Leguideinfo.net : À Kampama Thiagui, un simple pont métallique défectueux suffit à immobiliser des kilomètres de camions, à saigner les recettes de l’État et à rappeler, une fois de plus, l’état d’abandon de cet axe vital entre la Guinée, le Sénégal et la Gambie.

Un fil ininterrompu de camions, à l’arrêt, sur plus d’un kilomètre. C’est l’image qui circule depuis quelques jours, filmée par un motard de passage, seul témoin capable de traverser ce que les usagers appellent déjà « le bourbier » de Kampama Thiagui. Ce village, situé entre les sous-préfectures de Sangarédi et de Dabiss, sur la route nationale Gaoual-Boké, est aujourd’hui le théâtre d’un embouteillage interminable. En cause : un pont métallique défectueux, devenu infranchissable pour le trafic lourd.
Sur les images transmises par les usagers, on aperçoit des camions en provenance de la Gambie et du Sénégal voisins, immobilisés depuis des heures, parfois des jours, sur cet axe pourtant stratégique pour le commerce sous-régional.

Une facture qui s’alourdit, un silence qui interroge
Derrière les images, une réalité économique préoccupante. El Hadj Mamadou Alimou Diallo, président de la Chambre régionale de commerce, d’industrie et d’artisanat de Boké, tire la sonnette d’alarme :
« Les camions bloqués impactent négativement les recettes de l’État issues de ce tronçon, si important pour l’économie nationale. Nous avons sollicité l’utilisation de la route minière AMC, à partir de Wendou Mbour, en attendant la fin des travaux de réhabilitation du pont. Mais aucune suite favorable n’a été obtenue à ce jour, malgré les démarches menées auprès des autorités locales », déplore-t-il.
Une situation qui interpelle directement les autorités en charge des transports et de l’entretien routier en Guinée. Malgré la mobilisation de la Chambre régionale de commerce, aucune solution durable n’a, pour l’heure, été trouvée.

« La route de Dieu » : un surnom qui en dit long
Ce n’est pas la première fois que cet axe fait parler de lui. Dès 2021, notre confrère Mamadou Saliou Bah, dans son célèbre magazine Les Oubliés de la République sur Espace TV devenue LGF aujourd’hui, avait déjà pointé du doigt l’état de cette route, qu’il avait surnommée « la route de Dieu » — tant sa dégradation semblait relever, faute de mieux, de la seule providence.

Quatre ans plus tard, le surnom résonne toujours, mais la situation, elle, n’a pas changé. Preuve, s’il en fallait une, que cet axe mérite bien plus qu’un simple constat : il exige une intervention urgente et concrète des autorités compétentes.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
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