Leguideinfo.net : Chantiers abandonnés, retards, entreprises qui disparaissent après avoir touché des avances : le BTP guinéen traîne depuis longtemps une mauvaise réputation. Samedi 17 octobre, lors de la plénière consacrée à la ratification du prêt pour la route Labé-Tougué, le ministre des Infrastructures, Facinet Sylla, a pris le contre-pied de ce discours. Pour lui, on met trop souvent la faute sur le dos des entreprises, alors que l’État est lui-même en cause.

« Nous aimons nous défausser sur les entreprises. Elles ont beaucoup de défauts. Mais si on les examine à fond, vous verrez que la plupart du temps, c’est l’État qui est défaillant », a lancé le ministre.
Le ministre décrit un mécanisme qu’il dit bien connaître. L’État paie d’abord des avances de démarrage. L’entreprise s’installe et lance les travaux. Puis, quelques années plus tard, les financements se tarissent. « Elle ne peut pas continuer à supporter les coûts de déploiement, elle démobilise », explique-t-il. Souvent, pour tenir, l’entreprise se tourne vers sa banque. Mais la banque, ne voyant rien revenir, finit-elle aussi par couper les vivres.

Neuf entreprises sur plus de 130
Facinet Sylla s’attaque aussi à l’image du secteur. Selon lui, sur plus de 130 entreprises ayant reçu des avances de démarrage, neuf seulement se sont réellement volatilisées. Le préjudice atteint 11 milliards [devise à confirmer]. « C’est beaucoup, mais compte tenu des montants en jeu, c’est faible », nuance-t-il. À ses yeux, quelques défaillances suffisent à ternir la réputation de tout un secteur, alors qu’il existe, dit-il, « beaucoup de fantasmes » sur le sujet.
Il appelle donc à aller plus loin : accélérer les procédures de décaissement et mener une sorte d’audit, pour distinguer les entreprises qui ont été payées sans rien faire de celles qui ont vraiment travaillé.
« Il nous faut des champions locaux »
Le ministre a aussi renvoyé les parlementaires à une contradiction. « Peut-être que je devrais même les défendre, parce que beaucoup d’entre vous disent qu’il nous faut des champions locaux. Il faut les renforcer. On ne peut pas dire cela et continuer à tirer sur ces entreprises. »
Les paiements, premier chantier
Pour Facinet Sylla, tout se joue sur les paiements. C’est le premier dossier qu’il a ouvert en arrivant à la tête du ministère. Et les retards coûtent cher. « Ça nous coûte en abandon de chantier. Ça nous coûte parce que l’entrepreneur anticipe que son paiement ne sera pas fait maintenant. Il double le prix. Donc le peu qu’il reçoit, il fait avec. Ça nous coûte sur tous les aspects. »
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
Contact : +224 620 48 07 07
















Comments 1