Leguideinfo.net : C’est Monsieur Mohamed Lamine Bangoura, Premier président de la Cour suprême, qui a procédé à l’installation des députés de la première législature de la 5ème République de Guinée, 10ème législature. Dans son discours, il n’a fait aucune économie de rappel quant au respect des exigences de la nation.

Devant les présidents des institutions républicaines, le Premier ministre chef du gouvernement, les membres du gouvernement, les ambassadeurs et chefs de mission diplomatique, les représentants des organisations internationales, les députés élus, les membres sortants du Conseil national de la transition ainsi que les autorités civiles, militaires et religieuses, le Premier président de la Cour suprême a ouvert son propos en soulignant la portée de la cérémonie :
« Mesdames et messieurs, la présente cérémonie revêt une portée historique et institutionnelle particulière. Elle marque l’aboutissement du processus électoral ayant conduit à l’élection des représentants du peuple de Guinée, et l’ouverture officielle de la première législature de la Cinquième République.

Conformément aux dispositions de l’article 170 du Code électoral, ainsi qu’à celles de l’article 5 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, l’installation des députés nouvellement élus intervient dans un délai de 30 jours suivant la proclamation des résultats définitifs des élections législatives par la Cour constitutionnelle.

La cérémonie qui nous réunit aujourd’hui s’inscrit ainsi dans le strict respect de la légalité constitutionnelle et des prescriptions qui régissent la mise en place de la représentation nationale, après la proclamation des résultats définitifs par la juridiction compétente. »
Le suffrage universel, fondement du mandat
Le Premier président a rappelé le sens du mandat confié aux nouveaux élus :
« Le peuple de Guinée voit aujourd’hui ses représentants prendre officiellement possession du mandat qui leur a été librement confié par le suffrage universel. Le suffrage universel demeure le fondement de toute légitimité démocratique. Il exprime la souveraineté nationale et fait aux élus le devoir de représenter l’ensemble de la nation, au-delà des appartenances politiques, des sensibilités régionales ou ethniques et des intérêts particuliers.



À cet égard, il convient de rappeler que l’article 102 de la Constitution dispose que l’Assemblée nationale est la chambre représentative du peuple de Guinée. Cette disposition confère à votre institution une responsabilité éminente : être l’expression de la volonté populaire, le lieu du débat démocratique, de l’élaboration de la loi et du contrôle de l’action gouvernementale, dans le respect des principes de la République et de l’État de droit. »
Un hommage au CNT sortant
Avant de poursuivre son propos, le Premier président de la Cour suprême a tenu à saluer le travail accompli par le Conseil national de la transition :
« Je voudrais rendre un hommage appuyé au Conseil national de la transition. Durant cette période exceptionnelle de notre histoire institutionnelle, le CNT a assumé, avec un sens élevé de l’État, la mission qui lui avait été confiée. La qualité de ses travaux, notamment dans l’élaboration de la nouvelle Constitution et des réformes législatives ayant accompagné le retour à l’ordre constitutionnel, a contribué de manière significative au renforcement de notre architecture institutionnelle. La nation lui doit une reconnaissance légitime pour le travail accompli au service de la République. »

Un mandat national, pas partisan
S’adressant directement aux nouveaux députés, le Premier président a insisté sur la nature de leur mandat :
« Honorable députés, le mandat qui vous est confié est un mandat national. Vous représentez désormais la nation guinéenne dans toute sa diversité. Vous êtes appelés à agir, dans le respect de la Constitution, à contrôler l’action du gouvernement, à évaluer les politiques publiques et à contribuer, par vos travaux, à la consolidation de l’État de droit, de la démocratie et de la bonne gouvernance.
Les Guinéennes et les Guinéens attendent de vous des lois justes, adaptées aux réalités nationales, des débats parlementaires empreints de dignité et de responsabilité, un contrôle rigoureux de l’action publique, ainsi que des initiatives de nature à améliorer durablement leurs conditions de vie. Ils attendent surtout que l’intérêt supérieur de la nation demeure le principe directeur de chacune de vos décisions. »
La séparation des pouvoirs, une exigence pour chaque institution
Le Premier président a également rappelé un principe fondamental de l’État de droit :
« L’histoire enseigne que la solidité des institutions ne résulte pas uniquement des textes qui les organisent, mais aussi de la qualité des femmes et des hommes qui les incarnent : de leur sens du devoir, de leur intégrité, de leur esprit de responsabilité et de leur attachement aux valeurs républicaines.
Ainsi, la séparation des pouvoirs, principe cardinal de tout État de droit, impose à chacune des institutions de la République d’exercer les compétences qui lui sont reconnues par la Constitution, dans le respect des attributions des autres pouvoirs publics. C’est dans cet esprit que j’exerce les responsabilités qui me sont confiées comme Premier président de la Cour suprême, avec le souci constant de préserver l’indépendance de la justice, de garantir le respect de la légalité et de contribuer, dans les limites de mes compétences, au bon fonctionnement de nos institutions républicaines. »
Un engagement solennel devant le peuple
Le Premier président a rappelé aux élus la portée de l’engagement qu’ils prennent en entrant en fonction :
« Honorable députés, en entrant aujourd’hui en fonction, vous vous engagez devant le peuple de Guinée à exercer votre mandat avec loyauté, intégrité, probité et patriotisme. Que vos travaux soient guidés par la recherche permanente de l’intérêt général, par la culture du dialogue, par le respect de la contradiction démocratique lorsqu’elle s’impose, et par la volonté constante de préserver l’unité nationale, la paix, la justice, la cohésion sociale et le développement de notre pays. »
Une législature placée sous le signe de la responsabilité
En conclusion, le Premier président de la Cour suprême a formulé ses vœux pour cette nouvelle législature, avant de procéder officiellement à l’installation des députés :
« Je formule le vœu que cette première législature soit celle de la responsabilité, du dialogue républicain, de la stabilité institutionnelle, de la consolidation de l’État de droit, de la prospérité économique et du progrès social, au bénéfice de tous les Guinéens. En ma qualité de Premier président de la Cour suprême, je déclare solennellement installés les députés élus de la première législature de la 5ème République, pour un mandat de cinq ans. »
Discours prononcé par Monsieur Mohamed Lamine Bangoura, Premier président de la Cour suprême, à l’occasion de l’installation des députés de la première législature de la 5ème République.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net Contact : +224 620 48 07 07















