Leguideinfo.net : MILOT, Haïti le samedi 11 avril 2026, une journée qui devait être consacrée à la randonnée, à la découverte historique et aux célébrations traditionnelles à la Citadelle Laferrière s’est tragiquement transformée en l’un des drames les plus marquants de ces dernières années. Selon les autorités et les premiers rapports de la protection civile, au moins 30 personnes ont perdu la vie à la suite d’une bousculade massive provoquée par une affluence exceptionnelle de visiteurs sur le site.

De nombreux visiteurs avaient convergé vers la forteresse, symbole majeur de l’histoire nationale. La densité de la foule, combinée à des conditions météorologiques défavorables, a créé une situation difficile à maîtriser. La bousculade se serait produite près de l’entrée du site, là où les flux de visiteurs étaient les plus concentrés. Dans la confusion, plusieurs personnes auraient été piétinées ou asphyxiées sous la pression de la foule.
Le directeur départemental de la Protection civile a confirmé en soirée un bilan d’au moins trente morts, tout en précisant que ce chiffre restait provisoire. Le nombre de blessés et de disparus demeurait incertain dans les heures qui ont suivi, alors que les recherches et les évacuations se poursuivaient.
À Milot, l’hôpital local a été placé en état d’alerte pour recevoir les victimes, transportées dans l’urgence par des témoins présents sur les lieux.
Dans les premières heures, plusieurs hypothèses ont circulé : pression extrême de la foule dans des zones étroites, difficultés respiratoires au cœur de la cohue, chutes successives ayant provoqué un effet domino. Ces éléments restaient toutefois à confirmer par les enquêtes officielles annoncées par les autorités.
Le gouvernement haïtien, par la voix du Premier ministre, a exprimé sa profonde tristesse et présenté ses condoléances aux familles des victimes, tout en assurant que l’État reste mobilisé pour accompagner les personnes touchées par cette catastrophe.
En relatant ces faits, je ne me suis pas contenté de décrire le drame. Je me suis senti animé par un devoir : celui de poser les questions que beaucoup se posent en silence.
-Comment un site d’une telle importance historique a-t-il pu recevoir une foule estimée à plus d’un millier de personnes sans qu’un encadrement visible et structuré n’ait été assuré ?
-Où se trouvaient les représentants de l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN), dont la mission est précisément de veiller à la gestion et à la préservation de ce patrimoine ?
-Pourquoi la Mairie de Milot ne semblait-elle pas mobilisée face à une affluence aussi exceptionnelle sur un site aussi sensible ?
-Si des activités ont effectivement été organisées sans autorisation formelle, comme certaines informations locales l’ont laissé entendre comment cela a-t-il été possible dans un espace classé et supposé être sous contrôle administratif ?
Je me suis également posé une question plus profonde encore : l’État ne rémunérait-il pas des agents pour assurer la surveillance, l’organisation et la régulation des activités sur ce site ? Si oui, comment expliquer l’absence apparente de coordination et de contrôle dans une situation qui exigeait pourtant vigilance et anticipation ?
Ces interrogations ne visaient pas à accuser, mais à comprendre. Elles traduisent un malaise face à l’impression que, ce jour-là, la Citadelle, symbole de la résistance et de la liberté haïtienne avait été laissée à elle-même. La Citadelle doit être un lieu de mémoire, de recueillement et de pèlerinage ; elle ne doit pas devenir un espace de divertissement, de plaisirs déplacés et d’ivresse.
Ce qui est apparu réconfortant dans ces moments particulièrement difficiles, c’est l’intervention du ministre de la Culture, Dr. Emmanuel Ménard, qui informait régulièrement la population de l’évolution de la situation.
Ce drame est survenu, tout simplement, en raison de l’irresponsabilité de ceux qui étaient chargés de la gestion de la Citadelle.
Un symbole national endeuillé
Construite au début du XIXᵉ siècle, la Citadelle Laferrière n’est pas seulement un site touristique. Elle est un monument de mémoire, un symbole de fierté nationale. Ce lieu chargé d’histoire est devenu, en quelques heures, le théâtre d’une immense désolation.
Alors que les familles attendaient des nouvelles de leurs proches, une évidence s’imposait : au-delà de l’accident tragique, ce drame révélait peut-être des failles dans l’organisation, la gestion et la sécurité autour de notre patrimoine.
Et c’est précisément pour cela que ces questions devaient être posées.

















https://shorturl.fm/VA7fz