Leguideinfo.net : Afro Baromètre poursuit sa mission de partage d’expériences en République de Guinée. Après les acteurs de la société civile guinéenne, ce sont 20 journalistes d’Afrique francophone qui ont été conviés à découvrir les méthodes de collecte, de traitement et de diffusion des données de l’organisation, ainsi que la nature de ses partenariats avec ses 42 pays membres.

C’est dans ce cadre qu’un atelier de formation a réuni des hommes et femmes de médias venus de plusieurs pays francophones du continent. L’objectif : leur donner les clés pour mieux lire, interpréter et exploiter les données d’opinion publique dans leur travail quotidien.

Suhaylah Peeraullee, formatrice au sein de l’unité de renforcement des capacités d’Afro Barometer, a été claire sur les ambitions de l’initiative : « L’objectif principal de cet atelier est de former les journalistes à l’analyse des données d’opinion publique, issues notamment des enquêtes, d’afro Barometer, de leur permettre d’interpréter ses graphiques et de les intégrer dans leurs reportages ou articles. Surtout, nous voulons promouvoir une culture du journalisme fondée sur des données probantes. »

De son côté, Hassana Diallo, chargé de communication d’Afrobaromètre pour l’Afrique Fraco-phone, a rappelé la double mission de l’organisation : « Notre objectif est de produire des données fiables, utilisées ensuite par les décideurs politiques et tous les acteurs gravitant autour de cet environnement. Mais nous voulons aussi faire entendre la voix des citoyens africains que nous consultons. C’est l’occasion de remercier tous les répondants qui participent à nos enquêtes, car sans eux, il n’y a tout simplement pas de résultats. »

« On ne perd jamais en apprenant »
Parmi les participants, Ibrahim Manzo, journaliste au média nigérien L’Autre Observateur, figure parmi les plus expérimentés du groupe. Pour lui, la formation n’est jamais superflue, même pour les professionnels aguerris.
« On peut vouloir pratiquer le journalisme d’enquête, collecter soi-même ses données sur le terrain. Mais une formation reste toujours précieuse, surtout quand elle vient de structures reconnues et compétentes. J’ai déjà eu à manipuler des données dans différents contextes j’ai travaillé avec des institutions de recherche, notamment le laboratoire d’analyse sur les dynamiques sociales, et je suis impliqué dans des programmes universitaires. Justement parce qu’on manipule des données, une formation est toujours la bienvenue. Il faut être prudent. Respecter la vérité, respecter les faits c’est fondamental. »
Les journalistes, garants de la démocratie
La cérémonie d’ouverture a revêtu un caractère solennel, à la hauteur des enjeux. Le Dr Aliou Barry, représentant de Stat View International, partenaire local de l’événement, n’a pas mâché ses mots sur le rôle des médias dans une société démocratique :
« Dans toute démocratie, les médias ne sont pas uniquement des transmetteurs d’informations. Ils sont des acteurs essentiels du dialogue citoyen, de la transparence et de la responsabilité publique. Comme le rappelait Albert Camus : « Le journaliste est peut-être ce qui permet à la démocratie de survivre. » À l’heure où la désinformation constitue un défi majeur, les journalistes doivent plus que jamais s’appuyer sur des faits vérifiés, des données fiables et des analyses solides. Cet atelier répond à un besoin essentiel : vous n’êtes pas seulement des utilisateurs de statistiques vous en êtes les interprètes et les relais. »

Le soutien de la diplomatie japonaise
La dimension internationale de l’évènement a été renforcée par la présence de Son Excellence KATO Ryuichi, ambassadeur du Japon en République de Guinée, venu apporter le soutien de son pays à cette initiative.
« J’espère que les journalistes apprendront ici à analyser des données pertinentes et à les transmettre aux populations de manière à établir une confiance durable. J’espère que cette formation portera ses fruits dans chacun des pays participants », a déclaré le diplomate.

La dynamique ne s’arrête pas là. Après les acteurs de la société civile et les professionnels des médias, ce seront les universitaires ainsi que les cadres du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget qui bénéficieront à leur tour de cette formation proposée par Afrobaromètre une chaîne de renforcement des capacités qui ambitionne de transformer durablement la culture de la donnée en Afrique francophone.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
Contact : +224 620 48 07 07















