Leguideinfo.net : Souvent peu convoité par la jeunesse, le métier de soudeur joue pourtant un rôle essentiel dans la fabrication des ouvrages métalliques utilisés au quotidien. Dans un atelier de soudure en haute banlieue de Conakry, un maitre artisan et son apprenti racontent leur passion, les réalités du métier et les espoirs qu’il offre aux jeunes. Ils encouragent ainsi l’entreprenariat.

À peine franchi le seuil de l’atelier, le bruit des machines et les étincelles qui jaillissent du métal donnent le ton. Ici, chaque geste est précis et chaque réalisation est le fruit d’un savoir-faire acquis au fil des années. Portails, portes, fenêtres et autres ouvrages métalliques prennent forme sous les mains des artisans, dans une ambiance où le travail manuel rime avec précision et expérience.
À la tête de cet atelier, Mamadou Moumini Diallo, maître soudeur, exerce ce métier avec passion. Son parcours est le fruit d’années d’apprentissage et de persévérance.

« J’ai fait l’école coranique avant de devenir apprenti pendant quatre ans. Après cette formation, j’ai pu m’installer et travailler pour mon propre compte », raconte-t-il avec fierté.
Pour lui, la soudure ne consiste pas uniquement à assembler des pièces métalliques. Elle exige de la patience, de la rigueur, une parfaite maîtrise des techniques ainsi qu’un strict respect des règles de sécurité. Malgré son expérience, il reconnaît que le métier reste confronté à plusieurs difficultés.
« Nos principales difficultés sont liées au manque de stabilité du courant électrique. Nous avons aussi des clients compréhensifs, mais d’autres sont vraiment difficiles à satisfaire », explique le maître soudeur.

Malgré ces contraintes, Mamadou Moumini Diallo affirme que la soudure lui a permis de construire sa vie, de subvenir aux besoins de sa famille et de devenir financièrement autonome. Convaincu que les métiers techniques représentent une véritable chance pour les jeunes, il accueille régulièrement des apprentis dans son atelier afin de leur transmettre son savoir-faire.
Parmi eux figure Alhassane Diallo, un jeune apprenti animé par une réelle passion pour ce métier. Son choix n’est pas le fruit du hasard.

« J’ai choisi la soudure parce que j’aime ce métier. Mes parents m’ont demandé ce que je voulais faire, et je leur ai répondu que je voulais devenir soudeur. Dieu merci, depuis que j’ai commencé, je ne regrette pas mon choix », confie-t-il.
Au quotidien, Alhassane apprend les différentes techniques de fabrication et de soudure sous le regard attentif de son maître. Il reconnait que la formation demande beaucoup de discipline, de patience et de pratique, mais reste persuadé que ces efforts lui permettront de bâtir un avenir meilleur.

Le jeune apprenti lance également un message aux familles.
« Je demande à tous les parents que, lorsqu’ils voient que leurs enfants ne veulent pas poursuivre les études, ils les orientent vers un métier afin d’assurer leur avenir sans dépendre de quelqu’un », plaide-t-il.
Dans un contexte où le chômage des jeunes demeure une préoccupation majeure en Guinée, les métiers techniques comme la soudure apparaissent comme une solution concrète. Ils offrent des débouchés professionnels, favorisent l’autonomie financière et contribuent au développement économique des communautés.
À travers le parcours inspirant de Mamadou Moumini Diallo et la détermination de son apprenti Alhassane Diallo, cet atelier illustre que la réussite professionnelle ne passe pas uniquement par les études générales. Avec de la volonté, une formation de qualité et de la persévérance, un métier manuel peut ouvrir les portes d’un avenir prometteur.
Aminata Barry, pour leguideinfo.net















