Leguideinfo.net : Conakry – Il était déjà très tard dans la nuit, mais la presse et des proches l’attendaient. La princesse Karen Brengettsy-Chartman, présidente de la Royal House of Sori et descendante directe du prince Abdoul Rahman, a foulé le sol guinéen le mardi 13 octobre 2026, accompagnée d’une délégation d’Américains issus de sa famille. Un retour aux sources, près de deux siècles après la déportation de son ancêtre.

« Bonjour la Guinée ! Bonjour à toute la famille ! C’est un immense bonheur pour moi d’être de retour chez moi, en Guinée », a lancé la princesse dès son arrivée, avant de remercier les gouvernements de Natchez et de la Guinée « pour cette initiative et cet accueil ».
Une histoire vieille de près de 200 ans
Originaire du Fouta-Djalon, le prince Abdoul Rahman Ibrahima Sori fut capturé et vendu comme esclave, puis conduit aux États-Unis, à Natchez, dans l’État du Mississippi, où il vécut plus de quarante ans en captivité avant d’être libéré en 1828. C’est dans cette même ville que Karen est née.
« Cela fait près de 200 ans que mon arrière-arrière-grand-père, le prince Abdoul Ibrahima Sori, a été enlevé en Guinée et déporté aux États-Unis. Il s’est retrouvé à Natchez, où je suis moi-même née », a-t-elle rappelé. « Aujourd’hui, je ressens une émotion particulière en revenant sur cette terre, car ce voyage représente un lien profond entre Natchez et la Guinée, ainsi qu’un retour aux sources de mon histoire familiale. »
Hommage à l’oncle et au peuple guinéen
La princesse a tenu à saluer son oncle, Elhadj Mody Oury Barry, qui, selon elle, a donné à l’histoire du prince « une portée mondiale ». « C’est lui qui a permis de nous réunir et qui a été le premier à nous accueillir, nous, les Américains, en Guinée », a-t-elle souligné, louant son rôle dans le renforcement des liens entre les deux pays.
Elle a aussi remercié l’ambassade des États-Unis et le Département d’État américain pour leur « contribution exceptionnelle » à ce voyage destiné aux Américains désireux de renouer avec leurs origines. Au peuple guinéen, elle a adressé un message plein d’affection : « Vous m’avez accueillie à bras ouverts et m’avez surnommée “la princesse du peuple”. Cette marque d’affection me touche énormément. J’ai beaucoup d’amour pour vous tous. »
Timbo, préfecture : de nouvelles perspectives
La princesse a insisté sur « l’importance historique » de l’élévation de Timbo au rang de préfecture. Selon elle, cette reconnaissance « ouvre de nouvelles perspectives de coopération » entre la Guinée et les États-Unis et peut permettre de lancer « des projets concrets » et d’offrir « de nouvelles opportunités » au pays.
Elle a également présenté les membres de sa délégation, tous issus de sa famille et porteurs de titres de princes et de princesses, et invité la presse à ouvrir le dialogue avec son représentant officiel en Guinée, M. Baldé.
Écoles, eau potable, handicap, déchets
Les ambitions affichées sont larges. « Nous voulons faire venir de nombreuses célébrités en Guinée afin de contribuer à la construction d’écoles, de soutenir les personnes en situation de handicap, de faciliter l’accès à l’eau potable et de lutter contre les problèmes liés aux déchets », a déclaré la princesse.
L’équipe prépare déjà un projet pour 2028, année qui marquera le bicentenaire de la libération du prince. « Notre ambition est de contribuer au développement économique de la Guinée en sensibilisant le monde entier à l’importance de découvrir et de comprendre l’histoire de ce pays. »
« Mon engagement envers la Guinée ne s’arrête pas au fait que je sois citoyenne américaine. J’ai beau être Américaine, le sang guinéen coule dans mes veines », a-t-elle insisté, avant d’inviter les Guinéens à lui dire ce dont le pays a besoin : « Ensemble, nous pouvons accomplir de grandes choses et déplacer des montagnes. Grâce soit rendue à Dieu et louange à Allah ! »
Une distinction royale et citoyenneté guinéenne
Une personnalité de l’entourage a par ailleurs évoqué le cas d’une proche de la famille ayant obtenu la citoyenneté guinéenne. La Maison royale lui a alors accordé le titre de princesse de Guinée, qu’elle a accepté. Elle est désormais reconnue comme telle au sein de cette maison royale.
Premières impressions de la délégation
Parmi les membres de la délégation, la princesse Christa découvre la Guinée pour la première fois. « Nous avons effectué un très long voyage pour arriver ici, mais nous sommes tous très enthousiastes », a-t-elle confié, évoquant la langue française comme sa première difficulté. Curieuse de la gastronomie locale, elle a lancé à l’assistance : « Quels plats dois-je absolument goûter ici ? Je compte sur vous pour me conseiller ! »
Un autre membre, photographe, s’est dit « honoré et privilégié » : « J’ai été vraiment surpris par cet accueil, et cela représente énormément pour moi. » Il compte documenter son séjour avec son appareil photo et partager cette expérience avec ses proches à son retour.
Un troisième membre de la délégation, également en première visite, s’est montré optimiste : « Je m’attends à ce que de nombreuses belles choses se réalisent. Nous lançons cette initiative aux États-Unis avec l’ambition d’en faire une opportunité à l’échelle mondiale. »
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
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