Leguideinfo.net : 40 admis sur 41 candidats. Le chiffre parle de lui-même. L’école de Boulléré vient de réaliser l’un des meilleurs taux de réussite enregistrés lors de la session 2026 de l’Examen de Fin d’Études Élémentaires. Un résultat quasi parfait qui a arraché des larmes de joie à son directeur, Aboubacar Barinka Camara, dont la réaction à chaud, brute et sincère, dit tout du sacrifice consenti pour en arriver là.

Un défi relevé en milieu rural
« Honnêtement, dans un milieu rural, ce n’est pas si facile d’obtenir de tels résultats. » C’est ainsi qu’Aboubacar Barinka Camara a introduit son témoignage, conscient de la valeur de ce qu’il venait d’accomplir. Car à Boulléré, les conditions ne sont pas celles d’une école urbaine bien dotée. Ici, le français n’existe qu’entre les murs de la classe. Dès la sortie, les enfants retrouvent leur langue, leur quartier, leur quotidien, loin des livres et des cahiers remarque-t-il.
Face à ce défi, le directeur a choisi une seule stratégie : occuper les enfants sans relâche. « Je me suis sacrifié corps et âme. Je travaillais sans jamais regarder l’heure, avec un seul objectif en tête », confie-t-il, la voix encore chargée d’émotion.
Une conviction forgée dès la salle d’examen
Ce qui frappe dans le témoignage d’Aboubacar Barinka Camara, c’est qu’il ne découvrait pas le résultat le jour de la proclamation. Il le savait, ou plutôt il le sentait, depuis les premières heures des épreuves.
« Dès l’examen, j’étais sûr que ça allait marcher. Tous les sujets proposés cette fois-ci étaient abordables, et c’est exactement ce que nous travaillions chaque soir en révision. Tous les sujets envoyés, les enfants en avaient la maîtrise. Lorsqu’ils sont sortis de la salle et que les informations me sont parvenues, j’ai su. Depuis là-bas, j’ai senti que cette année, ça allait marcher. Et les enfants eux-mêmes en étaient sûrs et certains. »
Cette confiance, elle ne tenait pas du hasard. Elle était le fruit d’une discipline de fer instaurée tout au long de l’année. Les cours débutaient à 8h30 et se prolongeaient jusqu’à 16h, avec des séances de révision organisées chaque soir sans exception. « À chaque fois qu’on lançait un sujet, les enfants le finissaient et revenaient m’encourager en me disant que ce même sujet avait été donné à l’examen », raconte-t-il avec une fierté à peine contenue.
Un homme enraciné dans son village
Ce qui fait la particularité d’Aboubacar Barinka Camara, c’est aussi son ancrage profond dans la communauté de Boulléré. Cet homme n’est pas de passage. Il vit là, travaille là, et n’en part pratiquement jamais. « J’habite à Boulléré, et c’est là-bas que je vis. Je ne vais nulle part, même pas pendant les vacances, parce que les directeurs n’ont qu’un seul mois de congé dans l’année scolaire. Et pendant ce seul mois, il y a encore des choses à faire sur place. »
Dès le lendemain de la proclamation des résultats, il planifie son retour au village, non pour se reposer, mais pour tenir une promesse faite à ses élèves. « J’avais promis qu’en cas de bons résultats, on allait fêter ça ensemble. Demain, je vais présenter mes enfants, danser avec eux, les encourager, et préparer dès maintenant ceux qui passeront l’examen l’année prochaine. »
Arrivé à la tête de cet établissement cette année, le directeur savait qu’il portait bien plus que sa propre réputation. Derrière lui, une communauté entière, des sages, une mosquée, et des personnalités qui ont cru en lui et l’ont soutenu, à commencer par sa mère, originaire de Boulléré.
« Il y a de grandes personnalités qui sont derrière les rideaux, qui ont poussé pour qu’un fils de cette terre prenne la relève. J’ai mis ça dans ma tête : je ne pouvais pas décevoir ceux qui avaient placé leur confiance en moi. La confiance, ça se mérite. Même si c’est votre propre famille qui vous soutient, il faut le prouver », dit-il avec une conviction qui force le respect.
Une seule ombre au tableau
Dans l’euphorie générale, Aboubacar Barinka Camara n’a pas oublié la seule candidate qui n’a pas décroché son admission. « Je suis content du résultat, mais je suis sincèrement désolé pour Aïssatou Bah. Cette seule élève qui n’a pas réussi. J’irai personnellement rencontrer son père pour lui dire de garder courage. Elle reprendra la sixième année prochaine, et je me sacrifierai pour elle comme je l’ai fait pour les autres. »
Des ambitions tournées vers l’avenir
Le directeur voit déjà plus loin. Pour la session 2027, il a pris un engagement solennel : envoyer non plus 41, mais 50 candidats au CEE. « Je promets devant Dieu, et je prie ce même Dieu à témoin pour qu’il m’accompagne encore. L’année prochaine, les élèves de cinquième année se préparent déjà. Je veux en envoyer 50 au collège, et je ferai tout pour y parvenir. »
Au-delà de la fierté du moment, il garde les yeux tournés vers l’enjeu véritable : le bon fonctionnement du collège local, qui dépend directement du niveau des élèves issus du primaire.
« Dans toute la préfecture de Boké, je ne crois pas qu’il y ait deux ou trois écoles dotées d’un collège. C’est une responsabilité énorme. Si notre école ne produit pas de bons éléments, le collège ne peut pas fonctionner. Et si le collège ferme, nos enfants n’auront pas la chance d’être encadrés correctement pour le lycée. Ce n’est pas cette année seulement qui m’intéresse : je veux que ça continue, chaque année, pour que le collège vive et prospère. »
Un directeur, une communauté, un rêve commun. Aboubacar Barinka Camara et l’école de Boulléré ont montré que l’excellence scolaire n’est pas l’apanage des grandes villes. Avec la foi, le travail et le soutien de tout un village, même les défis les plus rudes peuvent être surmontés.
Félicitations à tous les admis, à leurs familles, et à toute la communauté de Boulléré ! 🎉🇬🇳
















Toutes mes félicitations sincèrement c’est un soulagement. Qu’Allah nous aide de plus ainsi que pour la suite 🙏🙏🙏🙏
Cet enseignant mérite un soutien total. Et j’invite à mes parents de suivre et veiller sur les différentes formations aux enfants. Que ça soit à la maison et aussi à la maison.
Ce Monsieur est un homme de conviction il est très déterminé a faire bien son travail, je l’ai côtoyer un moment donner à laguipres, où qu’il soit il mène sont travail très bien. Félicitations a lui que Dieu lui paye de son effort consenti , et félicitations également aux élèves
Ce Monsieur est un homme de conviction il est très déterminé a faire bien son travail, je l’ai côtoyer un moment donner à laguipres, où qu’il soit il mène sont travail très bien. Félicitations a lui que Dieu lui paye de son effort consenti , et félicitations également aux élèves
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