leguideinfo.net : Ce n’est plus une simple mare, c’est un tombeau. Dans le secteur Chinoya, une ancienne carrière de granite abandonnée, surnommée « l’Eau Verte », continue de dévorer la jeunesse de Manéah dans l’indifférence des autorités. Le dernier nom sur la liste noire est celui de Thierno Safahiyou Touré, un élève de terminale dont le sourire s’est éteint sous des eaux opaques. Enquête sur un scandale de sécurité publique qui ne peut plus durer.

Le pari de trop : les derniers instants d’un espoir
Thierno Safahiyou Touré était un habitué des lieux et savait bien nager. Ce jour-là, l’adolescent, plein de vie et de confiance, se lance un défi : une course de natation pour atteindre l’autre rive. À quelques mètres seulement de son objectif, le piège se referme. La fatigue l’emporte. Ses appels au secours déchirent l’air, puis le silence. Il aura fallu trois jours de recherches éprouvantes pour que son corps soit enfin rendu à la terre, hier vendredi à 6 heures du matin.
« Mon fils était un pacificateur » : Le témoignage d’une mère brisée
Mariama Diallo, la mère de Thierno, oscille entre le déni et une douleur indicible. Elle se souvient de leur dernier échange, banal et pourtant précieux : « Il est revenu de l’école, a mangé son repas, et m’a dit qu’il ressortait un instant. Quand on est venu m’annoncer sa noyade, j’ai cru à une blague cruelle. Mon fils était un excellent nageur, il avait même sauvé des gens ici. »
Pour elle, Thierno n’était pas qu’un fils ; il était l’âme du quartier. « S’il vous voyait fâché, il affichait ce sourire permanent. C’est grâce à lui que je connais tout le monde ici », confie-t-elle, serrant contre elle les vêtements récupérés sur la rive du lac.
Un don brisé : de l’humour à la tragédie
Thierno n’était pas qu’un élève de 12ème année. Sur leur page : Touroumö 224 sur Facebook, il cultivait un talent d’humoriste. Ibrahima Diallo, son ami et complice de scène, est dévasté : « Il avait un don. Il voulait qu’on professionnalise notre page avant de reprendre les tournages. C’est nous qui lui avons appris à nager, mais j’avais arrêté de fréquenter ce site depuis le précédent décès l’année dernière. Celui qui doit mourir n’entend pas les conseils… il voulait absolument gagner ce pari. »
9 victimes et un silence coupable : l’appel au Président de la République
Le constat est glaçant. Selon l’Imam du quartier lors de son sermon de vendredi, Thierno est la neuvième victime de ce site. Le lac « l’Eau Verte » a même englouti un employé chinois de l’ancienne entreprise d’extraction de granite, ainsi qu’un camion, toujours au fond de l’eau.
Boubacar Touré, l’oncle paternel de la victime, ne cache plus sa colère face à cet abandon :
« Nous ne savons plus quoi faire. Nous demandons solennellement au Président de la République, Monsieur Mamadi Doumbouya de prendre des mesures d’urgence. Ce site doit être sécurisé ou fermé définitivement pour protéger les citoyens. »
L’Omertà de la Mairie : Combien de morts faudra-t-il encore ?
L’enquête révèle l’existence d’autres sites mortels à Friguiadi, dont un sinistrement nommé « Tombé-Mort ». Contactée à plusieurs reprises pour s’exprimer sur les mesures de sécurité et la signalisation de ces zones de danger, la Mairie de Manéah a opposé un silence total.
Sur place on entend clairement la demande des sages du quartier de la mosquée à la maison mortuaire : L’heure n’est plus aux statistiques mais à l’action. Clôturer ces sites, installer des panneaux d’interdiction formelle et combler ces carrières abandonnées est une obligation républicaine. Chaque jour de silence de l’administration est une menace de mort de plus pour la jeunesse de Manéah.
De retour de Friguiadi, Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net Tél : +224 620 48 07 07
















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