Leguideinfo.net : À l’occasion de la Journée internationale pour mettre fin à l’impunité des crimes contre les journalistes, célébrée le 2 novembre, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a lancé un appel pressant aux États : enquêter vite, poursuivre les auteurs et réparer. Plus de 740 journalistes et travailleurs des médias ont été assassinés ou ont disparu dans le monde entre 2023 et 2025, selon les données de son Bureau.

Un crime qui dépasse la victime
« Les crimes contre les journalistes et les travailleurs des médias sont des crimes contre la liberté d’expression », rappelle le texte. Assassinats, détentions et harcèlements sont dévastateurs pour les journalistes et leurs proches, mais leur impact va bien au-delà : ils réduisent au silence des communautés et des sociétés entières.

- Plus de 740 assassinats et disparitions de journalistes et de travailleurs des médias dans le monde entre 2023 et 2025.
- Environ neuf disparus forcés sur dix sont encore détenus aujourd’hui.
- Trois femmes journalistes sur quatre ont été victimes d’abus en ligne, y compris de campagnes de diffamation et de violences sexuelles.
- 10 % : c’est la baisse de la liberté d’expression dans le monde entre 2012 et 2024, selon un rapport de l’UNESCO.
L’impunité, un signal envoyé à tous
Le Haut-Commissaire salue une amélioration de la responsabilité pour ces crimes lorsqu’ils sont commis hors des zones de conflit. Mais la majorité des journalistes sont tués en temps de guerre, et là, « l’impunité reste la règle ».
Un crime impuni, prévient-il, envoie un message clair : le dialogue et le débat démocratique sont terminés, l’intérêt public devient conditionnel et le pouvoir ne doit pas être remis en question. « Cela nous affecte tous. »

Protéger les journalistes, c’est protéger le droit de chacun à l’information, et cette tâche « ne peut pas être laissée uniquement à l’industrie des médias ». Les États portent la responsabilité principale, mais la communauté internationale, la société civile et les entreprises technologiques ont aussi un rôle à jouer.
Le Bureau du Haut-Commissaire dit travailler avec des gouvernements de plusieurs régions pour améliorer la protection des personnes à risque. Les normes internationales en matière de droits humains sont claires, relève-t-il, et pourtant la plupart des pays n’ont toujours pas de cadres qui combinent prévention des dommages, protection adaptée aux besoins spécifiques et responsabilité. Même là où ils existent, ils exigent un engagement politique et financier pour devenir réalité.
Ce que demande l’ONU aux gouvernements
Le Haut-Commissaire appelle tous les gouvernements à :
- garantir des enquêtes rapides et indépendantes sur les crimes contre les journalistes et les travailleurs des médias ;
- poursuivre en justice les responsables ;
- apporter une réparation appropriée aux victimes et à leurs familles.
Cet appel inclut aussi, insiste-t-il, les crimes commis dans les zones de conflit. « Aujourd’hui et chaque jour, nous devons protéger ceux qui se battent pour nous tous. »
Source : déclaration du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme à l’occasion de la Journée internationale pour mettre fin à l’impunité des crimes contre les journalistes.















