus de 2,5 millions de personnes en Inde, et à plus de 50 000 autres dans 47 pays à travers le monde, dont une grande partie sur le continent africain.

C’est le Dr Satish, ancien ambassadeur de l’Inde en Guinée et désormais chef de mission technique de Jaipur Foot, qui a présenté l’organisation avec une émotion palpable, rappelant d’emblée ses treize années passées en Guinée : « Je garde un souvenir ému de mes 13 ans de séjour en Guinée, en 1989, alors que j’étais un jeune diplomate indien en poste à Abidjan. La Guinée a fait d’énormes progrès ces 35 dernières années. Félicitations ! »

Sur le plan technique, la prothèse Jaipur Foot est une révolution : « C’est la prothèse la plus proche du pied humain en termes de flexion, de fonctionnalité et d’esthétique. Grâce à elle, une personne amputée sous le genou peut marcher, courir, grimper à un arbre ou une montagne, s’asseoir en tailleur, faire du vélo, conduire et nager », a-t-il expliqué. Une prouesse technologique saluée en 2009 par le magazine Time, qui avait classé la prothèse de genou Stanford-Jaipur parmi les 50 meilleures inventions mondiales de l’année.

Et ce qui distingue BMVSS de toutes les autres organisations du monde dans ce domaine, c’est une capacité unique : fabriquer une prothèse en une seule journée. Un délai qui change radicalement la vie des bénéficiaires.
Kulu et Topaz : quand l’entreprise privée fait le choix de l’inclusion
Partenaire principal du camp, la plateforme financière Kulu a tenu à inscrire cette initiative dans une vision plus large. L’ancien ministre Gabriel Curtis, Directeur Général de Kulu a rappelé l’urgence du besoin : « L’OMS estime que seulement 5 à 15 % des amputés qui ont besoin d’une prothèse y ont réellement accès. Le besoin est donc immense et trop souvent, il n’y a pas suffisamment de moyens pour y répondre. »

Il a expliqué la philosophie qui anime Kulu dans ce projet : « Notre ambition est claire : être une entreprise citoyenne, inclusive et responsable. Nous voulons contribuer à la pleine émancipation dans la société sous forme de mobilité, et cela tout à fait gratuitement. Comme on aime le dire chez Kulu : Kulu, c’est pour tout le monde. »

Kémoko Touré, conseillé principal de Topaz a réaffirmer la disponibilité du PDG Ashoka de démultiplier ces genres des actions en faveurs des populations guinéennes : « Si tout se passe bien », précise Monsieur Touré.
L’Ambassadeur de l’Inde : « une relation fondée sur la solidarité »
Son Excellence Sandeep Sood, Ambassadeur de l’Inde en Guinée, a replacé l’initiative dans le cadre de la coopération bilatérale entre les deux pays : « Je suis heureux qu’il y ait une coopération croissante entre l’Inde et la Guinée. Ce partenariat est fondé sur la solidarité, le soutien mutuel et la coopération entre les personnes. L’exemple de Jaipur Foot reflète clairement cet esprit : il transforme les vies en donnant de la mobilité et un nouveau sens de l’indépendance aux personnes avec des handicaps. »

Il a également salué la vision du Président de la République, Mamadi Doumbouya, dont le programme Vision 2040 place la santé au rang de cinquième pilier du développement national.
La ministre de la Santé : « chaque pas retrouvé est une victoire sur l’exclusion »
Dans un discours remarqué, la ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Mme Khaïté Sall, a posé les termes d’une vision humaniste de la santé publique : « Une société se juge à sa capacité à prendre soin de celles et ceux qui en ont le plus besoin. Lorsqu’une personne retrouve la possibilité de marcher, de travailler, d’aller à l’école ou simplement d’accomplir des gestes du quotidien, ce n’est pas seulement une intervention médicale qui réussit, c’est une vie qui reprend son cours. »

Elle a salué la convergence entre initiative privée et ambition publique : « Votre initiative démontre que lorsque les secteurs public et privé unissent leurs efforts autour d’une même ambition, les résultats sont immédiatement visibles pour les populations. » Et elle a adressé un message fort aux futurs bénéficiaires : « À celles et ceux qui bénéficieront de ce camp, je voudrais dire que vous n’êtes pas définis par votre handicap, mais par votre potentiel. Car chaque pas retrouvé est une victoire sur l’exclusion. »

La ministre de la Solidarité : « redonner la mobilité, c’est redonner des perspectives »
C’est Mme Patricia Lamah, ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, qui a officiellement déclaré lancé le camp, au terme d’un discours particulièrement fort sur l’inclusion sociale. Elle a rappelé une conviction fondamentale : « La grandeur d’une nation se mesure à la manière dont elle protège les plus vulnérables et garantit à chacun la possibilité de vivre dans la dignité. »


Elle a été catégorique sur le sens profond de chaque appareillage distribué : « Redonner la mobilité, c’est redonner des perspectives. Redonner l’autonomie, c’est restaurer la dignité. Redonner l’espoir, c’est investir dans l’avenir de toute une nation. Chaque appareillage qui sera remis au cours de cette campagne représente bien plus qu’un équipement médical : il symbolise la volonté de notre pays de ne laisser aucun citoyen en marge du développement. »

Elle a également rappelé que le Centre national d’orthopédie procède à l’appareillage de 400 bénéficiaires par an en temps normal — soulignant ainsi l’impact considérable que représente l’ajout de 650 appareillages supplémentaires en un seul camp.
Le maire de Ratoma prend acte
Présent à la cérémonie, Kabinet Diawara le maire de la commune de Ratoma a pris un engagement solennel devant les bénéficiaires et les partenaires : « Au nom de la population de Ratoma, nous nous engageons à ce que ces équipements soient utilisés à bon escient, dans l’intérêt des citoyens. »

Ce camp d’orthopédie marque une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération humanitaire entre l’Inde et la Guinée. Il illustre aussi, de manière concrète, ce que peut produire la convergence entre volonté politique, engagement du secteur privé et expertise internationale : non pas des promesses, mais des actes — 650 actes, à raison d’un appareillage par vie transformée.
Mamoudou Boulléré Diallo et Alpha Boulléré Diallo pour leguideinfo.net














