Leguideinfo.net : L’interdiction de l’orpaillage artisanal et clandestin à Siguiri a trouvé un soutien de poids à l’Assemblée nationale. Dans son discours de clôture sur la loi de finances rectificative, le Dr Dansa Kourouma a salué une décision « courageuse » du gouvernement. Il a aussi posé une question que beaucoup se posent : que deviennent les familles qui vivaient de l’or ?

Une menace pour la terre et l’eau
Pour le président de l’Assemblée, ces pratiques « menacent gravement » les terres agricoles, les cours d’eau, la flore et les conditions de vie des communautés. Il s’est appuyé sur la Constitution du 26 septembre 2025. Son préambule réaffirme la souveraineté du peuple guinéen sur ses ressources naturelles. Son article 6 consacre la préservation de l’environnement et la gestion rationnelle, transparente et équitable de ces ressources. Son article 30 garantit à chaque citoyen le droit à un environnement sain, et oblige l’État à le protéger.
Il a adressé ses encouragements au chef de l’État et au gouvernement pour leur « courage politique » dans cette lutte. À ses yeux, c’est bien plus qu’une opération de répression : « un acte de responsabilité historique » et l’affirmation de la primauté de l’intérêt général sur les intérêts particuliers. Il faut, a-t-il dit, avoir le courage de s’attaquer à des pratiques longtemps tolérées, parfois banalisées, dont les conséquences compromettent les écosystèmes, polluent les cours d’eau et hypothèquent l’avenir des générations futures. Il a rappelé que la Guinée a obtenu en mai dernier un bon score à l’évaluation de l’ITIE, la norme de transparence dans les industries extractives.
« Derrière cette interdiction, il y a des familles »
Mais le président de l’Assemblée n’a pas voulu s’en tenir aux félicitations. « Derrière cette interdiction, il y a des familles guinéennes, des travailleurs, des petits opérateurs dont le revenu en dépendait », a-t-il souligné.
Il invite donc le gouvernement à créer une cellule interministérielle d’évaluation et d’accompagnement. Sa mission : recenser les ménages et les activités touchés. Il demande aussi que la loi de finances initiale 2027 prévoie les ressources nécessaires à leur reconversion et à la restauration des sites dégradés.
« L’or peut enrichir une génération, mais une terre préservée peut en nourrir plusieurs », a-t-il plaidé. Pour lui, l’enjeu est là : protéger l’environnement sans abandonner les populations. Il a résumé l’équilibre que doit atteindre l’action publique : soutenir cette action et encourager sa poursuite, dans le respect des lois, des droits des citoyens et des exigences d’une transition écologique juste et durable.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
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