Leguideinfo.net : Après le discours-programme du Secrétaire général du Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée (SPPG), une autre voix attendue s’est fait entendre lors de la cérémonie d’installation du nouveau Bureau exécutif : celle du patronat de la presse. Prenant la parole au nom des associations patronales, Talibé Barry a apporté une réponse que beaucoup espéraient sans en être certains : oui à la Convention collective, oui au dialogue, oui à la mobilisation autour des défis du secteur.

« Une presse qui semble assoupie »
Avant d’entrer dans le fond des dossiers, le représentant du patronat a salué la prouesse organisationnelle du SPPG, rappelant combien la tenue d’un congrès, avec « toutes les contingences liées à son organisation », mérite d’être saluée. Il a également félicité le syndicat pour avoir remis des distinctions à plusieurs acteurs du monde syndical de la presse, une manière selon lui de « reconnaître le mérite de ceux qui ont sacrifié de leur temps et de leurs efforts ».
Mais c’est sur la portée symbolique de la cérémonie elle-même que Talibé Barry a le plus insisté. Contrairement à d’autres structures qui ont renouvelé leurs bureaux « dans la plus grande discrétion » ces dernières années, le SPPG a choisi de convier largement patrons de presse et confrères. Un choix qu’il salue sans détour : « Cet événement contribue à réveiller quelque peu la presse qui semble assoupie, qui semble endormie », et à « remobiliser davantage » la profession autour de ses défis fondamentaux.
Des préoccupations partagées, point par point
Le représentant patronal a ensuite repris, un à un, les grands chantiers évoqués par le Secrétaire général du SPPG, pour affirmer que le patronat les partage : la nécessité de rouvrir enfin les médias fermés, l’appel aux autorités pour faire la lumière sur le sort des confrères portés disparus, le renforcement de la protection des journalistes — « sans laquelle on ne saurait parler de démocratie » — et, en tête de liste, l’avènement d’une convention collective des journalistes guinéens.

Convention collective : « un grand chemin déjà parcouru »
C’est sur ce dernier point que l’intervention de Talibé Barry prend tout son poids. Reconnaissant qu’un « grand chemin a déjà été parcouru » vers l’aboutissement du texte, il a néanmoins rappelé que des défis demeurent, « à la fois pour les entreprises de presse, les journalistes et le syndicat lui-même ». Plutôt que d’en faire un obstacle, il en a fait un appel à l’action commune : « Nous devrions travailler à faire en sorte que cette convention collective puisse voir le jour. »
Le représentant patronal a alors formulé l’engagement le plus attendu de son discours : « Je peux vous donner l’assurance de la disponibilité des organisations patronales de presse à continuer à échanger, à discuter, et à dépasser certaines peurs chez les patrons de presse », a-t-il déclaré, évoquant également la nécessité de « dépasser certaines informations » qui freinent encore le processus, afin que la convention collective « puisse enfin voir le jour ».

Formation continue et moralisation du métier
Au-delà de la convention collective, Talibé Barry a affirmé partager avec le SPPG la préoccupation liée à la formation des journalistes, qu’il considère comme « un défi de tous les jours » dans un environnement professionnel en constante mutation. Selon lui, cette responsabilité doit être portée conjointement par les associations de presse, les syndicats et les entreprises elles-mêmes. Il a également évoqué la question de la moralisation de la pratique du métier de journaliste, sans s’y attarder davantage, renvoyant aux échanges à venir entre les deux parties.
Un patronat qui tend la main
En clôture, le représentant des associations patronales a reconnu ne pas pouvoir répondre, dans l’immédiat, à l’ensemble des préoccupations soulevées par le Secrétaire général du SPPG. Mais il a tenu à réitérer, sans ambiguïté, la disponibilité du patronat à poursuivre le dialogue avec le syndicat et l’ensemble des acteurs de la presse, ainsi qu’avec les partenaires engagés pour la liberté de la presse dans le pays : « Nous sommes ouverts et disposés à continuer à échanger. »
Une réponse qui, après les mises en garde et les priorités égrenées par le Secrétaire général du SPPG, sonne comme un signal d’apaisement et une main tendue vers l’aboutissement, tant attendu, de la Convention collective de la presse guinéenne.
Mamoudou Boulléré Diallo, pour leguideinfo.net
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