Leguideinfo.net : Des tensions ont éclaté mardi 3 novembre 2026 à Boma 2, un secteur de la commune rurale de Samoé, dans la préfecture de N’Zérékoré. Tout est parti d’une opération d’exécution d’une décision de justice, au cours de laquelle plusieurs portes de concessions ont été arrachées. Les occupants, en colère, ont été rejoints par des jeunes qui ont brûlé des pneus sur la chaussée pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une injustice.







Selon les constats faits sur place, plusieurs dizaines de portes ont été arrachées et emportées dans différentes concessions. Des familles disent occuper ces habitations depuis plus de trente ans, alors que le litige foncier à l’origine de l’affaire remonterait à plusieurs décennies. Elles se disent désemparées et indignées.
D’après des témoignages recueillis, une tentative de règlement à l’amiable avait été engagée, avec l’appui de personnes ressources. Plusieurs familles auraient été invitées à verser chacune deux millions de francs guinéens dans le cadre de ces négociations. D’autres occupants évoquent aussi la disparition d’argent conservé dans leurs concessions pendant l’opération. Ces accusations restent à vérifier.
Face à la montée de la tension, les forces de défense et de sécurité sont intervenues pour rétablir le calme.
Le lendemain, mercredi 4 novembre 2026, le gouverneur de la région administrative de N’Zérékoré s’est rendu sur les lieux, accompagné du préfet et des responsables des forces de sécurité, pour constater les dégâts et écouter les habitants.
Il a déploré les conditions dans lesquelles l’opération aurait été menée, notamment l’absence d’information préalable des autorités administratives locales. Il dit avoir déjà engagé des démarches pour entendre les différentes parties, dont le plaignant et les responsables de l’exécution.
« Nous avons constaté qu’ils ont enlevé des dizaines de portes, que plusieurs constructions ont été victimes. J’ai donné des instructions au sous-préfet et au maire pour faire venir le plaignant dans mon bureau afin que je puisse lui demander pourquoi et comment cette situation a été provoquée », a-t-il déclaré.
Tout en reconnaissant que le différend relève de la justice, le gouverneur a assuré les habitants que l’administration trouverait une issue. « Je ne suis pas juge, je ne suis pas de la justice, mais administrativement, nous trouverons la solution et nous allons régler le problème. […] Les gens rentreront dans leurs droits, s’il plaît à Dieu », a-t-il affirmé.
Il a aussi insisté sur la nécessité de respecter les autorités administratives lors de ce type d’opération, regrettant qu’aucune information n’ait été transmise au chef de quartier, au maire ni au sous-préfet.
Cette intervention des autorités régionales fait naître l’espoir d’un dénouement rapide pour les familles concernées. Reste à savoir quelles mesures concrètes seront prises pour établir les responsabilités et permettre aux occupants d’être rétablis dans leurs droits, dans le respect des procédures judiciaires et administratives.
Depuis N’Zérékoré, Thierno Amadou Diallo, correspondant régional pour leguideinfo.net
















