Leguideinfo.net : Des applaudissements nourris ont accueilli l’Honorable Charles Djalor Fall, député et vice-président du Conseil municipal de New York, en séjour à Conakry. À seulement 37 ans, l’élu américain d’origine guinéenne a été reçu en invité d’honneur par la représentation nationale guinéenne.

Un retour aux sources, devant le Parlement guinéen
« Je suis né en Amérique, mais mon histoire ne commence pas en Amérique. Elle commence dans ce pays, la République de Guinée », a déclaré Charles Djalor Fall devant les députés. « Mes grands-parents et mes parents viennent de Mamou, de Kindia et du Sénégal, comme beaucoup de Guinéens et d’Africains. Mes parents ont travaillé très fort pour tout, dans la vie, et grâce à leurs sacrifices, à toute ma famille et à mes amis, je suis devenu, en 2018, le premier Africain, le premier Guinéen et le premier musulman à siéger à l’Assemblée de New York. »

Dans ses fonctions de vice-président du Conseil municipal de New York, il discutent du budget de New York qui dépasse les 260 milliards de dollars, et participe à l’élaboration de lois qui touchent directement le quotidien des Américains. Un parcours impressionnant, pour un homme guidé par un seul principe : ne jamais oublier d’où l’on vient.
« Mon plus grand honneur en tant que législateur de l’État de New York, c’est de pouvoir hisser le drapeau guinéen dans mon district, chaque 2 octobre. C’est un symbole d’unité entre la ville de New York et l’État de Guinée », confie l’élu.
Une reconnaissance parlementaire chargée de sens
Le président de l’Assemblée nationale de Guinée, le Dr Dansa Kourouma, lui a personnellement adressé ses félicitations, dans une allocution où se mêlaient fierté nationale et portée diplomatique : « Au nom de la représentation nationale, je vous adresse mes félicitations les plus sincères — non pas pour ce que vous êtes devenu, mais parce que vous avez accepté d’être Guinéen. Vous avez accepté d’être musulman malgré les difficultés de votre milieu d’adoption. Pour moi, c’est cela qui est important. Cette plénière, qui représente le peuple de Guinée, vous bénit ; nos prières vous accompagnent pour que vous réalisiez d’autres succès. Et pourquoi pas, demain, diriger le Congrès américain ou le Sénat américain, et devenir ce que nous souhaitons tous. »

Une déclaration qui dépasse le simple hommage protocolaire : elle inscrit la trajectoire de Charles Djalor Fall dans un récit plus large, celui d’un pont entre la Guinée et sa diaspora aux plus hauts échelons de la vie politique américaine.
Des parents fiers d’une éducation portée sur les racines
À ses côtés durant ce séjour, ses parents, Didier Dialor Fall et Mme Aïssatou Barry Fall, ont livré un témoignage empreint d’émotion et de fierté.

« C’est quand même le souhait de tout parent de voir un fils prodige revenir au pays. Comme l’a si bien dit le président du Parlement, El Hadj Dr Dansa Kourouma, s’il a tenu à venir, c’est parce que ses parents l’ont encouragé. Et il fait aujourd’hui la même chose avec ses propres enfants : il a commencé à les amener ici, pour que la chaîne continue », explique Mme Fall. « Il aime beaucoup la Guinée, il est très actif à New York. Bien qu’il soit un élu du peuple américain, il compte beaucoup de Guinéens dans son district, qu’il aide constamment. Il défend beaucoup notre pays — la preuve, c’est que le drapeau tricolore est hissé là-bas chaque 2 octobre. Je pense que c’est une fierté nationale, et c’est tout ce que nous demandons, en tant que parents. »

Pour le père de Charles, ce parcours doit surtout servir d’exemple à toute la diaspora guinéenne : « C’est déjà un coup de sifflet lancé à tous les autres parents : ils doivent savoir que, quel qu’en soit le prix, le bois ne devient jamais poisson dans l’eau. Il ne faut jamais oublier d’où l’on vient — il l’a dit, et c’est une motivation. Nous sommes tous partis là-bas comme tout le monde, et Dieu merci, nous y revenons ; nos descendants comme nos ascendants y croient aussi. Je dirais à tous les parents de ne pas hésiter et de ne jamais se décourager. Il faut suivre son enfant, être fier de lui, le pousser à étudier, à apprendre, à se réaliser. »
Une fierté absolue pour Mme FALL Aissatou BARRY mère de l’élu du peuple américain. « Je remercie Dieu. Mon fils aime mon pays. Il est très courageux et il aime son peuple. Seul Dieu peut offre cela à quelqu’un. »




Un parcours de pionnier
Charles Dialor Fall cumule les « premières », à la croisée du politique et du spirituel. Premier élu musulman et afro-américain à siéger au Conseil municipal de New York en 2018, il occupait auparavant, dès 2014, le poste d’agent de liaison islamique pour la ville de New York auprès du maire, avant de devenir chef de cabinet du commissaire aux Parcs et Loisirs de Staten Island.
Issu d’une fratrie de six enfants, il compte mettre à profit la suite de son séjour pour parcourir l’intérieur du pays et renouer avec ses racines : « Je suis vraiment content d’être en Guinée. J’y viens souvent. Quand j’étais petit, mes parents s’assuraient que mes frères, mes sœurs et moi venions en Guinée, pour que nous n’oubliions pas d’où nous venons. Chaque fois que je viens ici, c’est pour rendre visite à ma famille et voir comment je peux aider à faire avancer le pays. »
Un retour aux sources chargé d’émotion pour cet élu américain de 37 ans, venu puiser à Conakry la force de continuer à porter haut les couleurs de ses deux nations.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net Contact : +224 620 48 07 07















